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de Gaujal dit dans ses Annales, d’après Hélyot

TEMPLIERS

qu’en 1310 Olivier de Penne , commandeur de l’une des maisons du Temple (Espalion), s’adressa au pape Clément Vpour obtenir une bulle d’union de l’ordre d’Aubrac à celui du Temple ; mais que la comtesse Cécile et son époux , ainsi que les seigneurs les plus qualifiés du pays, s’adressèrent de leur côté au pape , au roi et aux commissaires apostoliques pour empêcher cette union qui , en effet , n’eut pas lieu.

Il doit à coup sur y avoir erreur de date dans Hélyot , car dans ce moment tous les Templiers du royaume , sous le coup d’une accusation terrible , étaient dans les fers , leurs biens étaient séquestrés et l’on instruisait contre eux la procédure qui amena peu de temps après la suppression de leur ordre. Cet Olivier de Penne est mentionné dans l’interrogatoire de Géraud de Caus (12 janvier 1311), qui dit qu’avant l’arrestation des Templiers ce chevalier était valet de chambre du seigneur pape.

COMMANDERIE DE LACLAU.

On voit près de Vesins , au sud de la montagne del Pal et dans le village même de Laclan , des restes de l’ancienne maison des chevaliers du Temple. C’est un vieux donjon carré , percé de meurtrières , couronné de mâchicoulis , près duquel gisent quelques débris de cloître. Une autre tour qui existait dans le même lieu en 1789 a été abattue.

Le seul document qui, à notre connaissance, atteste l’existence de cette ancienne commanderie, est une transaction de l’an 1 280 entre le commandeur de La Setve et le seigneur de Landorre, sous la médiation de frère Guillaume Bérard , précepteur de Laclau.

Cette maison , après la suppression de l’ordre , fut annexée à la commanderie de Canabières de l’ordre de Saint-Jean.

Le vieux manoir sert aujourd’hui de presbytère.

Il paraît certain, d’après quelques passages de la procédure des Templiers [Procès des Templiers, par Michelet, t. II, pages 162 et 169), que cet ordre avait encore en Rouergue des commanderies à Albinhac et à Laguiole. Mais on est dépourvu de tous documents à l’égard de ces deux maisons.

TEMPLIERS

TEMPLIERS »l' ItorCRblE.

Quand l’orage fondit sur les Templiers , toutes les archives de l’ordre furent saisies , tous leurs papiers enlevés , et après leur destruction il ne resta dans les dépôts publics aucun document sur leur existence ; l’animadversion excitée contre eux et l’horreur qu’ils inspiraient étaient telles que dans leurs familles on se hâta de faire disparaître toutes les traces qui auraient pu rappeler leur mémoire. Quoique tenant aux plus nobles familles du royaume , partout ils furent désavoués, et un profond oubli scella leur tombe. Dans leurs manoirs on gratta leurs emblèmes , leurs devises , leurs écussons; on fit disparaître toutes les traces de leur passage.

« On remarque , en lisant les anciens nobiliaires, qu’aucun dignitaire ou chevalier de l’ordre du Temple ne se trouve mentionné dans les filiations généalogiques. Ceci provient, dit Cherin , de l’horreur qu’on avait eu pour ces moines , et de ce que celte disposition subsistait encore dans toute sa force au commencement du xvi® siècle , époque où les anciens généalogistes avaient commencé leurs publications. Quand on y voit : Il avait eu de sa femme entre autres enfants, etc., on peut être assuré qu’il se trouve là quelque Templier, qu’on a voulu dissimuler par égard pour sa famille. »

{Mèm. de Mme de Créqui).

Pour se rendre compte de l’horreur qu’inspirait leur nom et leur mémoire , il ne faut pas oublier qu’ils avaient succombé sous le poids de la plus épouvantable accusation qui pût accabler une créature humaine au moyen-âge , l’accusation de sortilège et de magie.

TEMPLIERS

Dans les titres constitutifs de leurs propriétés transférés aux archives de Malte , on trouve pourtant les noms de la plupart des commandeurs de l’ordre , qui traitaient de toutes les affaires de la communauté. Nous en avons cité quelquesuns pour les maisons de Rouergue, mais il faudrait trop de temps et de peine pour les découvrir tous au milieu des archives d’un ordre qui lui-même fut emporté et dispersé par la tempête révolutionnaire (1).

Quant aux documents saisis chez les Templiers , ils furent mis sous les yeux de la commission papale et des conciles chargés d’instruire cette affaire, et après sa solution ils durent rester dans les archives du royaume.

C’est là en effet qu’ont puisé leurs matériaux les différents auteurs qui ont écrit sur les Templiers, tels que Dupuy , Baluze , Hélyot , etc.

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