LE COMTE -NAJAC
. . . Le comte NAJAC.
Le comte Najac , conseiller d’Etat , n’était point né dans l’Aveyron , mais sa famille en était originaire , et c’est à ce titre que nous lui donnons place dans ces tablettes historiques.
Son père quitta de bonne heure Najac , son pays , pour aller chercher fortune à Paris , et comme cela se pratiquait souvent alors et se pratique encore, il échangea le nom obscur qu’il portait contre celui de sa ville natale. La fortune lui sourit. Après avoir été officier de bouche du roi à Versailles et avoir acquis par son savoir faire une honnête aisance , il fit élever soigneusement son fils dont les talents ne tardèrent pas à se faire jour quand la révolution eut éclaté. Voici ce qu’en disent les biographes :
Najac (Benoît-Georges, comte de), commandeur de la Légion-d’IIonneur, est né en 174-8, le 22 novembre. Il suivit la carrière des officiers civils de l’armée , et était commissaireordonnateur à l’époque delà Révolution. Le ministre d'Albarade , qui appréciait ses talents , se le donna pour adjoint en 1793, et puis l’envoya, en qualité d’ordonnateur, à Brest et à Toulon. Il fut chargé , en partie , des préparatifs de l’expédition d’Egyple , ce qui lui valut l’estime et la bienveillance du général Bonaparte , excellent appréciateur des hommes. Il l’appela au conseil d’Etat après le 18 brumaire, et, le 21 août 1801, lui donna la préfecture du Rhône. Le comte Najac rentra au conseil d’Etat le 30 juillet 1802 ; il eut la commission, en 1807, de présenter au Corps législatif quelques dispositions supplémentaires au Code législatif ; en 1811 , l’Empereur le nomma intendant général de la marine et conseiller d’Etat honoraire. Il rentra dans ses fonctions en 1815 , et signa, le 25 mars, la délibération du conseil d’Etat. On le destitua après les Cent Jours.; mais , en 1817, il rentra en fondions , et est mort depuis cette époque.
LE BABOtf DE NOGARET.
Le baron De NOGARET.
Nogaret (Pierre-Barlhélemi-Joseph de), baron de l’Empire, commandeur de la Légion-d’Honneur, député de l’Aveyron, naquit à Marvéjols , département de la Lozère , le 28 juin 1762. Son père, conseiller à la cour des aides de Montpellier, l’envoya de bonne heure à Paris pour y terminer ses études classiques au collège de Plessy , où l’abbé Thédenat, de Saint-Geniez, qui depuis est devenu membre de l’Institut, remplissait alors de très-modestes fondions. Sorti du collège, le jeune Nogaret s’adonna à l’étude du droit et aspira à succéder un jour a son père.
Le Courrier dti Gard a publié dernièrement que M. de Nogaret fut même nommé conseiller auditeur à Montpellier, et qu’il eut pour collègue Cambacérès.
Quoi qu’il en soit , M. de Nogaret embrassa avec ardeur les principes de la Révolution de 1789, et il fut en 1790 nommé, par ses concitoyens du département de l’Aveyron, résidence ordinaire de sa famille, à la place d’administrateur du département qu’il occupa sous la présidence de M. de Bonald.
Il fut nommé, peu de temps après, procureur général syndic.
En 1791, il fit partie de l’assemblée législative où il se distingua par sa modération. Celte conduite lui attira la haine de ceux qui devaient bientôt inonder la France de sang. Il savait les dangers auxquels il était exposé , et il fut sur le point de marcher à la frontière perdu dans les rangs d’un régiment, commandé par l’un de ses amis qui avait été son collègue à la législative et qui l’engagea vivement à prendre ce parti.
Rentré dans le département, les dangers qu’il n’avait que trop bien prévus éclatèrent, et il fut arrêté par ordre des représentants en mission. Il eut cependant le bonheur d’ètre bientôt rendu à la liberté , sous caution,
LE JURON DE NOGARET. i27
Dès que le calme fut un peu rétabli , M. de Nogaret fut nomme simultanément administrateur de chacun des trois districts qui avoisinent Saint-Laurent-d’OIt , lieu de son domicile.
Il fut appelé de nouveau , en l'an VI , à l’administration centrale du département de l’Aveyron , et bientôt après au conseil des Cinq Cents. Il siégea dans cette assemblée jusqu’au 18 brumaire au VIII.
A cette époque , le premier consul le nomma préfet du département de l’Hérault , place qu’il a occupée avec la plus grande distinction pendant quatorze années. Il déploya en remplissant ces fondions uné si grande habileté que Napoléon lui offrit spontanément la préfecture du Rhône , pendant une audience où il s’était plu à lui témoigner combien il était satisfait de son administration. Des raisons particulières, dit le Journal du Gard, auquel nous empruntons ce fait, empêchèrent le préfet de l’Hérault d’accepter une proposition moins honorable encore par son objet que par les termes dans lesquels elle était faite et par l’homme qui la faisait.
M. de N'ogaret cessa d’être préfet de l’Hérault au commencement de 1814, après avoir sollicité pendant plusieurs années la permission de se retirer. Il reçut dans sa retraite les témoignages les plus flatteurs de l’estime du gouvernement impérial , par plusieurs lettres écrites de la main même de M. de Monlalivet, alors ministre de l’intérieur. Voici un passage d’une de ces lettres qui annonce à M. le baron de Nagaret qu’enfin on a cédé à ses instances en lui donnant un successeur : « Sa Majesté , en vous donnant un successeur, a cédé au vœu qu’elle a su que vous aviez émis; elle a dit avec bonté qu’elle était satisfaite de vos services ; elle a montré des regrets de ce que vous ne croyez pas pouvoir les continuer; elle n’a point ignoré que dans les circonstances où nous sommes, vous aviez renoncé à tout projet de retraite, et que vous aviez préféré vous dévouer , mais elle n’a pas voulu qu’il en fût ainsi. Je suis autorisé à penser que vous recevrez incessamment des marques de contentement de l’Empereur. »
Effectivement, M. de Nogaret fut nommé, très-peu de