GAYRARD, SCULPTEUR ET GRAVEUR
put travailler et étudier l’art qu’il aimait. Maisbientôt la guerre eut besoin de lui. Il fit les campagnes de Suisse et d’Italie en l’an VII , en l’an VIII et en l’an IX , et fut blessé aux batailles de Zurich et de Marengo.
A la paix d’Amiens , il quitta le service militaire , alla à Paris , et entra comme praticien dans les ateliers de M. Odiot. Ce fut dans cette maison qu’il connut M. Boizot, dont il reçut des conseils et des leçons. Il avait eu , à cette époque , le projet de partir pour la Russie : sa santé le força d’y renoncer. Il retourna à Rodez et, pendant cinq années, travailla pour les orfèvres.
Cette position obscure et secondaire désolait le jeune artiste. Il se sentait capable d’autre chose que de ciseler des bijoux. A la mort de son père , il revint à Paris et entra dans l’atelier de Taunay , où il se livra assidûment à l’élude.
Ses premiers essais furent pénibles quoique mêlés de quelques succès imprévus. La vente d’un médaillon de Napoléon Ier et de Joséphine, improvisé, pour ainsi dire, une collection de jetons pour la princesse Pauline , lui assurèrent quelques ressources. Plus tard, il obtint la protection de M. Denon.
Elève de M. Geoffroy , pour la gravure en médailles et en pierres fines , les premiers travaux de Raymond Gayrard furent des médailles, des médaillons, quelques bustes. Le statuaire ne se révéla pas tout de suite.
Ce fut après avoir étudié presque seul le dessin , la ciselure, la gravure , qu’il arriva enfin , après avoir acquis dans ces diverses branches de l’art une juste réputation , à se faire connaître comme sculpteur. Il avait quarante ans. On le voit, quoi de plus inouï que celte persévérance! Ceci dit, c’est dans ses œuvres qu’il faut chercher son histoire ; elle est là avec ses groupes, ses médailles et ses statues.
Le catalogue de ses médailles s’élève à plus de deux cents. On peut citer celles de la naissance du duc de Bordeaux (1820) ; de la prise d’Alger, présentée en 1830 à Charles X; de la protestation des journalistes en 1830 , très-rare aujourd’hui ; du vote de l’assemblée nationale , sur les évènements