COMMANDERIE DE VILLEFRANCHE
On sait par quelques anciens titres qu’une commanderie de Templiers fut établie à Yillefranche vers l’an 1186 (1), et qu’elle était située sur une terrasse dominant l’ancienne promenade de Yillefranche appelée les Pivolettcs où sont aujourd’hui les nouvelles prisons. Tout le terroir qui environ-
(1) Villefranche ne fut fondé qu’en 1252. Mais les Templiers pouvaient avoir dans le pays un établissement avant celte époque , car on prétend que dès 1099 , le comte de Toulouse Raymond IV avait fait bâtir un bourg sur la rive gauche de l’Aveyron, et qu’en 1210 on fonda sur la rive droite le couvent des Cordeliers , près duquel plus tard la ville fut bâtie. L’auteur des Annales Mssde Villefranche pense que les Templiers s’élablireni à Villefranche vers le même temps qu’à Cahors , de 1186 à 1189 , et qu'ils furent favorisés par Hugues , évêque de Rodez , et dom Pierre , alors abbé de Locdieu.
TEMI’l.IERS.
ronnait cettte maison porte encore aujourd’hui le nom de Temple.
D’après des actes qui sont rapportés dans les vieilles Annales de Yillefranche , le couvent des Templiers était bâti au haut de la promenade des Pivolctles et sur le bord d’un canal creusé pour recevoir les eaux qui descendent de la montagne de Macarou.
L’enclos et un bois appartenant à ce couvent dominaient aussi ladite promenade. Ces indications s’appliquent parfaitement à une très vieille maison convertie eu jeu de paume dans le xvic siècle et où , sur une porte en pierre de taille , d’une architecture tout-à-fait gothique , on remarque un basrelief beaucoup plus moderne représentant François Ier ou son lils Henri ainsi que les raquettes et les balles propres au jeu de paume. Cette maison est sûrement le reste de l’ancien bâtiment des Templiers.
On lit dans les Annales déjà citées que les biens des Templiers des environs de Yillefranche furent donnés au commandeur de Drulhe de l’ordre des Hospitaliers , et qu’en 1316, « ce même commandeur fit don aux consuls de Yillefranche du pâtus et ayral du Temple qui sont en-delà du pont de l’Aveyron , afin d’en faire un lieu public pour servir de récréation à ses habitants, don confirmé par lettres de Philippe-le- Bel du mois de janvier 1316. C’est le foirai du pont pratiqué sur remplacement du couvent des Templiers, où après la destruction de l’ordre on fit planter une croix de pierre à l’endroit où était leur église. »
Jusqu’à l’époque de la Dévolution , toutes les propriétés composant cet ancien terroir ont payé des renies à la commanderie de Drulhe, de l’ordre de Malte.
Les domaines de Ginouillac (1) dans la paroisse de Marin , près de Yillefranche , de Lespinassière , du Juge et de Bramalou avec leurs grands bois, provenaient de l’ancien patrimoine des Templiers. Ces terres , devenues la propriété des Hospitaliers, ne formèrent point une commanderie de l'ordre
(1) Le château fort délabré de f.inouillac existe encore.
TEMPLIERS
en Rouergue , mais furent une dépendance de la commanderie de la Capelle-Livron , laquelle était située dans le Quercy, tout près du Rouergue , a un quart de lieue seulement de Caylus.
Quant au personnel des Templiers , tout ce qu’on sait , c’est qu’en 1 290 , frère Dieudé de Béteille était précepteur et gardien du couvent du Temple de Villefranche , et que Hugues de Toulouse l’était en 1297.
COMMANDERIE DE DRULHE.
Les Templiers avaient très-certainement une maison k Drulhe. On voit dans un ancien titre qu’en 1301 , B. d’Adhémar, chevalier, précepteur de la maison de Drulhe, appartenant à la milice du Temple , fut témoin à un hommage rendu à Pierre , évêque de Rodez, par Hugues de Mirabel , pour la moitié du château de Séveyrac.
[Ane. arch. de T évêché, fond de Moyrazèx).
A l’époque de la destruction de l’ordre, Drulhe fut donné aux Hospitaliers qui possédaient eux-mêmes dans le voisinage la commanderie de Lugan , et qui reçurent aussi d’autres biens des Templiers situés à Villefranche.
On n’en sait pas davantage sur cette commanderie , dont le chef-lieu fut changé par les Hospitaliers k Lugan.