‹ Ordres de chevalerie et marques d'honneurChapitre 190 sur 272 · ORDRE DE SAINT-ÉTIENNE · texte numérisé non relu

ORDRE DE SAINT-ÉTIENNE

Côme de Médicis, duc de Toscane, fonda cet ordre, à Pise, en eommémoration de la victoire qu'il remporta sur les Français, commandés par le maréchal de Strozzi, le 2 août 1354, jour de la fête de saint Étienne, pape et martyr, victoire qui assura son autorité sur la Toscane.

L'ordre, soumis à la règle de saint Benoît, eut son siége à Pise, où le fondateur lui fit bâtir deux splendides maisons, l’une occupée par le grand prieur et les chevaliers, l'autre par le prieur, qui est grand-croix et revêt les ornements épiscopaux dans les fonctions ecclésiastiques. L'église était desservie par des chapelains faisant les trois vœux de chasteté, pauvreté et obéissance. |

Les statuts, approuvés par le pape Pie IV, en 1561, modelèrent le nouvel ordre sur celui de Saint-Jean, dont on imita les insignes et le costume ; mais les chevaliers n'étaient pas tenus au vœu de chasteté ; ils pouvaient se marier, et posséder en propre d’autres biens et d’autres bénéfices que ceux qu’ils tenaient de l'ordre.

Le but de l'institution était la défense de la foi catholique et la destruction des pirates qui infestaient la Méditerranée et ruinaient le commerce maritime de la Toscane.

Dès l’année 1563, les chevaliers commencèrent leurs caravanes et leurs succès. En 1565, ils aidèrent les Espagnols dans la prise de la forteresse de Pignon. En 1566, ils prètèrent d’utiles secours aux chevaliers de Malte, assiégés par les Tures. En 1571, ils armèrent douze galères qui prirent une part glorieuse à la victoire de Lépante. En 1607,

ils saccagèrent la forteresse de Bone, en Afrique. En 1608, avec six galères et onze galions, ils mirent en fuite quarante-cinq galères des infidèles. En 4624, ils en prirent vingt-cinq avec plusieurs petits bâti= ments. En 168%, ils contribuèrent aux conquêtes de Morosini.

On a calculé que, dans le cours de leurs exploits, ils ont délivré de l'esclavage près de six mille chrétiens, et fait aux Tures plus de quinze mille prisonniers.

L'ordre noble et militaire de Saint-Étienne, entraîné dans la ruine de toutes les institutions féodales, sous la domination français, a été rétabli par le grand-duc Ferdinand ITE, le 22 décembre 1817. Il est divisé en quatre classes : grands-croix, prieurs, baillis, chevaliers di grustizia, ou di grazia.

Tout gentilhomme, toscan ou étranger, catholique et pouvant prouver rigoureusement huit quartiers de noblesse et justifiant d'un revenu de 300 scudi, est apte à solliciter son admission dans l'ordre, à titre de chevalier di giustizia.

Des commanderies di grazia, dont les revenus, variant de 42 à 200 seudi, sont pris sur les biens de l'ordre, et conférées par le grandduc pour récompenser le mérite civil ou militaire. Mais des commandez ries dè padronato, constituant de véritables majorats, transmissibles même aux branches collatérales, peuvent être fondées par des regnicoles ou des étrangers : au titre de prieur, moyennant une dotation de 20,000 scudi; au titre de baïlli, moyennant une dotation de 15,000 scudi, et au titre de chevalier, moyennant une dotation de 10,000 scudi.

Ces commanderies, qui confèrent au titulaire toutes les prérogatives attachées à leur grade, sont inaliénables et peuvent être transmises, par le dernier descendant mâle, du fondateur à une autre famille, qui jouit du même privilége. En cas d'extinction de la troisième famille, elles sont acquises au domaine de l'ordre.

La décoration est une croix à huit pointes, orlée d’or, émaillée de rouge, anglée de fleurs de lis d’or, et surmontée de la couronne royale, suspendue à un ruban rouge. (PI. LXXXIIT, n° 2.)

Les grands-croix la portent en écharpe, les baïllis et prieurs en sautoir, les chevaliers à la boutonnière.

Toutes les classes portent sur le côté gauche la plaque n°14.

Le costume processionnel et chapitral consiste en une robe longue de

TOSCANE

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