DELRIEU , POÈTE TRAGIQUE
sentiments de modeste abnégation qui l’animaient. Ne cherchant jamais à prévaloir, aimant la vérité et la justice pour elles-mêmes , bienveillant pour tous , dévoué à ses compatriotes , aux plus modestes comme aux plus haut placés , il a laissé des souvenirs précieux dans bien des cœurs.
Premier magistral de la ville, il portait à ses administrés une de ces sollicitudes qui donnent aux fondions consulaires le caractère de paternelle protection qui devrait toujours les distinguer. A celte bonté, il joignait une gravité de mœurs non moins indispensable ; enfin , mêlé à toutes les fondions honorifiques de sa province , à toutes les grandes affaires de son pays, après avoir laissé partout le renom de son intégrité , il a pu , lorsque les événements ont amené sa retraite, déposer le pouvoir sans crainte du passé et sans autre inquiétude pour l’avenir que celle du bonheur de son pays.
Et ceci nous amène à la dernière des fonctions dont fut revêtu M. Delauro. Si elle fut la plus modeste aux yeux du monde, elle est la plus consolante aux jours d’angoisse où la mort apparaît.
C’est aux pauvres qu’il voulut vouer sa dernière magistrature. Président de l’œuvre de Saint-Vincent-de-Paul , il lit revivre pour les malheureux le souvenir d’une mère dont la mémoire est restée longtemps gravée dans le cœur des indigents.
Cet homme recommandable est mort à Rodez en janvier 1846 , à l’âge de 69 ans.
M. Delauro avait reçu la croix d’honneur en 1821 , noble distinction qui , dans une carrière si pleine de droiture et de probité , ne pouvait manquer d’obtenir comme elle obtint en effet la sanction publique.
DELRIEU, poète tragique.
Delrieu , né à Rodez , chevalier de la Légion-d’Honneur, poète dramatique , mort à Paris , au mois de novembre 1836, à l’age de 76 ans , était l’auteur d' Artûxerce. de Lconice o» la France en .420 , pièce représentée en 1836 au Théâtre
336 DELRIEC, POÈTE TRAGIQUE.
Français où elle obtint de justes applaudissements et fut la digne conclusion d’une carrière si glorieusement commencée.
Delrieù était encore l’auteur de la tragédie de Démétrius , de deux comédies en un acte et en vers , la Jeune veuve et le Jaloux malgré lui, de l’opéra-comique de Michel-Ange, mis en musique par Nicolo, et de deux autres pièces de théâtre.
C’est en 1808 que parut pour la première fois Arlaxerce , dont le Théâtre Français a donné plusieurs fois depuis la reprise. Cette tragédie obtint alors un succès assez brillant pour être représentée à Saint-Cloud devant Leurs Majestés Impériales , et pour valoir une pension à son auteur. Ce succès était mérité , beaucoup mieux mérité , selon nous , que celui des Templiers , dont le retentissement fut néanmoins beaucoup plus grand encore.
Le fond du sujet d’ Art axer ce , imité de Métastase, est une conspiration contre la vie de Xerxès , dans laquelle un père, coupable de l’assassinat de son roi , est appelé à juger son fils accusé d’ètre le meurtrier. La marche de l’action est claire et rapide ; il y a beaucoup de mouvement , des situations fortes, des effets habilement ménagés , des coups de théâtre disposés avec art , un dénouement dont la suspension et le moyen imprévu intéressent et attachent ; le rôle principal , celui du conspirateur, est bien tracé et bien soutenu. Quant au style, s’il est trop dépourvu de passion , on ne peut lui contester le mérite de la richesse, de la correction et de l’élégance. La critique peut sans doute s’exercer sur l’invraisemblance des moyens et la multiplicité des ressorts employés par l’auteur; mais l’ouvrage est de nature à répondre aux critiques de cette sorte , par un succès soutenu à la représentation.
M. Delrieu avait débuté dans la carrière poétique au plus fort de l’orage révolutionnaire par des chants palrioliqties , empreints de cet enthousiasme et de cette verve désordonnée qui caractérisent à un si haut degré la plupart des productions de cette funeste époque (1).
• (1) Nouveau recueil de poésies patriotiques , par le citoyen Delrieu t avec les airs notés , à la fin , de la composition du citoyen Géroust. — Versailles, l’an 11 de la République , broch. de 24 pages.
LE COLONEL DUOLS.
Le colonel DIJOLS.
Dijols (Etienne', colonel de cavalerie , officier de la Légiond’Honneur, chevalier de Saint-Louis , né à Rodez , mort en 1836, à Champigny , près de Sens, entra comme simple soldat au service sous l’empire , et se fil bientôt remarquer et par son courage et par la rare loyauté de son caractère. Aussi son avancement fut-il le prix de ses glorieuses actions. Il traversa les guerres de l’Empire, fut au nombre de ceux qui purent échapper au grand désastre de la campagne de Russie, et, rentré dans sa patrie, il se dévoua franchement au service du souverain que des évènements récents venaient de placer surle trône. Depuis le 27 juin 1819, il était lieutenant-colonel du 16e régiment de chasseurs à cheval, lorsque au mois d’octobre 1 828 il passa dans le même grade aux dragons de la garde. La révolution de 1830 le trouva ce qu’il avait toujours été. Le colonel Dijols, jeune encore , puisqu’il n’avait pas atteint l’âge de 45 ans , déposa son épée et se relira dans le village de Champigny, près de Sens. C’est là que ce brave , que la mort avait épargné dans vingt batailles , a succombé à une attaque d’apoplexie foudroyante dans les premiers jours de mars 1836.
Il a laissé trois jeunes fils sous la tutelle d’une mère (1 j , bien digne par ses vertus d’élever les enfants du noble guerrier, et de leur apprendre àmarcher comme leur père dans les voies de l’honneur et de la fidélité.
(1) M“* Dijols est née Esinangard de Bournonrille,
LE GÉNÉRAL P ORNES,
Le général DORNES.
Dômes (Joseph-Philippe-Marie), général de brigade , officier de la Légion-d’Honneur, baron de l’empire, né k Camboulas, d’une famille bourgeoise, s’engagea k la sortie du collège dans le régiment de lloyal-Navarre, cavalerie, où il se trouvait lieutenant au commencement de la Révolution. Nommé chef d’escadron en l’an II , il fut fait major kla création de ce grade dans l’armée , colonel du 12e régiment de cuirassiers k l’entrée de la campagne de Pologne en 1807, officier de la Légion-d’IIonneur la même année , et général de brigade k la bataille d’Essling. Cet officier général n’avait dû qu’a lui-même , qu’k ses talents et k sa bravoure son avancement.
U mourut kWilna k la suite de la campagne de 1812 en Russie , laissant un fils qui , après avoir exercé avec distinction la profession d’avocat au barreau de Metz , devint collaborateur du journal Le National , fut élu représentant du peuple k l’assemblée constituante et périt , victime des anarchistes , dans les néfastes journées de juin 1848.
Marie-Louise-Marguerite Prohst , veuve du général Dornes, a obtenu , comme récompense nationale , une pension de 3,000 fr. réversible sur Elvire Dornes , sa fille.
ESCDDIER.
Escudier (Baptiste), chef de bataillon, chevalier de La Légion-d’Honneur, natif de Puech-Ventous , près de Salars , partit soldat au commencement de la Révolution , fit toutes