GAÏRARD, SCULPTEUR ET GRAVEUR
de Fabre , fondateur du musée et de la bibliothèque de celte ville, et tant d’autres compositions pleines d’imagination , de grâce et de distinction et d’une exécution presque irréprochable.
Parmi ses nombreuses relations , il en est qui , par les résultats qu’elles eurent , exercèrent sur lui une grande influence. Nous voulons parler de celles qui le mirent en rapport avec M. Frayssinous, évêque d’Hermopolis. Ce fut l’éminent prélat qui noua son mariage avec M"1’ Camboulas , de Saint-Geniez. Plus tard il traduisit la reconnaissance qu’il garda toujours pour Mgr d’Hermopolis et les regrets que lui inspirèrent la mort du prélat par un magnifique buste (1) et une statue tombale , son œuvre lapins irréprochable, exécuté d’après les ordres de M. le comte de Chambord.
Avant de mourir, il a eu le bonheur de terminer le dernier groupe de son fils , les deux charmantes figures de Daphnis et Chloè qui vont orner l’un des jardins du Louvre. Tout ce que nous avons dit indique l’artiste ; mais qui dira l’amabilité, l’exquise politesse , l’esprit , le sens juste et droit de l’homme?
Poète par instinct , Raymond Gayrard a décrit en vers presque tous les sujets qu’il a traités. Il a composé des fables , d’excellentes instructions pour ses petits enfants , mais il n’a jamais consenti à les publier. Il n’y a pas longtemps , il venait d’entrer dans sa quatre-vingtième année , il adressait à un de ses amis ce résumé poétique de sa longue et laborieuse carrière :
« Quelques flatteurs m’ont dit que j’auimais l’argile ,
* Que l’acier fut toujours à mon burin docile ,
» Et que sous mon ciseau, le marbre froid vivait !
» Sans croire h ces discours , mon cœur s’en délectait.
» Dois-je vous l’avouer? La louange m’enflamme...
» C’est elle qui séduit , qui subjugue mon âme I » Pour elle , jeune encor, j’ai quitté le repos ,
» Et , dès la paix d’Amiens , laissé lâ les drapeaux. . .
» Aux arts , avec ardeur, j’ai demandé la gloire.
» Le talent vient du ciel et non de la mémoire. . .
(1) Ce buste en marbre , exécuté en 1844 , a été donné au musée de Rodez.
L*ABBÉ girard.
» Invente , me disais-je, invente et tu vivras.
» Je l’ai fait. Parfois j’ai réussi , mais hélas !
» Tout s’use , tout s’éteint , et la froide vieillesse » Vient blanchir mes cheveux et calmer mon ivresse.
» Je suis un vieux lutteur fatigué de combats ;
» Sur ce qu’il est , pour Dieu , ne jugez pas mon bras. . .
» A quiconque voudrait me faire cet outrage ,
» Je cite mes travaux et j’indique mon âge ! »
M. Gayrard est mort à Paris , le 4 mai 1858 , à l’âge de 81 ans. Ses dernières années avaient été attristées par la mort de son fils Paul, qui promettait à la France un éminent artiste; parcelle de sa femme, qui ne l’a précédé que de deux ou trois mois dans la tombe. Ces deux épreuves avaient brisé le courage du vénérable octogénaire. Deux fils lui ont survécn, et l’un d’eux , prêtre , occupe un poste dans le diocèse de Paris.
M. Gayrard était chevalier de la Légion-d’Honneur et de plusieurs ordres étrangers.
On peut consulter, pour plus de détails, sur la vie et les ouvrages de cet artiste , une excellente biographie publiée par M. Jules Durai , en 1859. Paris, in-8°, 165 pages.
L’abbé GIRARD.
M. l’abbé Girard, proviseur du collège royal de Rodez, inspecteur d’Académie et chevalier de la Légion-d’IIonneur, était originaire de la Franche-Comté. A l’âge de 23 ans , il fut appelé à Rodez par M. l’évèque Champion de Cicé qui, voulant ajouter un pensionnat au collège , le nomma sous-principald’un établissement dont il fut d’abord l’un des fondateurs , dont il a été dans la suite le restaurateur et le soutien.
L’abbé Girard sortait de la maison de Louis-le-Grand , où, dans un concours de l’élite des élèves de tous les collèges de Paris, il avait obtenu en rhétorique le prix de discours latin, connu sous le nom de prix d'honneur.
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Il a soutenu la réputation de connaissances et de talents oratoires dont une si haute distinction présentait le germe et la garantie. Son traité de rhétorique , adopté dans un grand nombre de collèges et qui a eu sept éditions , a justifié ses premiers succès dans un art dont il possédait parfaitement la partie technique , dont il a habilement décomposé tous les ressorts, dévoilé tous les secrets et développé toutes les règles.
