‹ Ordres de chevalerie et marques d'honneurChapitre 127 sur 272 · ORDRE MILITAIRE DU CHRIST · texte numérisé non relu

ORDRE MILITAIRE DU CHRIST

Soit cupidité ou justice, Philippe le Bel avait décidé la ruine des tem pliers. Ses désirs furent obéis par le pape Clément V. Une bulle de janvier 1512, après avoir prononcé l'abolition de l'ordre, destina les biens qu'il possédait en France aux besoins de la terre sainte et des hospitahers de Saint-Jean. Quant à leurs possessions hors de ce royaume, le souverain pontife se réserva de statuer sur leur destination.

Les templiers avaient-1ls mérité leur sort? La procédure qu'ils ont subie les absout autant que leurs supplices. J'ajouterai que dans les autres États de la chrétienté ils ont été ménagés et même regrettés.

En Portugal, leur vaillance était le principal boulevard des Algarves contre les Mores d'Espagne. Aussi le roi Denis, voulant satisfaire aux besoins de son royaume, sans désobéir au souverain pontife, conserva à cette brave chevalerie ses statuts, ses châteaux, ses vassaux, mais ena désignant sous le nom de Milice de Notre-Seigneur Jésus-Christ (A5417)4 et après deux années de négociations il obtint pour son nouvel institut l'approbation du pape Jean XXII (1319).

Les espérances du roi ne furent point déçues. Associés à la lutte du Portugal contre les infidèles d'Europe, les chevaliers du Christ joignirent

leurs banmières à celles des souverains dans leurs aventureuses expéditions en Afrique et dans l'Inde. Grâce à la libéralité des monarques reconnaissants, les acquisitions de l'ordre suivirent de près les conquêtes de la nation ; et le pape Calixte IT investit le grand prieur d’un pouvoir spirituel égal à celui des évêques.

Aussi bientôt l'essor rapide de leur puissance put inspirer des craintes au pouvoir royal, qui partout cherchait à établir sa prépondérance sur toutes les seigneuries féodales. D'abord on essaya d'apporter des restrictions à des concessions dangereuses. Le roi Jean IF, qui avait obtenu en 1522, du pape Adrien VI, l'administration de la grande maitrise, et ensuite de Jules IE, l'administration viagère des ordres de Saint- Jacques et d'Avis, obtint, en 1551, de ce dernier pontife, que les trois grandes maitrises fussent à perpétuité unies à la couronne, et l’on échappa à des dangers, réels peut-être, mais aussi l'on brisa l'un des instruments de la grandeur et de la gloire nationale.

La maison principale de l'ordre fut d'abord à Castro-Marino, dans le

diocèse de Faro. Mais sous le gouvernement du sixième grand maitre, Nuño Rodriguez de Freyre Andrade, elle fut transférée à Tomar, à sept lieues de Santarem.

… Pour être admis, il fallait faire ses preuves de noblesse, et un noviciat guerrier de trois ans contre les infidèles. Soumis d'abord aux trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, les chevaliers furent relevés du premier par le pape Alexandre VE, mais à condition de consacrer le tiers du revenu de leurs commanderies à la construction du couvent de Tomar. Ils obtinrent du même pontife la faculté de se marier.

Les trois vœux ont été maintenus pour les prêtres de Tomar, qui

vivent en commun et portent l'habit monacal. Quelques autres couvents relèvent de celui de Tomar, le seul où l’on puisse faire profession. Cette maison, et le séminaire de Coïmbre, servent de séminaires aux prêtres de l'ordre : elle relève immédiatement du roi.

… Depuis 1789, l'ordre, propriétaire de vingt-six villages et fermes, et quatre cent trente-quatre commanderies, comprend dans sa hiérarchie le grand maitre, le grand commandeur, six grands-croix, quatre cent cinquante commandeurs et un nombre illimité de chevaliers. Les étrangers , affranchis de la règle, sont exclus de la jouissance des bénéfices. Pour eux, l'ordre n’est qu'une distinction.

L'entrée n'est permise qu'aux descendants de familles nobles et catho liques.

Les grands-croix portent le bijou, pl. VIE, n°9, suspendu à un large ruban rouge passé en écharpe de droite à gauche, et sur la gauche de la poitrine la plaque n° 8.

Les commandeurs ont la mème plaque, et portent la croix en sautoir:

Les chevaliers suspendent la croix n° 10, pl. LVITE, à la boutonnière:

Il a été distribué depuis quelque temps une croix d'un nouveau modèle telle qu'on la voit représentée au n° 11.

Il est permis aux décorés d'enrichir de diamants leurs insignes.

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