‹ Ordres de chevalerie et marques d'honneurChapitre 192 sur 272 · ORDRE DE LA CROIX BLANCHE · texte numérisé non relu

ORDRE DE LA CROIX BLANCHE

Rentré dans la possession de la Toscane, le grand-duc Ferdinand HI institua en 1814 cet ordre, qui est spécialement destiné à récompenser le mérite militaire. Il a reçu son nom de la couleur de l’insigne qui est aussi appelé « la croix de la Fidélité. »

Mépauce pu Mérite.

Fondée en 1816 par le grand-duc Ferdinand IE. De la valeur de cinquante ducats, elle est décernée, comme prix de vertu, aux personnes qui se distinguent par des actions éminemment nobles.

MÉDAILLE MILITAIRE

Fondée en 1815, elle montre d’un côté l'effigie de Ferdinand IT, et de l'autre l'inscription : Ai prodi e fedeli Toscani. 1815. Elle est d'argent, et destinée aux sous-officiers et soldats, qui la portent à la boutonnière.

(PI. LXXXIIT, n° 5.) MÉDAILLE D'ANCIENNETÉ MILITAIRE.

Décernée aux sous-officiers et soldats, après vingt-cinq ans de service. Elle a été instituée en 1814, et porte cette inscription : A!/ lungo e fedel servizio. Elle est en cuivre, mais une pension y est jointe, de trois lire par mois. (PI. LXXXIIT, n° 6.)

Après dix ans, les sous-officiers et soldats recoivent un chevron et une ira par mois ; après quinze ans, un second chevron et une demi-lira de plus. Après vingt ans, la pension est encore augmentée d’une lira, et ils prennent un troisième chevron.

NICHAN.

Cette décoration a beaucoup d’analogie avec celle de Turquie. On ne possède point de renseignements officiels à son égard ; mais nous croyot s que, de même que pour le Nichani-Hftihar du sultan, le nombre de pierre: ries dont elle est enrichie et leur valeur diffèrent selon le rang du dé et l'éminence des services qu’on veut récompenser en lui. C’est ainsi qu le bey actuel de Tunis en a distribué un certain nombre dont on éva prix depuis 10,000 jusqu’à 50,000 francs, lors de la visite qu'il a fa France au mois de décembre 1846. La forme ordinaire de la décor: est représentée pl. LXXXIIL, n° 3. Elle se porte en sautoir, à un ruba large de deux doigts, vert, avec deux raies rouges. 1

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TURQUIE

NICHANI-IFTIHAR.

Le sultan Sélim IT, convaincu que, pour retenir la vie dans le grand corps épuisé de l'empire ottoman, pour maintenir l'indépendance du pays et de ses chefs, il fallait opérer d’énergiques réformes, remplacer les hordes des janissaires, et habituer des milices nouvelles à la tactique européenne, crut devoir créer des ordres de chevalerie, comme un des éléments de la civilisation, comme un complément indispensable des institutions militaires qu'il préparait. En 1799 il avait fondé l'ordre du Croissant ; mais, obligé de ménager les préjugés nationaux, il réservait aux étrangers cette décoration. Nelson, pour la victoire d'Aboukir, en reçut les prémices, et, ce qui prouve l'inconstance des choses et des amitiés politiques, le général Sébastiani reçut plus tard la même faveur pour avoir repoussé de Constantinople la flotte anglaise. Bientôt après, le trône de Sélim croula sous la hache des janissaires ; mais son second successeur, Mahmoud, reprit tous les projets de son oncle.

En 1827, après l'extermination des janissaires, 1l recommença l'organisation d'une armée régulière et la distribution d’une marque d’honneur. Ce fut d'abord une médaille d’or, garnie de diamants, portant le chiffre impérial, et décernée à quelques officiers. Ensuite ce fut le portrait de Sa Hautesse, entouré de diamants (pl. LXXXIV, n° 5), distribué à quelques grands dignitaires de l'empire, à quelques ministres étrangers. Enfin, le 19 août 1851, il fonda le signe de la Gloire (Nichani Iftihar), médaille d’or, avec ou sans garniture de brillants, sur laquelle est gravé le tughra, ou chiffre du padicha.

Ce n'est pas un ordre proprement dit ; il n’a point de classes ; seulement les termes du brevet indiquent le degré de faveur que le sultan veut montrer, et, quand 1l parle de brillants, on est monté au faite, car les brillants ne sont accordés qu'aux personnages les plus distingués ; set lement encore la quantité des brillants n’est pas toujours égale, et Pins égalité ne se règle pas sur l'inégalité des conditions. La richesse de Ja garniture n'étant bornée par aucun règlement, des décorés ont pu ajouter beaucoup au luxe du bijou qui leur avait été conféré.

Le Nichan est destiné à être suspendu au cou. C’est ainsi que de portent le sultan, les fonctionnaires de l'empire et la plupart des étrans sers; quelques-uns pourtant le fixent sur la poitrine comme une plaque:

La couleur du ruban n’est pas non plus déterminée. Chez les Tures, la décoration pend à une chaîne ou à un cordon de plusieurs couleurs; ou est fixée à une boucle; chez les Européens, la plupart ont adopté un ruban rouge, avec ou sans lisérés verts. (P. LXXXIV, n° 1 et 2°.)

Depuis le règne d'Abdul-Medjid, tous les Nichans décernés aux étrangers ont eu la même forme ; ils n’ont différé que par le nombre eta srosseur des diamants, ou par les termes du bérat qui les confère.

En 1835, quand Méhémet-Ali, de vassal obéissant devenu sujet rebelle, allait asseoir sa puissance sur la ruine de son maître, Mahmoud, sauvé par la célérité de la diplomatie et de l’armée russes, distribua aux troupes du czar, campées à Unkiar-Skelessi, des médailles :

En or, entourées de diamants, aux généraux, amiraux et à l’ambassadeur ;

En or, de différentes grandeurs, aux officiers ;

En argent, aux soldats et grades inférieurs.

Toutes représentent d'un côté le chiffre du sultan, au milieu de deux branches de laurier, et au-dessous la date de l’hégire (1249) en chiffres turcs; de l’autre côté, on voit le croissant avec l'étoile, au milieu de deux branches de laurier, avec le millésime chrétien 1833.

" Le ruban rouge, qui était le couleur de l’ordre de Nichani-Iftihar, vient d’être modifié. On

y ajouté deux lésérés verts.

Courr. de Const., 28 novembre 1846.

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LXXXIN.

TURQUIE

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