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DEI-AURO , MAIRE DE RODEZ

Ses compatriotes, qui savaient apprécier tout ce qu’il avait d’élévation dans le caractère, lui donnèrent une marque éclatante de sympathie , en lui ouvrant, dès 1815 , les portes de la Chambre des députés, où il fut successivement rappelé à siéger en 1821, 1824, 1827, 1828, 1830 et 1831. *

Il se montra à la chambre fidèle à la ligne de modération qu’il s’était tracée. Il appuya le gouvernement sur la plupart des questions fondamentales , mais sans aliéner sa parfaite liberté d’action. Indépendant par goût, par sentiment de sa dignité personnelle , il ne voulut relever que de sa conscience ; et , pour qu’une mesure quelconque obtint l’adhésion matérielle de son vote , il fallait avant tout qu’elle fût sanctionnée par l’adhésion morale de sa raison.

Il rendit justice et prêta assistance au ministère si loyal , si conciliant, dirigé par M. de Marlignac, et si plus tard il vota avec les cent-quatre-vingt-un contre l’adresse où la majorité , par l’organe de la commission , déclarait son refus de tout concours au cabinet du 8 août , ce fut moins par sympathie pour ce cabinet, que M. le prince de Polignac personnifiait d’une manière trop significative , que par respect pour la prérogative royale.

Pénétré de l’importance de ses devoirs, M. Delauro , pendant tout le cours de sa carrière parlementaire , n’en déserta aucun; ainsi, on le vit assidu aux séances publiques, exact aux réunions dans les bureaux, actif au sein des commissions dont il fut nommé plusieurs fois membre, et où il apportait le tribut de son sens droit et de ses connaissances pratiques.

M. Delauro a siégé jusqu’en 1831, époque du fameux procès des ministres de Charles X , auxquels il donna son vote d’absolution , les regardant comme irresponsables , dès le moment que la Révolution avait appesanti ses colères sur la royauté elle-même. Il rentra ensuite dans la vie privée.

Ses concitoyens , après l’avoir honoré longtemps de leurs suffrages, l’environnèrent toujours de leur estime. Sa longue popularité , les témoignages répétés de celte confiance flatteuse n’émurent jamais son ambition et le succès ne l’égara point dans ces voies dangereuses.

11 est impossible de l’avoir connu sans avoir été touché des

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