LE COMMANDANT CUSSAC
Les étals de service énumèrent les campagnes de cet officier :
De 1806 à 1810, campagnes d’Allemagne.
1 81 1 , 1 81 2 et 1 81 3 , en Espagne.
1814, grande armée.
1815, campagne de France.
1823, Espagne.
Viennent ensuite les blessures qu’il a reçues :
Coup de feu à la jambe gauche à Taun , le 19 avril 1809.
Coup de feu au bras droit en Espagne, le 28 janvier 1813.
Coup de feu qui lui a traversé la poitrine à la Bidassoa , le 7 octobre 1813.
Coup de feu au bas-ventre au combat de Llado, le 15 septembre 1823.
Ce fut à la suite de cette dernière affaire que le prince généralissime de l’armée française en Espagne , par une ordonnance du 16 octobre 1823, datée de Cordoue, promut au grade d’officier de la Légion-d’Honneur M. le capitaine Cussac , déjà chevalier du môme ordre depuis le 25 novembre 1813.
« C’est en témoignage , dit l’ordonnance , du dévouement et du courage dont il a donné des preuves éclatantes en présence de l’ennemi , dans la journée du 15. »
Cet officier, à la tète de la compagnie de voltigeurs qu’il commandait, avait été envoyé en reconnaissance , lorsque rencontrant un fort détachement de troupes composé de transfuges français et piémonlais qui l’accueillirent aux cris de : Vive l’empereur ! Il ordonna à ses voltigeurs de répondre par le cri de : Vive le roi! en les chargeant en même temps à la baïonnette. C’est ainsi que fut engagée à Llado la brillante affaire du 15, dont les conséquences furent la destruction entière du corps ennemi, le lendemain, devant Llers , et plus tard la reddition du fort de Figuières. Le capitaine Cussac fut grièvement blessé le 1 5, et pendant plusieurs jours on désespéra même de conserver sa vie.
Nous terminons cet article par une lettre que, plusieurs
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années après (1) , M. le lieutenant-général baron Fleury adressa au ministre de la guerre pour signaler à sa bienveillance ou plutôt à sa justice ce brave officier.
« Je demande qu'il me soit permis de recommander avec le plus vif intérêt à la bienveillance éclairée de M. le ministre de la guerre, M. le commandant Cussac, dont j’ai été à même d’apprécier l’honorable caractère et la brillante conduite pendant les événements de 4 834 à Lyon. Il faisait alors partie du 27e régiment de ligne que j’avais sous mon commandement à la Croix-Rousse : il s’est montré, pendant ces six jours d’épreuves , ce qu'il a été partout , admirable de dévouement , d’énergie et d’intelligence. J’ajouterai que les blessures graves qu’il a reçues à diverses époques n’ont altéré ni sa vigueur, ni sa santé, et lui permettent la plus grande activité, et que je ne connais pas d’officier qui réunisse mieux et plus complètement que M. de Cussac toutes les conditions voulues pour un bon commandement de place dans les circonstances les plus périlleuses et les plus difficiles. »
M. Rouvellat de Cussac commandait à la fin de sa carrière militaire la place de Grandville , dans le département de la Manche.
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Delauro-Dubez (Jean-Joseph), né le 29 septembre 1748 d'une famille ancienne et honorable de Rodez (2), fut destiné de bonne heure par son père à entrer dans la magistrature. Il fit ses études de droit à Toulouse , y suivit pendant quelques
(1) Février 1833.
(2) Thomas Dclauro fut nommé à l’évêché de Vabre en 1585. Elienne Delauro fui pourvu, en 1595, de l’office de juge-mage , ou
lieulenani-général de la sénéchaussée de Rodez.
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années le barreau et donna une haute idée de son instruction et de la solidité de son esprit. Son père , qui était lieutenant principal au siège présidial et sénéchal de Rodez, le rappela près de lui en 1786. Dès-lors le jeune Duhez partagea son temps entre les soins de ses propres affaires et les devoirs de sa profession.
Une nouvelle organisation judiciaire ayant eu lieu en 1790, il fut appelé à remplir les fonctions de juge au tribunal du district de Rodez. Il exerça ensuite successivement celles de président du tribunal criminel en 1795, de commissaire du gouvernement en 1796, et de procureur-général près la cour de justice criminelle du département de l’Aveyron depuis 1800 jusqu’à 1811 , époque à laquelle il quitta son pays pour aller siéger comme conseiller à la cour impériale de Montpellier.
Dès 1 805 , le gouvernement lui avait donné un glorieux témoignage de son estime , en lui accordant la croix de la Légion-d’IIonneur.
M. Delauro-Dubez n’avait jamais eu de l’exaltation politique; mais essentiellement homme d’honneur et bon citoyen, il regardait le serment comme sacré et ne concevait pas qu’on pût transiger avec un devoir de conscience. Aussi , lorsque Napoléon, rompant son ban, vint, en 1815, substituer au droit l’empire de la force , il refusa de le reconnaître et se relira de la cour. Rendu à ses fondions par Louis XVIII, il les continua paisiblement jusqu’à sa mort, arrivée le 30 août
M. Delauro joignait à une grande modestie un esprit pénétrant , un jugement sûr, une probité rigoureuse. Entré dans la magistrature à une époque où les passions révolutionnaires fermentaient avec violence , il donna de fréquentes preuves de courage civique et de cette droiture qui , dans les temps difficiles, devient la plus belle gloire du magistrat.
