ORDRE DU BAIN
Cet ordre, comme nous l'avons dit, est de la création de Georges [. Les lettres-patentes du 48 mai 1725 stipulaient entr'autres que l'ordre serait gouverné par des statuts et ordonnances, émanés ‘de souverains héritiers du fondateur; que les nouvelles dispositions, munies du sceau de l’ordre, auraient la même valeur que si elles étaient, inscrites dans la charte de fondation. Mais, en se permettant d'introduire dans l’ordre différentes modifications, par exemple, d'accroître le nombre des compagnons, et de les partager en trois classes investies de priviléges inégaux, les successeurs de Georges I avaient contrevenu au diplôme primitif, et des doutes S’'étaient élevés sur la légalité de leurs dispositions. Mue par des scrupules fort honorables et que l’on ne conçoit guère hors de la Grande-Bretagne, la reine Victoire, par diplôme du 24 mai 1847, a publié une nouvelle constitution de l’ordre; et a fait suivre ce diplôme des statuts ci-dessous : |
Le très-honorable Ordre du Bain se compose du souverain, du grand-maitre, de chevaliers grand’croix, de chevaliers commandeurs et de compagnons. |
L'ordre demeurera attaché à la couronne du Royaume-Uni, dont le souverain est investi du pouvoir d'annuler, interprêter et amplifier les statuts. |
La grande maîtrise appartient à un prince de la race de George I, ou à tel autre personnage à désigner par le souverain (la reine a choisi son époux le prince Albert), lequel, premier et principal grand’eroix, jouit de tous les droits et priviléges, s’acquitte de tous les devoirs attachés à cette dignité, garde le sceau, tient la main à l’observance des
di = HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
statuts, adresse les lettres de convocation toutes les fois que le souverain commande une réception.
Chacun des trois grades est partagé en militaires et civils.
Les chevaliers grand’croix militaires ne dépasseront pas le nombre
de 50; et nul ne pourra être reçu s'il n’a au moins le rang de major
général dans l'armée du royaume ou de la compagnie des Indes, ou de contre-amiral.
La classe civile ne dépassera pas les 25. Pour y être admis, aussi bien que dans les deux autres classes civiles il faut par des services personnels rendus à la couronne, ou dans l'exercice de fonctions publiques, avoir bien mérité de la faveur royale.
Les commandeurs militaires ne vont pas au-delà de 102. Pour ce grade, il faut avoir dans l’armée, dans les troupes de la marine ou de la compagnie des Indes, au moins le rang de colonel; et dans la marine, celui de capitaine.
La classe civile ne contiendra pas plus de 50 membres.
Les compagnons militaires ne dépasseront pas, à moins de nécessité temporaire, les 525. Pour mériter cette distinction, il faut avoir le rang de major ; avoir été cité dans la London Gazette pour sa valeur et sa conduite dans une action, dans le commandement d’un vaisseau, ou à la
tête d'un département militaire, ou avoir no un service actif contri-
bué au succès d’une action.
La classe civile n’excédera pas les 200.
Les étrangers sont membres honoraires.
Au jour fixé pour l'investiture d’un grand’croix ou d’un commandeur, le souverain, revêtu du costume et des insignes, sera accompagné des grand'croix convoqués et des officiers de l'ordre, en costume. Le récipiendaire sera introduit entre les deux derniers grand’croix, précédé de Bain, le roi d'armes, portant sur un coussin les insignes ; et du gentilhomme huissier à la verge rouge, si le futur grand’croix n’a pas encore reçu l'honneur de la chevalerie; il s’'agenouillera devant le souverain qui, assisté du grand-maïître, ou en son absence, des plus anciens grand’croix, le décorera du ruban et du bijou, et lui remettra l'étoile de l'ordre.
Si, à l’époque de sa nomination, un grand’croiïx ou commandeur est absent pour cause de service, le souverain peut déléguer pour la réception un officier distingué ou une autre personne. Ce délégué sera por-
teur des insignes et d’une commission, munie du seing royal et contresignée par le grand-maître, qui y aura fait apposer le sceau de l’ordre. S'il à plu au souverain de dispenser de la cérémonie, la commission le portera.
Tout grand’eroix peut requérir Bain de placer dans la collégiale de Westminster, après vérification, l'écu de ses armes, sur lequel seront gravés ses titres et qualités et la date de sa nomination.
Tout commandeur peut requérir Bain de poser dans la même église l'écu de ses armes avec ses titres et qualités et la date de sa nomination.
Tout compagnon peut requérir Bain de poser un tableau avec ses qualités, et la date de sa nomination.
Dans les cérémonies solennelles, dans toutes les places et assemblées, les grand'eroix suivent les baronnets ; les commandeurs suivent les grand'croix de l'ordre de Saint-Michel et Saint-George ; les compagnons prennent le pas sur les chevaliers compagnons de l'ordre de Saint-Michel et Saint-George, et sur tous les esquires ; néanmoins les membres de l'ordre ionien garderont le rang qu’ils ont actuellement.
