‹ OrfaChapitre 3 sur 6 · UC · texte numérisé non relu

UC

dincrdcs fur..

ne

(cm me du peuple, une plu inl

qu'elle consi<k mmeungéi

naissait le

die

queceluH A ,emr

Un tement, die fille

d€ niante à la

uremeni char-

nu

. d'un bleu vaguement teinté d'amèth

pâ |ue la couleur, comme

lèvres en avaient aussi la pulpe abondante et satinée.

Sa chevelure était châtain clair avec quelques

Irisons d'or à la nuque et une double coulée d'ambre aux tempes larges et polies comme celles d'un masque féminin antique. Ses traits étaient d'une régularité parfaite, avec cette pointe toutefois de beauté prud'honnienne qui a si merveilleusement

tr- :nmc Ui

Ile un

i.mcnt >n d'un a d'un m .

Pierre une tendres hei

- l'inditi Elteâim

dai

prendi tement,ma qu'elle- naît

qu'il IVim

EUC |ui a, •»ute Imtellectualité de

qu'elle était d'être une

savante qu'une ignorante tout à fait. E14e avait à peine connu leur mère, morte très jeune, et quant à leur père, M. Pamphile Nolac, c'était un admirable pêcheur à la ligne, mais rien autre chose. En dehors des barbeaux de la Garonne dont il connaissait la stratégie défensive comme pas un, rien ne l'avait intéressé jamais dans l'humanité. 11 passait les journées de pluie ou de vent à monter des lignes, et les journées favorables à la pèche, les pieds dans l'eau, souvent fort avant dans la rivière quand elle offrait des presqu'îles à sec, sous un large chapeau de paille, et les poches d'une blouse infectées de gruyère rance, amorce préférée des barbeaux.

Les pêcheurs à la ligne de Toulouse forment une classe sociale qui a ses mœurs et ses curiosités. Ainsi le samedi, en été, les berges et les quais sont couverts de braves gens qui vont fort loin, le long de la Garonne, là où ils connaissent un coup et n'en reviendront que le lundi. Il les adore parce qu'ils sont la terreur des politiciens. Impossible de les faire voter, un dimanche où il fait beau pour la

quint M ur lui

I i famil e nal

qui ipprendi

qu'elle ne

: qu'u in-

née mt quelque

péchen qui n'eût souhai*.

auti

ilhcur. Pilonnet était un être pli.

tesque qu

cheveux irisant l'alezan f

me. il était. d< même, il faut bien l'avouer, »mme plu-

îrs lunes. Il n'avait jamais chas- que la

vue d'un fusil suffisait à l'inquiéter et que la ren-

ORFA. 3l

contre d'un lièvre lui donnait des battements de cœur; il n'avait jamais pèche de peur de se piquer à l'hameçon ou d'être mordu par un brochet : il sortait malaisément le soir par crainte des voleurs et même un peu des loups-garous. Ce pusillanime garçon était un contraste vivant avec Pierre Nolac et surtout avec Jean Rouvière, ces deux gaillards déterminés qui seraient allés au-devant du diable lui-même, une chanson d'amour aux lèvres.

Eh bien, ce mélancolique échalas avait rêvé des charmes de la jolie Paule. Il avait osé lui dire bêtassement qu'il la prendrait bien pour femme et elle lui avait ri au nez. Il était allé trouver le père Pamphile Nolac, jusque dans son bateau, pour lui démontrer les avantages de cette union ; mais celui-ci l'avait prié de se taire parce qu'il empêchait les poissons de mordre. 11 n'y avait qu'à Pierre qu'il n'avait pas osé avouer ses projets, sentant instinctivement qu'il serait rabroué d'importance : à plaindre, au demeurant, le pauvre gars, car il aimait éperdument sa cousine et, sous cette enveloppe risible, il cachait un cœur qui en valait bien un

;ar

luntpt.

ncl :ans la %

au malhcu-

que qui

.livrait, c

comme une

tppe mûre;qu«

des | lit dans un tloi d

jquelachans

dc menait, comme un chapelet

S nore au pied de la ^ Visa

se alourdie

! maintenant muets; que nds

Yf*«fé.:li

UN TOUR DANS LES VIGNES D*OÙ LES DERNIERS VENDANGEURS S*EN ALLAIENT EN CHANTANT (p. 40).

arbres des ramiers voisins où se taisaient aussi les oiseaux et les clochers dont s'amortissaient les flèches d'or dans la verdure mouillée, tout revêtait

la poésie exquise des déclins, les gens de service s'empressaient autour de la table, amenant les fruits sur des plateaux et décantant les vieux vins dans de superbes verreries.

