GIROU DE BUZAREIN GUES
ou de distraction , M. Girou profilait de ce temps pour aller chez un artiste assez habile prendre des leçons de peinture , afin de les transmettre à sa fille.
Il envoya son fils aîné en Suisse pour y étudier l’agriculture dans l’établissement de M. Fellemberg. Son second fils, après avoir terminé ses études à Montpellier, avait commencé celle de la médecine dans cette ville. Quoique séparé de ses deux enfants , M. Girou de Buzareingues ne cessait , par de fréquentes lettres , de les instruire et de les entourer de ses sages conseils. Ainsi , pendant plus de trente-cinq ans, il a eu avec son jeune fils, qui était à Montpellier ou à Paris , une correspondance hebdomadaire. En dehors de la tendre sollicitude du père , de la douce morale qu’il cherche à inspirer à son élève , on pourrait voir traitées , dans cette correspondance , une foule de hautes questions qui ne seraient pas sans intérêt pour la science.
M. Girou savait se multiplier sans qu’une de ses occupations nuisît à l’autre. Ayant été conduit à Paris pour faire admettre un pourvoi en cassation dans une affaire qui intéressait son beau-père, il amena avec lui sa fille pour lui faire prendre des leçons de peinture de Mme Hersent. Les soins donnés au procès , un Mémoire de lui qui détermina le succès de cette affaire , ne l’empêchèrent pas de communiquer en même temps à la Société centrale d’agriculture , dont il était le correspondant, ses recherches sur l’influence de l’état physique du père et de la mère pour déterminer le sexe du produit. Ses idées parurent intéressantes à cette société. On l'engagea à en faire part à l’Académie des sciences. Là, il faut le dire , ses observations, entièrement neuves, furent accueillies par des sourires d’incrédulité. M. Girou de Buzareingues , qui avait déjà plusieurs annés d’observations faites avec soin sur son troupeau , étant sûr de son fait , s’occupa de donner la preuve de ce qu’il avait avancé. Il envoya à M. Dumas, aujourd’hui sénateur, alors un des trois rédacteurs des Annales des sciences naturelles , une série d’observations sur ce sujet ; non-seulement cet habile physiologiste les inséra dans son journal , mais encore il les appuya par de savantes considérations qui lui étaient propres. Peu
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de temps après , Laplace, Fournier, Ampère, Arago , Cuvier avaient confirmé , par leurs propres recherches , les observations de l’agriculteur aveyronnais. Aussi la réparation fut complète, et, en 1826, M. Girou de Buzareingues , alors absent de Paris, fut surpris d’apprendre qu’il avait été nommé correspondant de l’Institut presque à l’unanimité des suffrages.
L’éducation de ses enfants était terminée : son fils aîné (Charles) pouvait l’aider dans son exploitation agricole ; le second (Louis) poursuivait à Paris ses éludes médicales ; bientôt il eut la douleur de perdre sa fille. Pour remplir désormais le vide qui s’était fait autour de lui, il se consacra à la science ; le titre seul de ses nombreuses publications , formant environ dix forts volumes, donnera une idée du zèle avec lequel il s’y livra.