‹ Organes génito-urinaires de l'hommeChapitre 23 sur 103 · C. — Hygiène du blennorragique · texte numérisé non relu

C. — Hygiène du blennorragique

Quelle que soit la période de la blennorragie et quel que soit le traitement suivi, il y a une série de précautions à observer qui constituent ce qu'on pourrait appeler Vhygiène du blennorragique. Il faut que le malade ait une continence absolue, qu'il évite toute cause d'excitation vénérienne. Les mets excitants etépicés, les huîtres, les asperges, la bière, le cidre, le Champagne, les liqueurs, le café, le thé lui sont interdits. Le reposa une influence très favorable sur la marche de la maladie ; aussi lui faudra-t-il se garder de toute fatigue, de tout exercice violent à pied, à cheval, ou à bicyclette. Le blennorragique doit se coucher de bonne heure et môme, s'il le peut, s'étendre pendant quelques heures au cours de la journée. Enfin, il est bon, surtout s'il ressent de la lourdeur dans les testicules, qu'il porte un suspensoir.

Les soins locaux de propreté sont nécessaires pour éviter la balanite, la lymphangite de la verge et l'adénite inguinale. Le médecin devra enfin apprendre au malade à quel danger il s'expose en touchant la conjonctive oculaire avec un doigt souillé de pus blennorragique.

§ 2. — Traitement de Turêthrite chronique.

L'importance du traitement de l'uréthrite chronique, delà goutte militaire, comme on dit vulgairement, ne peut plus être contestée aujourd'hui. Le plus grand nombre des métrites et des annexites est due à l'infection de la femme

* Dans ces dernières années on a préconisé un sel nouveau, le protargol^ qui a été employé par Neisser, Finger, Desnos, Noguès. Cet antiseptique est unprotéinate d'argent, soluble, peu altérable, n'irritant pas l'urèthre, ne provoquant pas sur la muqueuse cet œdème qui empêche l'action sur les parties profondes : il aurait, au dire de ses partisans, de multiples avantages sur le nitrate d'argent et le permanganate. On l'emploie en solution dans l'eau : o gr. 20 a ogr.5o pour 100 grammes d'eau. Trois injections par jour sont faites avec ces solutions ; les deux premières sont gardées 5 minutes ; la troisième, une demi-heure.

TRAITEMENT DE l'UBÉTHKITE CHRONIQUE

par un vieil écoulement chronique du mari. L'ancienneté de Técoulement n'indique pas d*une manière absolue sa stérilité. Nous avons eu plusieurs fois Toccasion de constater la persistance du gonocoque après de longues années ; dans un cas même, nous avons pu constater sa virulence chez un de nos malades, porteur d'un écoulement chronique datant de 10 ans, traité sans succès dans toutes les capitales de l'Europe. Une seule fois^ il eut des rapports sans préservatif; 5 jours plus tard débutait chez la femme une blennorragie aiguë avec uréthrite violente, cystite hématurique, métrite et plus tard annexite double nécessitant une opération mutilante.

Importance d'un diagnostic précis. — La nécessité du traitement des uréthrites chroniques est aujourd'hui bien établie. Mais pour les traiter méthodiquement, il faut se rappeler quelques notions pathologiques ayant trait : i<»à la nature de Vécoulemenl ; 2* à Vélal des parois du canal,

!• ^L'écoulement peut exceptionnellement contenir des gonocoques ou, au contraire, ne plus renfermer que des microbes vulgaires liés à l'infection secondaire, ou même être complètement stérile.

2* Le canal peut avoir conservé sa souplesse ; dans d'autres cas il présente des lésions scléreuses, donnant naissance à des indurations partielles ou même à de légères coarctations, sur lesquelles Otis a beaucoup insisté autrefois, qu'il a décrites sous le nom de rétrécissements larges et qu'il découvre en mesurant Turèthre à Taide d'un instrument spécial, Turéthromètre ^ (fig. 96).

Le traitement, on le conçoit, est différent suivant les cas, et, pour rétablir, il est nécessaire de faire un diagnostic précis.

Nature de l'écoulement. — On commencera par faire r examen bactériologique de l'écoulement. Si Ton ne trouve

* D*aprè8 Otis, il existerait entre la circonférence de la partie moyenne de la verge flaccide et le calibre de Turèthre un rapport constant.