La considération dont il était environné ne fit que s’accroître à mesure qu’il avançait en âge et en fondions. A Montpellier, la confiance en son intégrité et en ses lumières était telle qu’on le nommait toujours rapporteur dans les affaires importantes et difficiles.
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Les belles qualités de ce magistrat reposaient sur la plus solide des bases : la religion. Ce n’est pas qu’il n’eût payé comme tant d’autres son tribut aux funestes erreurs du siècle. M. Delauro avait longtemps vécu dans le doute. 11 raconte lui-même au commencement d’un livre qu’il a publié, comment la simple réflexion et le souvenir d’une mère pieuse opérèrent un complet changement dans ses idées. Dès ce moment, il remplit constamment ses devoirs de chrétien avec le zèle et la soumission du plus humble des fidèles. Sa piété , sévère pour lui seul , n’altérait point la douceur de ses mœurs ni de son caractère. La plus aimable confraternité le rendait cher à ses collègues. Dans l’intimité , il ne craignait pas de se livrer avec abandon à une douce gaieté; il se faisait remarquer par ses bons mots et par des couplets empreints de verve que n’aurait pas désavoués la muse des meilleurs poètes.
C’est dans les derniers temps de sa vie qu’il mit en ordre les matériaux qu’il avait élaborés pour démontrer la vérité du christianisme, matériaux qui ont été recueillis et publiés après sa mort par les soins d’un savant ami qui a enrichi l’ouvrage de notes précieuses (1).
« C’est un précis très bien fait , disait alors M. l’abbé Foulquier, aujourd'hui évêque de Mende , des preuves de la religion, dans lequel, quoique resserrées dans un cadre restreint, elles sont présentées avec une force et une lucidité vraiment remarquables. On peut dire que toutes les questions de quelque importance , qui appartiennent à la philosophiereligieuse, y sont résolues et même approfondies. Dieu , l’homme, et les rapports de l’homme avec Dieu , ces trois mots résument cette partie de la science , tout à la fois la plus élevée et la plus digne des méditations du philosophe. Le nouvel ouvrage expose dans leur ensemble les hautes vérités qui y sont relatives. On peut s’en convaincre par cet aperçu du plan, qui nous a paru , dans sa simplicité, très-sagement conçu.
(1) Son ouvrage , publié en 1838, porte pour titre : Aux incrédules et aux croyants. L’athée redevenu chrétien. Vol. in-8’ de 510 pages. A Rodez , chez Carrère , imprimeur.
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» L’auteur établit d’abord , comme fondement de sa théorie religieuse , l’existence d’un Dieu créateur et conservateur de l’univers. Ses preuves sont : l’ordre, universel , le spectacle des cieux, les merveilles des inflniments petits, l’homme elles animaux , la production du moi ou principe pensant, l’existence nécessaire d’un premier être , principe et dernière raison de toute existence.
» Abaissant ensuite ses regards sur l’homme , il démontre qu’il est immatériel , libre et immortel dans ce qu’il a de plus noble. Après avoir ainsi étudié les deux termes du culte religieux , Dieu qui en est l’objet , et l’âme humaine qui en eslle siège , il prouve successivement que Dieu exige de nous un culte et des hommages ;
» Qu’il a pu révéler le christianisme comme expression des hommages qu’il exige de nous (et ici se présente un magnifique éloge de son divin fondateur, des dogmes et delà morale de l’Evangile , de l’heureuse influence qu’il a exercée sur l’homme et sur le monde , sur la vie privée et sur la vie sociale) ;
» Que Dieu a révélé le christianisme et manifesté la vérité de cette révélation par des faits incontestables , par des prophéties qui ont annoncé la venue de Jésus-Christ et l’état du peuple juif après sa venue , faits divins qui ont précédé sa mission ; par les miracles et par la doctrine surhumaine de Jésus-Christ , faits divins qui ont accompagné cette mission; par le miracle de sa résurrection , par ceux des apôtres et de leurs disciples , par la conversion miraculeuse de saint I'aul , . par l’établissement miraculeux de la religion , par la constance et la mort merveilleuse des martyrs , par la perpétuité miraculeuse de l’église : faits divins qui ont suivi cette mission ;
» Enfin que Dieu a confié le dépôt de cette révélation aune autorité infaillible.
» Quant au style et à la manière de l’auteur, elle est, comme il convient aux ouvrages de ce genre , éminemment philosophique. Ce qui la caractérise , c’est une clarté parfaite et un enchaînement merveilleux dans les idées ; une méthode rigoureuse dans l’ensemble et les détails ; une dialectique serrée, vive , irrésistible. En abordant une question , M. Du-