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LE LIEUTENANT-COLONEL AUBRIOT

Le lieutenant-colonel AUBRIOT.

Aubriot, Joseph-Charles, lieulenanl-colonel de gendarmerie en retraite, chevalier de Saint-Louis, officier de la Légiond’Honneur, mort à Calzins , près de Clairvaux, au commencement du mois d’août 1842.

M. Aubriot, originaire de la Lorraine, embrassa jeune encore la carrière des armes et servit d’abord dans la petite gendarmerie de Lunéville.

On ne sait s’il était encore dans ce corps en 1791, mais à l’époque de la fuite de Yarennes (juin), il se trouvait de service auprès de l’infortuné Louis XVI , et il fut chargé d’aller porter des ordres importants à M. de Rouillé. Malheureusement ce général arriva trop tard pour délivrer le monarque prisonnier. Le zèle de M. Aubriot ne fut pas oublié ; il en fut récompensé par une pension que le roi lui accorda sur sa cassette. Pendant les temps orageux de la Révolution , on lui fit subir une détention rigoureuse , et il ne parvint à sauver sa vie qu’à travers mille périls.

Plus tard , quand Napoléon vint saisir le timon des affaires et mettre un terme à l’anarchie , M. Aubriot obtint du service comme officier de cavalerie. Il était capitaine au 6' régiment de cuirassiers pendant les campagnes de Prusse , de Pologne et d’Allemagne , où son courage fut récompensé par la décoration des braves.

Après l’affaire de Wagram , en 1810, il demanda à rentrer en France, et ce fut alors qu’on lui confia le commandement de la gendarmerie de l’Aveyron. Sa conduite dans ces temps difficiles y fut toujours celle d'un ami de l’ordre et d’un homme d'honneur.

Après la Restauration , promu au grade de chef d’escadron dans la même arme , il alla dans le Gers , et, bientôt après, dans le Gard (1816). C’est là qu’il obtint sa retraile, en 1829,

LE CAPITAINE AUZOIJY.

avec le grade de lieutenant-colonel. M. Aubriot rentra aussitôt dans l’Aveyron, qui était devenu son pays d’adoption par son mariage (1). Retiré à la campagne , s’occupant journellement d’agriculture , il était parvenu , presque sans infirmités , à l’âge de 80 ans , quand la mort est venu le frapper.

Le capitaine AUZOUY.

Auzouy , Hippolyle, né à Rignac en 1774, étudia d’abord la médecine à Montpellier, et entra dans les armées de la République en qualité de chirurgien sous-aide. Après la bataille de Marengo , il quitta le corps des officiers de santé pour devenir sous-lieutenant, et peu après la première campagne d’Italie , lieutenant dans la garde des consuls.

11 fut fait , l’un des premiers , chevalier de la Légiond’Honneur, à l'époque de la création de cet ordre , par le premier consul Bonaparte.

Passé avec son grade dans les grenadiers à cheval de la garde impériale , Auzouy assistait à la bataille d’Austerlitz , où sa conduite lui valut le litre de capitaine.

A Eylau , il commandait l’escadron de service auprès de la personne de l’Empereur, et, dans ce poste périlleux, il trouva une mort prématurée , mais glorieuse. Criblé de dix-sept blessures, il gisait sur le champ de bataille, lorsque ses camarades vinrent pour l’enlever et le porter à l’ambulance. « Laissez-moi , mes amis, leur dit-il , dites à l’Empereur que » je meurs content , environné de canons pris à l’ennemi et » des débris de sa défaite , et que je n’ai qu’un regret, c’est

» de ne pouvoir plus rien pour le service de la France

» A elle mon dernier soupir! » Il expira quelques instants après.

(1) M. Aubriot avait épousé, pendant sa résidence à Rodez, Mlle Marie Dallut , dont il a eu une flllc unique , mariée à M. Cabrol , docteur-médecin , maire de Clairvaux.

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