Circonférence du pénis

75 millimètres i

io5à 112*— -

Circonf. de l'urèthre 3o millimëlres ou plus

FiG. 96. — L'rétliromètre d'Otis.

En tournant la vis située à Textrémité du manche, on détermine un êcartement des lames constituant la partie profonde de l'instrument ; une aiguille marque sur un cadran le diamètre obtenu.

THAtTEMENT DES URETHIUTES

pas de gonocoques, on injectera, après avoir fait uriner le malade, une solution de nitrate d'arg^ent à 1 pour 1,(>0Û. Le lendemain, on constatera soit une augmentation notable de 1 écoulement avec des gonocoques typiques, soit une diminution de la goutte, cas oîi le traitement d'épreuve devient un véritable traitement curateur. Souvent il est nécessaire de recommencer l'épreuve petïdant 2 ou 3 jours consécutifs, les gonocoques ne réaparaissant parfois qu*au bout de ce temps,

A la suite de ces recherches, on arrivera à distinguer les trois types d'uréthriies ; U. à gonocoque, U. à microbes vulgaires, U. sans microbes visibles, avec ou sans cellules.

Etat des parois du canal. ^ — L'examen des urines d'une miction séparée en deux verres (le premier jet dans un verre ^ le reste de Turine dans le deuxième) indiquera dans une certaine mesure le degré tf extension des lésions.

Un trouble général, ne disparaissant pas par Taddition de quelques gouttes diacide acétique \ indique des lésions difTuses et superficielles de Furèthre antérieur si le premier verre seul est trouble ; des deux urètlires, si les deux verres sont troubles, les sécrétions de Furèthre postérieur s'étant déversées dans la vessie. La présence de filaments dans le premier verre indique des lésions localisées. Pour savoir si elles occupent Furèthre antérieur ou le postérieur» il failli avant la miction, irriguer l'urèthre antérieur avec une petite sonde portée dans le cul-de-sac du bulbe, recueillir l'eau duhivage^ puis faire uriner le malade dans un verre. Si les filaments se trouvent dans Feau du lavage, c*est une uréthrite localisée antérieure; s*ils sont dans le verre d^urine; c'est une uréthrite postérieure* Les fdaments importants sont les filaments épais et lourds qui, chargés de pus, tombent au fond du verre.

Enfin, dans les cas de lésions localisées (urines claires avec filaments), il est important de faire le calhélénsme de turèthrefïxec une boule assez grosse, n" 22 ou 23, pour voir s'il n'existe pas de rétrécissement ou même simplement d'inégalités râpeuses, d'indurations de la paroi du canal.

Comme le méat est souvent trop étroit pour permettre Fintroduction de boules un peu volumineuses, il est nécessaire de F inciser sur sa paroi inférieure ou de recourir pour Fexploralion à un instrument spécial, tel que Furéthromètre d'Otis, que l'on introduit fermé jusqu'à la région membraneuse, que Fou ouvre à ce moment et qu'on ramène ensuite ouvert d'arrière en avant.

Traitement. — En possession de ces divers renseignements, on pourra traiter méthodiquement le malade.

Lavages. — Lors d'uréthrite chronique difTuse, le traitement de choix consiste en de grands lavages dont la composition varie suivant le résultat de Fexamen bactériologique de Fêcoulement :

* Ca»ï. on il est dû i» la pivi îpît.itioii di' ^ets.

TRAITEMENT DE'l'uRÉTHRITeTcHRONIQUE 8i

a) S'il y a des gonocoques, on donne la préférence au permanganate de potasse en solution de i pour 4.000 au début,puisen solutions de plus en plus concentrées, jusqu'à 1 pour l.OOO. Pour obtenir de ces lavages un bon résultat, il faut produire une sécrétion brune de l'urèthre et traiter les foyers para-uréthraux s*il y en a.

b) Si Técoulement contient des microbes banaux, le médicament par excellence est le sublimé à 1 pour 20.000.

c) Si, enfin, l'examen microscopique de l'écoulement n'a montré la présence d'aucun microbe, c'ost au nitrate d'argent, en solutions à litre variable do 1 pour 4.000 à l pour 1 .(XX), qu'on a recours.

