ORDRE DE SAINTE-ANNE
L'ordre de Sainte-Anne était originairement un ordre de la maison de Holstein-Sleswig. Fondé à Kiel, le 14 février 1735, par le due Charles- Frédéric, en mémoire de la czarine Anne, et en l'honneur de la duchesse Anna Petrowna, fille de Pierre IF, il ne formait qu'une seule classe, composée de quinze chevaliers. I suivit l'empereur Pierre HT en Russie. Sous le règne de Catherine IF, il fut conféré par le grand-duc; mais depuis, les souverains n’ont plus délégué la distribution.
Quand Paul I” monta sur le trône (1796), il fit reconnaitre cette fondation de son grand-père pour un ordre russe, le divisa en trois classes, accessibles aux indigènes et aux étrangers, et déecréta que les chevaliers de Saint-André porteraient aussi la décoration de Sainte-Anne.
L'ordre conserva cette organisation jusqu’en 4815, que l'empereur
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Alexandre y ajouta une quatrième classe, réservée aux militaires, et dont les membres portent la décoration émaillée sur la garde de leur épée: Pour entrer dans la première classe, 1l faut avoir le rang de général-major,
La fête de l’ordre est célébrée le 3 (14) février.
La décoration est représentée pl. LXV, n° 10. Les chevaliers dé première classe la suspendent à un large ruban rouge clair avec deux minces lisérés jaunes, passé en écharpe de gauche à droite, et portent sur la poitrine la plaque n° 9. Les chevaliers de la deuxième classe là portent à un ruban plus étroit passé en sautoir. Ceux de la troisième l'attachent à la boutonnière.
L'écusson de la croix porte le chiffre de sainte Anne, et la plaque porte la devise : Aux amis de la crainte de Dieu, de la justice et dela fidélité.
La décoration de la première ou de la deuxième classe, enrichie de rubis, et, dans les angles, de brillants, ou surmontée de la couronne im périale émaillée, est une distinetion FAURE dont l'empereur Nicolas récompense les services.
Des ordres de Russie, c’est celui que l’on accorde le plus habituellement aux étrangers qui ne sont pas au service de l'empire. En 1818, d'après l'afmanach de la cour, il avait 1,020 chevaliers de la première classe, 9,410 de la seconde, 31 de la troisième et 10,220 de la quatrième.
Il peut être conféré à tout ecclésiastique qui aura converti au moins cent individus non chrétiens ou cent hérétiques; ramené à l’obéissance des paysans révoltés, ou donné le bon exemple aux soldats; érigé, sans le secours de la couronne, des couvents ou des églises; rempli avec dise unction, pendant au moins cinq ans, des charges gratuites, ou qui se sera distingué dans les sciences ;
Aux militaires, pour le commandement d’un corps détaché, plus font qu'une compagnie ou un escadron, ou bien de mille recrues, même en plusieurs détachements, à condition toutefois, dans le premier cas, que ce corps aura conservé pendant trois ans une place distinguée parmi les troupes, et que le nombre des malades ou des exelus pour inconduite n'aura pas dépassé un pour cent ;
Dans le service civil, à quiconque, en trois ans, aura arrangé à l'amiable dix procès engagés sur une valeur qui permette l'appel; au juge de paix qui aura concilié tous les différends portés devant lui; quand on a assuré
Rusia, Figura 2. 65. Russie, planche 2.
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« le sort des veuves et des orphelins et dévoilé celui des pauvrés; procuré | au gouvernement un avantage particulier et imprévu; exposé sa vie ou sa fortune pour le bien public; dirigé, sans les secours de l'autorité, une pension publique de jeunes gens, pendant dix ans, à la satisfaction générale. L'instituteur privé reçoit cet ordre après quinze ans de travail, s'il est noble héréditaire; après vingt ans, s'il est noble personnel; et après vingt-cinq ans, s'il est roturier.
Les présentations ont lieu au scrutin, en chapitre de douze chevaliers, les plus anciens de chaque classe, qui se trouvent à Saint-Pétersbourg au mois de décembre.
Le général en chef peut, à la guerre, conférer le second, troisième ou
quatrième degré. R
Les chevaliers de première classe payent, à la nomination, 60 roubles: ceux de la seconde, 30 ; ceux dela troisième, 18, et ceux dela quatrième, 9.