M. Girard enseignait la rhétorique à Rodez depuis plus de seize ans , lorsque , mettant la conservation de sa place en opposition avec ses principes , par l’exigence d’un serment que sa conscience repoussait, la Révolution lui fit quitter son poste , mais non son pays adoptif. Des hommes recommandables , dignes appréciateurs de la vertu persécutée , lui offrirent à l’envi la plus honorable hospitalité. Il traversa dans l’obscurité et la retraite , sous l’égide de l’estime et de l’amitié, les années les plus orageuses de cette mémorable époque.
La tempête apaisée , porté par son goût et plus encore par le désir de se rendre utile à rentrer dans la carrière de l’instruction , il consentit à créer à Figeac un établissement qui fut redevable à son fondateur de son éclat et de sa prospérité. Ce fut là qu’il conçut le projet de donner au public sa rhétorique, dont la première édition parut en 1810.
Il ne s’était point dissimulé qu’il existait plusieurs ouvrages de ce genre, ou l’on trouvait des choses excellentes; mais les uns lui paraissaient trop volumineux , les autres trop savants , la plupart informes et tronqués. « Un abrégé de préceptes clair, précis , méthodique, où le langage de l’art aurait de la noblesse et de la simplicité, où les vrais principes de la composition seraient présentés avec intérêt , et cependant mis à la portée des esprits ordinaires , » voilà ce que cherchait M. Girard pour l’avantage des maîtres comme des élèves, et ce qu’il cherchait en vain. Ce livre élémentaire, il forma le dessein de le composer lui-même, et nous osons penser qn’il a rempli sa tâche de la manière la plus heureuse et la plus honorable. Elève de l’ancienne université de Paris , où il termina ses humanités par le succès le plus éclatant ; nourri de tout ce que peut avoir de meilleur la littérature ancienne et moderne; éclairé par l’habitude d’enseigner; dirigé par l’expérience , le plus sûr des guides pour un bon esprit, M. l’abbé
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Girard a porté dans la composition de son ouvrage une grande maturité de jugement et une connaissance profonde de sa matière. Une diction sage , noble, élégante , pure, s’y trouve jointe à la justesse des pensées : en la lisant nous nous sommes rappelés ces paroles de Fénélon : « Celui qui entreprendrait une rhétorique, devrait y rassembler tous les plus beaux préceptes d’Aristote , de Cicéron, de Quintilien , de Longin , de Lucien et d’autres célèbres auteurs. Leurs textes, qu’il citerait, feraient les ornements du sien. En ne prenant que la fleur de la plus belle antiquité , il ferait un ouvrage court , exquis et délicieux. »
Le collège de Rodez devait revendiquer l’abbé Girard comme sa propriété.
Depuis longtemps l’opinion publique y avait marqué sa place à la tête de l’instruction : après plusieurs refus, il consentit à céder au vœu général et aux instances de l’autorité qui le nomma proviseur (I).
Le conseil de l’instruction publique eut constamment à se féliciter de son choix ; le proviseur fut nommé par lui inspecteur d’Académie , et ne croyant pas avoir assez fait pour un tel collaborateur, le président sollicita et obtint de Sa Majesté la décoration , récompense des services civils et militaires ; chacun applaudit à celte distinction bien acquise et vit avec plaisir l’étoile de l’honneur placée à côté des palmes de l’Université.
Bon orateur et bon prêtre , M. Girard associait aux études littéraires les connaissances théologiques ; réunissant la pratique à la théorie , il s’est essayé sur plusieurs questions intéressant la discipline ou le dogme , et ses dissertations de circonstance sur la constitution civile du clergé et autres matières aujourd’hui non controversées, survivront aux temps qui les ont vu naître.
Nous l’avons souvent entendu dans les occasions périodiques et solennelles, qui terminent et couronnent l’année clas-
(1) M. Girard occupa la chaire de rhétorique du lycée de Rodez , en remplacement de M. Cabantous, dès 1809; il fut nommé proviseur
du même établissement en 18 , et inspecteur d’Académie , le 31
décembre 1820.
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sique , prononcer devant ses élèves , d’un ton noble et paternel , des discours où l’austérité des préceptes et la sévérité du sujet étaient adoucies par l’élégance des formes , le charme de l’expression et l’effusion du sentiment; l’émotion de l’orateur, ses accents graves et harmonieux, et je ne sais quel parfum de vertu attaché à ses paroles, rehaussaient et le prix et le poids de ses conseils dictés par la sagesse, mûris par l’expérience et inspirés par le plus pur attachement pour ses jeunes et intéressants auditeurs.
Dans une période de cinquante années , presque toutes consacrées au milieu de nous à l’instruction de la jeunesse ou à la direction de l’enseignement, que de bien n’a-l-il pas fait? que de services n’a-t-il pas rendus ? Quel est le père ou le fils de famille , appelé à jouer un rôle dans la société , qui ne lui doive le plus précieux des bienfaits , celui de l’éducation et des impressions du premier âge , si entraînantes , si décisives pour la carrière de la vie.