Car Mme Darquier avait arboré, ce jour là,

lansd» es

I quani au

lement fir

' lrans:

ncnl ir

ail une composition

Clodion.

tmphytrionne n'avait pas manqu

ppareilh - • dans

icr plein d

venirs. I ût une c a

ra la ma"

la ju] i êmer

pied chaussé d'une mule de salin mai:

;re sous la l'illusion d'un pastel ancien, comme sont riraits de famille.

tble m'emporte, elle avait une mouche sur la jou qu'elle était adorable ainsi

M. Darquier, lui, avait vaguement sacrifie

aux solennités d'antan et aux belles façons qui conviennent à un maître de maison, en se passant au cou une cravate blanche, mais qu'il avait chiffonnée légèrement à la romantique; le reste de son costume était d'une élégance toute moderne et sans cérémonie.

Et les convives arrivaient déjà par la petite montée, salués par la clameur des grands chiens, tous de races pures et différentes : Duc, un colley superbe, Kroumir, un chien de berger, Caporal, un ours déguisé en chien, d'autres encore également impétueux et sautant aux naseaux fumants des chevaux haletants devant les pesants landaus de louage.

Des voitures, où régnait la gaîté la plus franche et qu'emplissaient les éclats de rire, descendirent successivement: Mme Rouvière mère, en superbe bonnet de dentelles, et, autour des épaules, un de ces magnifiques foulards d'Espagne qu'on trouve encore dans les armoires des vieilles Toulousaines; la jolie Paule qu'on avait méchamment séparée de son fiancé, en une toilette légère gris pâle tout à fait exquise et des fleurs des champs dans les cheveux :

;n panama qu'il

. tenant, da

un barr

apturé la > cille.

napeau

d'une I cinture

enant un g quel «J la

Marthe I une

B brune qu.

la demoiselle d'honneur de la jolie Paulc :

sous un chapeau haute forme dans un complet irréprochable , Pitonnet que M. Darquier avaient innocemment invité comme parent des Rc ;no-

OR FA

rant, d'ailleurs, ce que cette petite fête aurait de cruel pour lui.

Tout le monde était sauté des larges fiacres. Seul Pitonnet demeurait comme rivé aux coussins de la voiture. Un pressentiment fâcheux l'avertissait-il de la mauvaise soirée qu'il allait passer? Non ! mais le vacarme des chiens jappant, avec des aboiements joyeux autour des invités, le glaçait positivement de terreur. Heureusement, M. Darquier s'enquit et la meute fut renvoyée au chenil, ce qui permit à Pitonnet de faire une entrée tardive et accueillie de sourires malicieux. La belle brune Marthe Castex, elle, se tordait franchement. Tout cela n'était pas pour donner plus décourage au pauvre garçon.

Sans le vouloir, Mme Darquier lui donna le coup du lapin.

— Soyez le bienvenu aux « Moines», cher monsieur, lui dit-elle le plus gracieusement du monde; mais puisque vous y venez pour la première fois, ne soyez pas surpris si le frère Momusien vous fait quelque méchante farce.

; une i de la

Il en chantant, de : une halte par

hute du soleil.

s un 1 nemeni omme

le ; lit, les irs

nt sur la ent

autour de Ju

ns la \err int

.r de minuscules - Le le pli: ent du

monde, :ue silencieux iant d

imphile N -Aert q

table, avant que fût prèi le barbeau munstru. qu'il avait apr ..u'il avait lait cuire lui-même,

en pêcheur qui ne croit qu'au poisson qu'il a luimême préparé.

Il avait bien saisi quelques rumeurs inquiétantes dans la cuisine, pendant qu'il se livrait à cette occupation, mais avait dédaigné d'en connaître le motif. Celui-ci n'apparut que trop au moment de suivre le rôti. De somptueux faisans étaient annoncés sur le menu artistement dessiné par un élève de l'école des Beaux-Arts, ami de la maison. Mais de faisans, point, malgré les signes désespérés de l'amphytrionne au maître d'hôtel. On apprit alors avec stupeur que le chien Kroumir, pour se venger sans doute, d'avoir été enfermé, les avait dévorés après s'être glissé traîtreusement parmi les marmitons.

