LE GÉNÉRAL COMTE RICARD
disgrâce de Championnet et traduit avec lui devant un conseil de guerre. Après avoir été acquitté , il fût envoyé pour porter des secours au corps d’armée qui était en Irlande , mais; il ne put arriver à temps pour empêcher la reddition du général Humbert et de ses braves compagnons. S’étant montré peu favorable à la révolution du 18 brumaire, il passa aux Etats-Unis d’Amérique en qualité de consul de France. 11 en fut rappelé pour avoir eu des relation avec le général Moreau qui y était alors exilé, et resta disgracié jusqu’à la Restauration. A cette époque , il reçut la croix de Saint-Louis , et fut remis en activité. Il eut, en 1816 , le commandement de la 19e division militaire , et plus tard , celui de la 21e. Il fut mis en disponibilité en 1823, et mourut à Valence (Drôme) au mois d’avril 1836. Il était commandeur de la Légion-d’Honneur. La biographie des contemporains a confondu avec le • général Rey, dont nous venons de parler, deux autres généraux du même nom et a attribué à lui seul les faits relatifs à tous les trois. V. de Bonaid.
Il y a un autre Rey qui était aide-de-camp et parent du général Rey, et qui, à la tête d’un détachement de cavalerie , attaqua le posté de la Torrella qui sépare les Etats-Romains de ceux de Naples et l’emporta après quelques minutes , en 1796. Je pense qu’il doit aussi appartenir à notée pays.
Le général comte RICARD.
Ricard (Elienne-Pierre-Sylveslre , comte), pair de France , grand-croix delà Légion-d’IIonneur, chevalier de Saint-Louis, grand-croix de l’ordre de Saint-Ferdinand d’Espagne et grandcordon de celui de Saint-Henri de Saxe , né le 13 décembre 1771, à Castres, en Albigeois (1), entra fort jeune dans la
(1) Le comte Kicnrd n’est point de l’Aveyron ; si nous lui avons donné place parmi nos célébrités , c’est que notre pays était devenu son pays adoptif, qu’il s’y était établi , qu’il y possédait sa fortune , qu’il y a passé , depuis son mariage, tout le temps qui n’était point pris par les devoirs de sa charge et que ses restes y reposent.
LE GÉNÉRAL COMTE RICARD. ioa
carrière des armes. Compagnon d’études de Napoléon à l’école militaire , il devint aussi son frère d’armes au régiment d’artillerie de La Père où ils étaient tous les deux lieutenanls en 1791.
Il lit avec distinction les premières campagnes, et passa rapidement par les premiers grades jusqu’à celui d’adjudantcommandant, auquel il fut promu à Parmée d’Italie , le 31 décembre 1800 , six jours après la bataille de Pozzolo.
11 remplissait depuis quelques années les fonctions d’aidede-camp du général Soult. Il devint général de brigade le 13 novembre 1 806 , et commandeur de la Légion-d’Honneur, le 7 juillet 1807, et fut autorisé, le 16 avril 1808, à porter la décoration de l’ordre de Saint-Henri de Saxe.
Après avoir fait d'une manière distinguée la campagne de 1809 contre l’Autriche , le général liicard passa en Espagne l’année suivante et en fut rappelé en 1812 pour commander une brigade dans l’expédition de Russie. Le 4 juillet , il marcha sur Ponieviej et sur Baousck , sauva les magasins de Ponuwiez le 6 , à la tête d’un détachement des hussards prussiens de la mort, et fit 160 prisonniers ; enfin , il occupa Dunabourg le 1"août, après en avoir chassé les Russes, qui, en évacuant cette place, lui abandonnèrent 20 pièces de canon et 40 milliers de poudre.
Créé lieutenant-général le 10 septembre de la même année 1812, en considération de sa belle conduite à la bataille de la Moscowa , le comte Ricard fut mis à la tête d’une division du premier corps de la grande armée , et rendit d’importants services pendant la funeste retraite de Moscou. Le 18 novembre, sa division, formant l’avant-garde, se trouva en présence de l’armée ennemie. Animée par une courte et énergique allocution du général Ricard , elle enfonça et culbuta jusqu’à trois fois la première ligne des Russes , malgré le feu de mitraille de 30 pièces de canon placées dans une position avantageuse. Le prince Kutusow , dans son rapport à l’empereur Alexandre , ne put refuser un tribut d’admiration à celte conduite d’une poignée de braves réduits aux extrémités les plus cruelles. Le général Ricard et ses deux généraux de brigade Babanègre et Dufour furent blessés dans celte attaque.