Dans l’abbé Girard , l’homme privé n’était pas moins recommandable que le fonctionnaire public. La gravité de son extérieur, l’austérité apparente de ses manières , qui lui convenaient si bien quand il avait besoin d’en imposer, semblaient, quand elles ne lui étaient plus nécessaires, disparaître et s’effacer dans la société. Il était goûté, suivi, recherché ; son affabilité , sa candeur ne permettaient de s’apercevoir de sa supériorité que par les charmes qu’on trouvait dans sa conversation amusante , instructive et variée d’anecdotes et de critique, de plaisanteries toujours fines, piquantes et de bon goût.
M. l’abbé Girard n’était pas seulement instruit , agréable et bon , il était éminemment vertueux , religieux , charitable , modèle d’édification comme de savoir. Il aima pendant sa vie les pauvres , il secourut les infortunés , il aida les établissements d’utilité publique. Il est mort (I) comme il avait vécu , et a remis à des mains pures et amies la plus grande partie de sa fortune , pour être distribuée aux pauvres, aux églises, aux hospices, aux séminaires, aux frères de l’école chrétienne.
(1) Le 22 avril 1822.
GIROU DE BUZAREINGUES.
GIROU DE BUZAREINGUES.
Girou de Buzareingues (Charles), correspondant de l’Inslilut (Académie des sciences) et de l’Académie de Montpellier, associé honoraire de la Société Impériale et centrale d’agriculture , de la Société d’agriculture et de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, chevalier de la Légiond’Honneur, a terminé sa longue carrière le 25 juillet 1856, dans sa 84e année.
Fils d’Alexandre Girou de Buzareingues et de Catherine Ségurel, il était né le 1" mai 1773 dans la ville de Saint- Geniez.
Elevé avec sévérité par des parents d’une probité irréprochable , son enfance fut entourée de bons exemples.
Dès son jeune âge , il montra de l’aptitude pour les éludes sérieuses; envoyé de bonne heure au collège de Clermont, à peine âgé de onze ans, il était déjà en philosophie. M. l’abbé Marty, ex-grand-vicaire de Rodez , était son professeur. Le maître et l’élève contractèrent l’un pour l’autre une sincère et durable affection qu’ils conservèrent pendant toute leur vie.
De Clermont , M. Girou de Buzareingues passa au collège du Plessis , à Paris , où il redoubla ses hautes classes.
A quatorze ans , il concourut pour entrer dans le génie de la marine , soutint à cet effet des thèses de calcul différentiel et fut reçu. Il attendait d’avoir l’âge voulu pour entrer dans ce corps lorsque la Révolution éclata. 11 assista à la prise de la Bastille; quelques scènes de cruauté dont il fut témoin laissèrent dans son esprit une triste et profonde impression dont l’effet répulsif ne s’effaça jamais.
Pendant son retour chez ses parents, la Terreur, qui fut alors répandue dans toute la France , le précéda de peu d’heures et sema quelques périls sur sa roule. Les plus mau-
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vais jours de la Révolution furent passés au milieu des siens. Le dégoût du désordre qu’il voyait régner dans son pays lui inspira le désir de partir pour l’armée.
Il fit comme volontaire la première campagne d’Italie, sous le général Bonaparte.
Peut-être ne serait-il pas sans intérêt de montrer ce jeune homme refusant tous les grades pour rester simple soldat , s’occupant à défendre gratuitement les accusés traduits devant les conseils de guerre , faisant bénévolement le travail des quartiers-maîtres et de divers agents comptables , et rapportant seulement de cette glorieuse campagne la satisfaction d’avoir servi son pays ; mais ces détails nous entraîneraient trop loin.
Choisi dans son régiment comme apte à concourir pour entrer à l’école polytechnique , le jeune soldat eut seulement cinq jours pour préparer ses examens , et il fut admis. Mais la fatigue de la campagne qu’il venait de faire et les fièvres contractées en Lombardie le forcèrent à rentrer chez ses parents.
Séduit par les charmes de la vie de famille, SI. Girou résolut de fixer ses jours à Buzareingues , dont son père lui avait abandonné la propriété. Il se maria; son choix fut moins dicté par des calculs d’intérêt que par les sentiments élevés et la rectitude d’esprit de celle qui devint sa compagne.
Dès-lors il se livra avec zèle à la pratique de l’agriculture ; il introduisit dans son domaine les chevaux arabes, les vaches suisses , les vaches d’Asie et les brebis mérinos; fit construire une belle bergerie d’un nouveau modèle , dont il a donné le plan dans son Essai sur les mérinos , publié en 1812 , et il inventa un micromètre , exécuté par Lerehours , qui lui servait à mesurer d’une manière précise la finesse de ses laines.
