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LE GÉNÉRAL COMTE RICARD

Dans la campagne de 1813 , il eut sous son commandement la 4e division du 3e corps de la grande armée , sous le prince de la Moscowa. Le 2 mai , il contribua au gain de la bataille de Lutzen , en reprenant sur les Prussiens le village de Raya , et en résistant pendant longtemps aux efforts que lit le comte de Wittgenstein pour ressaisir cette position importante qu’il considérait comme la clef du champ de bataille, et qui en devint le point décisif par la défaite de l’armée ennemie. Le comte Ricard fut nommé grand-officier de la Légion-d’IIonneur , le 10 août suivant. Il finit la campagne en Allemagne , fit la suivante en France, et se trouva à presque toutes les affaires, notamment à celles de la Rothjère, de Champ-Anbert , de Monlmirail et de Vaux-Champs, les 1", 10, 11 et 12 février 1814 , et à celle de Neuilly-Saint- Front, à la reprise de Reims, au combat de Fère-Champenoise et à la bataille de Paris ,-les 3 , 12 , 25 et 30 mars.

La chute de Ruonaparte ayant ramené la paix et les Bourbons, le comte Ricard fut créé chevalier de l’ordre de Saint- Louis le 2 juin 1814 , et appelé au commandement de la 10' division militaire (Toulouse).

Sa conduite pendant les Cent Jours lui mérita l’honneur d’être élevé à la pairie, le 17 août 181 5. Il devint successivement conseiller d’Etat attaché à la section de la guerre , le 19 avril 1817; lieutenant-général attaché au corps royal d’état-major, le 6 mai 1818; membredu comité de la guerre, le 9 janvier 1822; grand-croix de la Légion-d’Honneur, le 2 octobre 1823 , et grand-croix de l’ordre de Saint-Ferdinandd’Espagne, en la même année, à la suite de la campagne d’Espagne, pendant laquelle le comte Ricard avait commandé la division qui fit avec succès le siège de Saint-Sébastien.

Il fut successivement nommé ensuite au gouvernement des 1”, 18°, 1 4e et 8' divisions militaires, et enfin , en 1828 , au commandement d’une division d’infanterie de la garde. Précédemment , la sagesse et l’habileté de son esprit l’avait fait charger d’une mission au congrès de Vienne où il seconda M. le prince de Talleyrand.

« Fatigué par de longs travaux et de glorieuses blessures , il voulut sortir, avaut le temps , d’une carrière qu’il avait si

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brillamment parcourue. Tl se réfugia dans la vie privée ; sa santé détruite réclamait les tendres soins de la famille et de l’amitié. Il vint alors fixer sa résidence à Millau et à Varès , où il trouva le respect et les sympathies dus à la noblesse de son caractère et à la supériorité de son esprit.

Capitaine distingué , négociateur habile , homme d’Etat éminent , le général Ricard possédait encore, comme homme privé, ces qualités qui , dans toutes les positions sociales , sont appréciées et recherchées. Un sens exquis en toutes choses , une longue vie passée au milieu des événements immenses qui ont rempli la fin du dernier siècle et la moitié de celui-ci donnaient à sa conversation un intérêt et un charme que venaient accroître encore la parole simple et l’esprit fin qui animaient ses récits.

Après un long affaiblissement, dont au reste sa vive intelligence et son cœur paternel n’ont jamais subi l’atteinte , il a terminé une vie honorable par une pieuse fin en expirant au milieu des embrassements de ses enfants et des consolations de la religion (1). »

Sa mort a eu lieu au château de Varès , le 6 novembre 1843 , à 4 heures du soir.

Le peintre RICHARD.

Théodore Richard , éminent paysagiste , né à Millau en 1781 , s’était fixé de bonne heure à Toulouse, et, depuis 1827 , il était le lauréat privilégié des expositions de celle ville ; il avait depuis longtemps épuisé toutes les récompenses qu’un jury peut décerner, et la croix de la Légion-d’Honneur les avait couronné toutes en 1854.

Le musée de Toulouse possède plusieurs de ses tableaux

(!) Nécrologie du général Ricard dans VEcho de la Uourbie du 12 novembre 1843

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