L'empereur Nicolas [° a destiné une médaille jaune (pl. LXV, n°12) aux militaires dont les services ont été longs et fidèles. Elle peut être considérée comme la cinquième classe de l'ordre de Sainte-Anne, et montre d'un côté une croix rouge dans un anneau de même couleur, et le nom du possesseur. L'empereur l’a donnée, surmontée d’une couronne, à des étrangers; par exemple, à toute la compagnie des sous-officiers de la garde à Berlin.
ORDRE MILITAIRE DE SAINT-GEORGE
Cet ordre militaire fut institué par Catherine IF, le 26 novembre (7 décembre) 1769, pour récompenser les officiers de l'armée et de la flotte. « Il faut l'avouer, dit Castéra, l'espoir d'obtenir cette récompense à valu peut-être bien des victoires à la Russie. Eh! qui savait mieux que Catherine ce que peuvent sur les hommes les décorations de la vanité? »
Paul I‘, qui méditait de grandes réformes, n’en distribua pas la décoration. Alexandre la rétablit par un ukase du 12 décembre 1801. Pour lui témoigner sa reconnaissance, le chapitre le pria d’en accepter les im-
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signes ; mais le Czar S'y refusa et n'accepta la croix de la quatrième classe qu'après la campagne de 1805. Peut-être la modestie de l’autocrate aurait-elle dû être plus persévérante; mais, quoi qu'il en soit, son refus faisait plus pour relever le prix de l’ordre et exalter l'ambition de la posséder, que la vanité même sur laquelle Catherine avait compté.
Deux collèges, choisis dans l’armée ou la marine, dressent à la fin de chaque campagne la liste des officiers qui ont mérité la eroix.
Il est divisé en quatre classes. Les membres des deux premières ont le rang de général-major; des dernières, celui de colonel.
L'ordre se donne pour la prise d’une forteresse ennemie, la défense d'une place de l'empire, la capture de navires, de canons, de drapeaux ou de généraux ennemis ; à l’auteur d’un avis qui décide la victoire; à celui qui s'est fait Jour à travers les rangs ennemis; pour vingt-cinq ans de services militaires, où pour vingt campagnes de terre, ou dix-huit de mer ; et, en ce Cas, la croix doit porter une inscription qui l'indique. Mal: gré la rigueur de ces conditions, le nombre des chevaliers excède les quarante mille.
Les maréchaux et lés généraux en chef peuvent en temps de guerre décorer leurs subordonnés de la quatrième et de la cinquième classe, avec ou sans la participation du conseil de l’ordre, composé au moins-de sept chevaliers. Les deux premières classes sont conférées par l'empereur:
Cet ordre se donne gratis. — Le chiffre total des pensions s'élève à 10,971 roubles.
La fête de l’ordre se célèbre au jour anniversaire de la fondation. Les généraux sont obligés d’y assister en uniforme sans broderies. Aux autres membres aucun costume n’est prescrit.
La croix de Saint-George (pl. LXVI, n° 15), qui ne peut être ornée de diamants, est suspendue par les chevaliers de la première classe à un large ruban orange avec trois raies noires, passé en écharpe de droite à gauche; par la seconde classe, en sautoir.
La croix de la troisième et de la quatrième classe est plus petite, et, par les premiers, suspendue au cou, par les derniers, attachée à la boutonnière:
Les deux premières classes piquent en outre, sur le côté gauche dé l'uniforme, la plaque n° 12, qui porte dans le médaillon du centre le chiffre de saint George, et, en langue russe, la devise de l’ordre : Pour le mérite militaire et la bravoure.
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On peut considérer comme une cinquième classe de l’ordre la croix d'argent de Saint-George (n° 14), instituée en 1807 par l'empereur Alexandre, en faveur des sous-officiers et soldats qui se distinguent”par une action d'éclat, et qui, alors, jouissent d’une haute paye égale au tiers de leur solde.
Un décret du 22 octobre 1814 porte que les croix distribuées aux soldats prussiens , après les campagnes de 1815 et 1814, passeront, après leur mort, à ceux de leurs camarades qui auront été proposés pour la décoration sans l'obtenir.