Mais bientôt commença dans l’existence de M. Girou de Buzareingues une phase nouvelle , qui devait puissamment influer sur son avenir. C’est au milieu des préoccupations que toute innovation entraîne après elle, qu’il avait vu naître sa jeune famille, composée d’une fille et de deux garçons. .N’ayant pas été heureux dans le choix d’un instituteur qui
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devait élever ses enfants sous ses yeux , il résolut de faire lui-même leur éducation.
Ce projet étant arrêté , il se mit avec zèle à l’œuvre ; pour rectifier ce que ses études pouvaient avoir d’incomplet , il refit sa propre éducation , reprit l’étude du latin , se perfectionna dans l’art d’écrire sa langue. Puis , pour bien connaître la terre qu’il allait ensemencer, il étudia l’homme moral et l’homme physique, se livra tour-à-tour à l’étude des sciences métaphysiques et des sciences physiologiques ; enfin , l’anatomie , la physique et la chimie lui parurent nécessaires pour embrasser son sujet.
Se levant tous les jours à trois heures du matin , il avait fait déjà une ample moisson de recherches avant que personne fût éveillé dans sa maison.
Cependant les travaux agricoles n’étaient point négligés ; après V Essai sur les mérinos, parurent, en 1814, les Etudes de physiologie appliquées aux chevaux arabes , qui furent insérées dans les Annales de V agriculture française. Dans ce travail , l’auteur se sert de calcul pour démontrer quelles sont chez le cheval les formes les plus propres à la course. Un tirage à part de ce mémoire avait eu lieu. Carnot, dans les Cent Jours, fit acheter l’édition entière pour la distribuer aux haras.
M. Girou de Buzareingues , épris d’une grande admiration et d’un profond attachement pour celui qui avait rétabli l’ordre en France , et qui avait été son général dans l’armée d’Italie , avait prêté serment de fidélité à l’Empereur dans les modestes fonctions de maire de village. Il donna sa démission à l’avènement des Bourbons , et pour ce fait refusa de s’engager dans les fondions publiques , ne voulant pas prêter un nouveau serment.
N’ayant caché ni ses regrets , ni sa douleur à la chute du grand homme, on le mit sous la surveillance de la haute police. Précaution inutile, car les hommes de cette trempe sont rarement conspirateurs!
Son écrit sur Napoléon et les Bourbons avait eu du retentissement dans le pays , et les opinions de l’auteur y étaient fort connues; aussi fut-il choisi par le corps électoral pour
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aller, dans les Cent Jours , porter à Napoléon Ier l’adresse du département de l’Aveyron , et la rédaction lui en fut confiée. A la même époque , M. Girou avait envoyé à l’Empereur un mémoire sur le recrutement, dont plusieurs passages ont été reproduits presque littéralement dans les écrits de Sainte- Hélène.
En recevant de ses mains l’adresse du département , Napoléon lui donna la croix. On sait que les décorations données dans les Cent Jours ne furent pas confirmées au retour des Bourbons; mais M. Girou de Buzareingues comptait au pouvoir des amis puissants qui lui offrirent de lui faire obtenir un nouveau brevet; il ne voulut point l’accepter, disant que ce serait mettre en doute le droit de celui qui l’avait décoré. Ce n’est qu’après la révolution de juillet , lorsqu’il y fut autorisé par une loi , qu’il reprit sa décoration que rien n’avait pu le décider à changer.
Ce sincère attachement pour Napoléon 1er était devenu un véritable culte dans l’esprit de M. Girou de Buzareingues; aussi ses sympathies pour Napoléon III n’attendirent pas , pour se manifester, que le second empereur eût commencé à gravir les degrés du pouvoir. Ses regrets et ses vœux suivirent le neveu de l’Empereur dans la prison de Ham aussi bien que sur les rives étrangères.
Nous avons dit que l’éducation de ses enfants était devenue une de ses principales occupations. M. Girou de Buzareingues ne les perdait presque jamais de vue , se mêlait à leurs jeux , pour trouver encore l’occasion de les instruire , leur parlait souvent latin et, en jouant avec eux, faisait naître une conversation instructive et attachante. Bientôt les jeux étaient oubliés et l’attention de ses élèves était tout entière à ses paroles. C’est ainsi que commencèrent leurs études botaniques. Puis, en guise de vacances , il les conduisait tous les ans à Montpellier, pour leur faire suivre les cours de la faculté des sciences. Il s’asseyait avec eux sur les bancs, prenait assidûment des notes , leur faisait ensuite une analyse succincte de ce qu’ils avaient entendu , les interrogeait avec soin , s’assurant ainsi qu’ils ne restaient pas en arrière , et , comme il faut aux jeunes intelligences des moments de repos