Les grand’croix à leur réception, et dans toutes les solennités fixées par le souverain, portent un manteau de soie écarlate, doublé de taffetas blanc, noué par un cordon de soie blanche terminé par deux houppes d'or et de soie écarlate. Sur le côté gauche au-dessous d’un passement de soie blanche est brodée la plaque, qui, pour les militaires, est une croix de Malte posée sur une étoile à rais d'argent; un centre, sur fond argent, trois couronnes impériales en or, deux une, enserrées dans un ruban de gueules avec la légende : fria juncta in uno en lettres d'or : ce ruban embrassé d’une guirlande de laurier au naturel, issant d’une bande d'azur avec la légende 1ch dien, en or.
La croix de Malte manque au crachat de grand’eroix civil.
Dans toutes les autres occasions, ils portent la plaque brodée sur le côté gauche de lhabit.
Aux réceptions, dans toutes les autres solennités, et les jours dits de collier, ils porteront un collier d’or, pesant trente onces de Troye, composé de neuf couronnes impériales en or, huit roses, chardons et trèfles, issant d’un sceptre d’or, émaillés au naturel, attachés à dix-neuf
nœuds d'argent. A ce collier sera suspendu le bijou lequel sera une SUPPLÉMENT. f'
croix de Malte en argent, bordée et pommetée d’or, anglée de léopards de même; au centre, sur champ d'argent, la rose, le chardon et le trèfle issant du sceptre, entre trois couronnes impériales, deux une, dans un ruban de gueules avec la devise tria juncta in uno en caractères d'or, entouré de deux branches de laurier au naturel, issant d’un listel azur inscrit des mots ich dien aussi en caractères d’or.
Pour les grand'croix civils, le bijou est composé de la rose, du chardon et du trèfle issant du sceptre entre trois couronnes impériales, enfermés dans le ruban ovale avec la devise, le tout d’or.
Le collier et le bijou seront délivrés, après la réception, par l’intermédiaire du chambellan du palais.
En toutes autres occasions, les grand’croix portent leur bijou suspendu à un ruban cramoisi, large de 4 pouces, passant de l'épaule droite au côté gauche.
Le grand-maitre porte les insignes militaires, et son bijou est sommé de la couronne impériale. |
Les commandeurs portent en sautoir le ruban, large de trois pouces, auquel pendra le même bijou, mais d’un moindre diamètre.
La plaque de commandeur civil sera une étoile à rais d'argent, quatre grands et quatre pelits. Au centre, sur fond d'argent, trois couronnes impériales une et deux, d'or, dans un ruban de gueules, chargé de la devise : tria juncta in uno, en lettres d’or. Pour les militaires, le ruban sera embrassé de deux branches de lauriers au naturel, issant d’un listel azur, avec la légende ich dien, aussi en lettres d’or.
Les compagnons portent le même bijou, mais d’une dimension moindre, pendant au ruban large de deux pouces, attaché par une boucle à la gauche de lhabit.
A leur réception, les membres et les officiers de l'ordre prennent l’engagement, en cas de décès ou de promotion de restituer ou faire restituer les insignes. |
Si un membre de la division civile ou militaire est promu dans l’autre division à un grade plus élevé, il garde et porte les deux insignes.
Les grand'eroix peuvent ajouter des supports à leur blason, et l’entourer du collier et de la devise de l'ordre. Les commandeurs entourent leur écu de la devise et du ruban auquel est attachée la croix. Les compagnons suspendent la croix à la pointe de l’écu.
Le sceau est parti des armes du royaume, et d'azur à trois couronnes impériales d'or, avec la légende Sigillum honoratissimi Ordinis de Balneo.
Si un membre de l’ordre est convaincu de trahison, lâcheté, félonie ou tout autre acte dérogeant à l'honneur d’un chevalier et d’un gentilhomme; ou si, après un délai raisonnable, il ne se justifie point de l'accusation; il sera dégradé par une sentence signée du souygrain et scellée du sceau. Le souverain est juge des circonstances qui provoquent la dégradation , et il peut réhabiliter le condamné.
Les officiers attachés à l’ordre sont le doyen, (dignité attaché au décanat de la collégiale de Westminster) le généalogiste, le roi d'armes, le greffier, le secrétaire, le gentilhomme huissier, le messager (1).
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La Reine ayant bien voulu commander qu'une médaille portant le mot Crimée, et une devise appropriée fût conférée à tous officiers, sous-officiers et soldats de l’armée de S. M., y. compris l'artillerie royale, le génie et les sapeurs-mineurs qui ont pris part à la difficile et brillante campagne de Crimée, et que des agrafes, portant les noms d’A{lma ou d'Inkermann, fussent accordées à ceux qui auraient pris part à l’une ou à l’autre de ces deux batailles, le général commandant en chef désire que ce témoignage d'approbation donné par S. M. à la partie de son armée qui combat sous le feld-maréchal lord Raglan, soit publié dans l’ordre général de l'armée.
(Horse-Guards, 15 décembre 1854.)
(4) On trouvera les insignes de l'ordre du Bain, pl. 00, de l'ouvrage principal.