Tout le monde rit fort de l'aventure, sauf

mand.

plat qu'il awit \u na que celait

int, qui a

n pusil -

ncurar

but bc qu«

ne fui | »u pau-- <n.

mporte ! il avait ju - 1er

pa se humeur s

sur une forte re qu'il déma- lui

lout seul. aux. Mais il comprit

harné

endait une artillerie en sucre, lui cachait — telle une t santé bar: M amoureux, l

.1 lui fallut assister, sans en perdre un, aux délicieux détails de leur bonheur.

Mme Darquier, après es i eusement séparés dans l'ordonnance savante

du couvert, avait eu pitié de leur martyre et leur avait permis, par une permutation de fauteuils, de se mettre auprès l'un de l'autre; et la chevelure massive, noire comme l'ébène de Jean ne semblait faire souvent qu'un seul bouquet de gui avec les ondes repliées, aux reflets d'or, des beaux cheveux châtains de Paulc.

Bien que rien ne fût plus pur au monde que les paroles qu'ils échangeaient derrière ce double éventail vivant, celle-ci était délicieusement émue et la nacre rose de ses jolies oreilles, ourlées comme des coquillages, en prenait des transparences de corail. Elle était légèrement inclinée sous la caresse intangible de la large épaule qui l'enveloppait comme pour la défendre déjà à la façon d'un bouclier, et tous les deux, ainsi abandonnés dans la fausse solitude, que leur faisait la ferveur de leur tendresse, formaient un couple charmant.

Dans le déplacement général qui les avait réunis, la belle Marthe Castex qui ne pouvait souffrir, un instant, qu'on ne lui fit la cour, et que ce spectacle ne laissait pas, sans doute, indifférente, était venue

mpl.mi

l.l'amph.lc.J tOèmc

que le n

e Mari

sur.

soupir qu'elle se rei

Alorselles

charmante «t la maturité fait non-

bien des

1 es fruits admirables pleui d'argent ci taientremplis chauds

Mns d'Espagne qui y mettent comme un ide topazes. Depuis longtemps candélal

frisaient frisson* .onstellaiions aux facettes

des flacons, et la nuit était très doucement venue, une de ces belles nuits toulousaines qui mettent des égratignures d'or au grand lapis-lazuli qu'est devenu le ciel. Des souffles, où revenait encore le parfum des derniers lauriers-roses dressés en sentinelles sur la terrasse, baignaient l'air tiède d'une langueur infinie, et la chanson de la Garonne grossissait dans le silence où toutes les autres voix étaient mortes, très distinctement accompagnée par l'archet d'or des longs peupliers. D'invisibles harpes éoliennes pendaient aux platanes argentés de la route où les ondées lunaires s'échancraient au relief coupant des grands arbres.

La gaieté des convives, après un instant de recueillement dans ce mystère, battait maintenant son plein et on ne parlait de rien moins que d'entonner quelques couplets, suivant un usage des aïeux qu'on respecte encore aux environs de Toulouse, coutume innocente, morbleu! surtout quand les voix sont belles et les couplets pleins de soleil.

Moi j'en tiens pour cette vieille chanson que Paul Arène avait ressuscitée et dans laquelle nos

table.

__ Puil incaux

US

a autrement que no quelque

I bien quelque autr S ns recourir au nv

outnc des fous

la!

Bien autrement que n^

. le petit Dieu d'Amour Leur dépêchait une pucelle.

- DS peur, sans honte ur

Ils vous * damaient» la demoiselle.

Puis ils couraient à leurs tonne

Vous ne le trouverez pas exquis ce dernier couplet ? Mais je ferme cette parenthèse sur les douceurs regrettées d'antan, quand l'amour et le plaisir occupaient toute la vie.

Tout à coup, un bruit assez bizarre retentit sur la route, àpeineperceptible d'abord puis grossissant et venant certainement du côté de Toulouse. On eût dit le rythme monotone d'un tambourin, de temps en temps déchiré par une sorte de glapissement humain suraigu, et inégalement scandé par des grognements que l'approche rendait formidables. Pitonnet était vert-pomme; un aboiement furieux de tous les chiens délivrés vint se briser à la grande grille de fer de la propriété, une sorte de vague canine qui menaçait de déferler au-dessus des piques de fer. Jamais bélier ne heurta une tour avec une pareille furie.

