ORDRE MILITAIRE DE SAINT-HENRI
Cet ordre, prix des mérites distingués acquis sur le champ de bataille, date du 7 octobre 1759, qu'Auguste IT, roi de Pologne et électeur de Saxe, célébrant à Hubertsbourg le quarantième anniversaire de sa naissance, s'en décorait, lui, le prince héréditaire et plusieurs généraux. — L'ordre alors n'avait qu'une classe de chevaliers, et la croix, émaillée de rouge, anglée de l'Aigle blanche de Pologne, chargée de l’image de saint Henri, pendait, sur la poitrine, à un ruban rouge foncé à bords blancs:
L'ordre et ses insignes demeurèrent stationnaires jusqu'au 4 sep» tembre 1768. Alors le prince Xavier, administrateur de l'électorat, par= tagea les chevaliers en trois classes, et donna aux insignes une nouvelle forme.
Cette seconde création ne fut suivie d’une troisième distribution qu'en 1796, bornée à sept chevaliers ; enfin, en 1807, on distribua des« croix de toutes les classes.
Le 25 décembre 1829, le roi Antoine ajouta à cet ordre une nouvelle classe, celle des commandeurs de deuxième classe, et en dressa les statuts. |
L'ordre porte le nom de l'empereur saxon Henri, et tous les membres en sont nommés chevaliers de Saint-Henri.
La grande maitrise demeure attachée à la couronne de Saxe.
Les membres, dont le nombre est illimité, se partagent en quatre classes, grands-croix, commandeurs de première et de seconde classe, et« chevaliers. Tous les commandeurs déjà nommés furent rangés dans là première classe.
La décoration est une croix d’or à huit pointes, bordée d’émail blane: Sur le médaillon du centre se trouve l'effigie de l'empereur Henri, debout, revêtu des ornements impériaux. Sur le cerele bleu qui l'entoure, on lit ces mots : Fridericus ÆAugustus D. G. rex Saxoniæ instauravit. Le médaillon du revers, aussi bordé de bleu, porte les armes de Saxe avec l'inscription : Virtuti in bello. Les quatre angles de la croix sont remplis de la Couronne de Rue. (PI. LXXIIE, n° 4).
Cette croix a trois grandeurs différentes, pour les grands-eroix, les commandeurs et les chevaliers.
Les grands-croix la portent attachée à un ruban azur, liséré de jaune citron, de la largeur de la main et passé en écharpe de droite à gauche. Ils ont en outre, sur la gauche de l'habit, une plaque brodée en or, de quatre pouces de diamètre. (PI. LXXIIE, n° 5.)
Les commandeurs portent leur eroix à un ruban de trois pouces de large, passé en sautoir, et ceux de la première classe ont une plaque semblable à celle des grands-croix, mais de moindre dimension.
Les chevaliers portent la petite croix à un ruban de deux doigts de large, passé à la seconde boutonnière.
Ces insignes doivent être portés continuellement.
Excepté le roi, grand maitre, et les princes du sang, personne n'a le droit d'enrichir sa décoration de pierreries, si cette faveur ne lui a été expressément accordée.
Le roi nomme, mais il a égard aux propositions qui peuvent lui être faites par le général commandant les troupes saxonnes en campagne.
Cet ordre militaire est réservé aux officiers de l’armée saxonne , sans acception de culte, de naissance ou d'ancienneté. Le mérite seul, mani-
festé par des actions d'éclat, joint au dévouement pour le roi et la patrie
ouvre l'entrée de l’ordre. Il n'est permis à personne de solliciter son admission, d’une manière quelconque.
S1 des officiers étrangers rendent des services au roi, au pays où à l'armée, le roi peut les récompenser par la décoration de Saint-Henri.
Les grands-croix sont tirés des commandeurs, et ceux-ci des chevaliers. L'ancienneté ne donne pas de droits à la promotion ; il faut de nouveaux mérites. Dans la règle, il faut être lieutenant général et avoir commandé un corps en campagne, pour être nommé grand-croix. Pour être commandeur de première classe, il faut être lieutenant général ou général-major ayant commandé une brigade devant l'ennemi. Ce n'est qu'après avoir acquis le grade d’officier supérieur, et avoir assisté comme tel à plusieurs campagnes, qu’on peut obtenir la croix de commandeur de deuxième classe. Cependant, des services éminents rendus à la personne du roi, ou cinquante années de travaux honorables au service de
P'État, permettent des exceptions à ces règles d'avancement.
Si un chevalier, par une conduite lâche où impudente, par la déser-
tion, la trahison, par exemple, en quittant le service saxon ou se rangeant sous des drapeaux étrangers sans l'autorisation du rot, se rend indigne de l'ordre, et que la sentence n’entraiîne pas la déchéance, une commis: sion de chevaliers de tout grade délibère sur l’exelusion, et, sur son rapport, le roi décide.
Les membres reçoivent avec les insignes les statuts et le diplôme signé du roi, contre-signé du chancelier, et scellé du grand sceau, sans frais aucuns, et, de plus, une liste de tous les membres.
Les membres de l'ordre ont le droit d'accoler cette dignité à leurs titres, et d'en joindre les insignes à leurs armes. Pour les grands-eroix, l'écu est posé sur la plaque, entouré du ruban sur lequel est inserite Ja devise, et auquel pend la décoration. Pour les commandeurs de première classe, l'écu est posé sur la croix, et entouré du ruban. Pour les comman: deurs de deuxième classe, léeu est entouré du ruban, auquel la croix est suspendue. Pour les chevaliers, la croix est attachée à un nœud de ruban au-dessous de lécu.
Après le décès d’un membre, ses insignes et son exemplaire des sta tuts doivent être renvoyés à la chancellerie. Après une promotion, les insignes du grade inférieur doivent être rendus.
À l'ordre sont attachés, comme en formant la cinquième classe, les décorés de la médaille d'or ou d'argent, (pl. LXXIIE, n° 5,) fondéele 17 mars 1796, et destinée à récompenser le mérite militaire des soldats et sous-officiers. On accorde ces médailles en temps de guerre, sur là proposition du général commandant, et la distribution, aussi publique que possible, est mise à l'ordre du jour. On n'a aucun égard au rang; on ne tient compte que du mérite pour décerner la médaille d'argent ou d'or, et la dernière, régulièrement, ne s'accorde qu'à ceux qui ont déjà reçu l'autre ; dans ce cas, ils échangent la première contre une gratification de 25 thalers. Ces médailles montrent d’un côté le buste du fondateur avec la légende ; de l'autre, dans un cercle orné d'armess les mots : Verdienst um das Vaterland, et se portent à la boutonnière, au ruban de l'ordre, mais d’un tiers moins large. Une gratification de 100 thalers pour la médaille d’or, de 25 thalers pour celle d'argent, est accordée à la veuve, aux enfants ou aux parents du décoré dés cédé, avec exclusion des parents éloignés ou des héritiers test mentaires. Si le décoré meurt au service, sans femme, enfants ni
SAXESRONALE:
ascendants, il peut léguer sa médaille à un héritier, qui touche la gratification.
Les motifs d'exclusion sont les mêmes que pour la eroix.