M. Darquier, qui s'était levé vivement, envoya un domestique voir immédiatement quelle était la cause de ce vacarme. Il remonta et conta qu'une gitane, accompagnée d'un gars très basané, très crépu et qui tenait avec une chaîne un ours

mandait quclu.

enlM. D

un npemcnt

dan

d'un Roût inf

la, d'enchaîner h

creatv

net.

La femm L • k^"3"

Mais l'homme et l'on

mis après, et U meute n'étant pta irti par la d , qu'un

bruit indistinct de retlux. de ™endi.

Tours aussi avait une sebille - fit son en:

UNE GITANE ACCOMPAGNÉE D'UN GARS TRÈS BASANÉ QUI TENAIT UN OURS (p. 47 .

OR FA

l'allée montante que bordent, jusqu'à la terrasse, des thyms odorants.

La gitane avait un mouchoir jaune sur la tête, en

pointe sur la nuque et noué au-dessous du menton, semblant, sur la crespelure de ses cheveux noirs, comme un oreiller trop bourré, tant les mèches frisées en débordaient au-dessus du front et au sommet du cou ; son visage très basané, mais d'une coloration de cuivre, éclatait aux lumières

'ncheul

IUI

ter ""

pcll P!

Inenu l U0C

cumul*

stume, avec une cher,

tcusc et des collU au cou, ceux-là r .

5, beaucoup plus brunes qu< et des m. ^droites. Je simk

n'était leu ur «quîs, sortaient de ses man-

ches déchirées. Lune d'elles tenait un tambourin.

Son âge? Entre quatorze et vingt ans, mais certainement plutôt quatorze. Car les femmes sont vite nubiles dans cette race aux mâles impatients. Il y avait de tout dans sa physionomie: de la curiosité, du mépris, de la gaminerie, de la cruauté. Sa taille souple avait, même dans sa marche, des ondulations de reptile. Il y avait de l'ironie et de l'impertinence dans sa façon de mendier.

Celui qui l'accompagnait, son frère disait-elle — et pourquoi pas ? — était beaucoup plus impénétrable encore ; car sous sa crinière ramenée en avant son regard disparaissait et l'étincellement de ses dents carnassières, quand il parlait ou riait, faisait seul passer un éclair froid dans cet embroussaillement de ténèbres. Sous ses loques on devinait un gaillard robuste ayant une vingtaine d'années, aux bras longs et puissants comme ceux des grands singes, aux jarrets arqués et toujours prêts à se détendre comme des arcs, un être qui devait être redoutable dans la colère et demeurait inquiétant même dans la douceur, avec une mimique hypocrite et de sournoises attitudes.

juand « il

un

.leur qu :na'1 qui' •

le lever du rideau di IV. n générale. Il fit cependant u

tement l'exercice avec un man, • la

inde terreur de Pitonnet qui semblait crain que le balai ne îïil

\ . ma pet quelque

fit Mme Darquier à lagiur n sou-

ri, d'abord comment l'appel'.. -

Tu ,a P,a^

— Oui.

— Et -tu

— Dans les Pyrénées hautes et basses, et même en Espagne, à Porto.

Tout cela avec un accent très étrange où la langue d'oc se mêlait à une langue étrangère dont les mots se corroboraient de gestes indicatifs.

— Comment se nomme ton compagnon ?

— Mon frère se nomme Sam. Il est mage et dit la bonne aventure.

— Ce sera pour plus tard, mon enfant. Danse-nous d'abord.

La gitane obéit et maniant son tambourin avec une grâce nonchalante, elle exécuta un pas hybride dont la langueur orientale

'émc

ne me un tu déni

ni une

cho-

iphique n'a-

meni, et lin à p MM sur la

ir la tendresse rythmique où se b âme toute rr. . îarme

ment nouveau de cette créature qui savait faire . en elll

méti

Mais Mme Darquier n'était pas de celles qui épuisent leurs impr^ usqu'à la lie et

que! J'un bon vin s<»nt les

meilleur!

— Voyons, chante-nous maintenant quelque chose, Orfa.

Celle-ci lui expliqua, comme elle le put, qu'elle ne savait pas de chansons dans notre langue.

— Chante toujours. Tu nous expliqueras après.

— Ou je vous traduirai à mesure,interrompit Pierre Nolacqui, ayant beaucoup flâné, dans son enfance, malgré la défense de ses parents, dans la cité des Bohémiens de Toulouse, comprenait à merveille leur idiome particulier.

Et voilà comment Orfa, sans se faire prier davantage, chanta sa chanson que Pierre traduisit en même temps, pour tout le monde.

Page 1