Injections. — Dans ces derniers temps on est revenu à la méthode des injections. Mais pour faciliter leur action et la pénétration du liquidée travers Tépithélium uréthral qui, par le fait de l'inflammation, a souvent subi la transformation cornée, on a conseillé de prolonger le contact du liquide et de le maintenir dans le canal pendant 1 à 3 heures, en passant autour du gland une épaisse bande de coton hydrophile qu'on serre avec un fil de coton (Motz).

Instillations. — Lors duréthrite localisée, c'est la méthode des instillations qu'il faut employer; on utilisera principalement des solutions de nitrate d'argent, de 1 pour 100 à 5 pour 100, et on cherchera ù déterminer une réaction uréthrale caractérisée par un écoulement blanchâtre, mais ne devant jamais causer d'uréthrorragie.

DiL-\TATioN DU CANAL. — La coustatation d'un rétrécissement, fût-il large, ou même simplement d'une induration localisée du canal, indique les manœuvres de la dilatation ^ Pour les rétrécissements péniens, l'emploi du béniqué droit suffit, après débridement du méat si celui-ci est trop étroit ; au contraire, pour les rétrécissements de la portion bulbaire, il faut recourir soit aux béniqués courbes, soit aux dilatateurs spéciaux, tels que ceux d'Oberlander ou de KoUmann, dont la portion la plus large correspond h la région normalement la plus large de l'urèthre 2. On peut pratiquer avec avantage cette dilatation, même dans les cas où il existe encore quelques gonocoques dans l'écoulement, lorsqu'il s'est écoulé 4 à 5 mois depuis le début de l'uréthrite et qu'il n'existe ni douleur en urinant, ni trouble dans les urines. Le massage digital sur le béniqué aide à la résorption des produits inflammatoires.

Uréthroscopie. — Exceptionnellement, et dans des cas rebelles, on a recours à l'endoscopie uréthrale, qui permet, le cas échéant, de cautériser énergiquement un point suppurant, une granulation, etc.

* Le pai^sagc de quelques béniquc^s nous semble utile dans les cas rebelles, niOmc lorsqu'on ne constate pas l'existence de rélrécisaement. La compression (ju'on exerce ainsi sur les parois du c<'inal agit comme un adjuvant du traitement par les applications de liquide modificateur.

* Certains modèles de ces dilaUileurs permettent de faire en même temps que la dilatation Tirrigatign du canal (voir p. 4u)*

lieu* OFÉR*. — IIARTMAMX. 6

82 TRAITEMENT DES UHÉTIIRITES

C'est ea utilisant méthodiquement ces divers modes de traitement local et en les combinant à un traitement général bien dirigé * qu'on arrivera à guérir le plus grand nombre des uréthrites chroniques, même les plus rebelles en apparence.

* fie traitomcnt gc^néral n'est autre que Thygiène générale du blennorragique ( Voir plus haut, p. 78) combiné à Tadminislration de quelques balsamiques légers (benzuate de soude, térébenthine, goudron, Aâ 5 centigrammes pour 1 pilule, 9 pilules par jour : tisane â'uua ursi sucrée avec une cuillerée A café de : sirop de tolu, 3oo grammes, et benzoate de soude, lô grammes) ; à remploi des alcalins, si le malade est atteint de diathèse urique ; au valérianale d*ammoniaque (o/|0 à o,5o par jour;, s'il s'agit d'un névropathe ; à l'huile de foie de morue, s*il s'agit d'un lymphatique. Un changement d*air, une cure dans une stiition, sulfureuse ou saline, constituent aussi, dans certains cas, un adjuvant utile du traitement général.

CHAIMTRK 11

TIIAITEMKXT DES COUPS ÉTIt\:^GEIlS OE t UHlVl IlItE

SOMMAiUE

Salure variable des corps élmn^cr** — ExLriictioti \mr les voie?» naluri'lle!^ (|*t»liU moyens: extrcicliun de?? ;iii;utllef^, cIl'î* i^itingles, pince à pouî^seUc» turctte à b.jscute), — taille uréllinde-

Le Irailemeiit des corps étrangerii de rurèllire varie suivant leur siège et i^aivaijt leur nuture.

Nature du corpe étranger. — VA]e est très variïjblc, Aulrc^fiiis c étaîL souvent un calruJ arrèU' dans rurètlire à la su île d'uue lilhotritîe à séauces multiples : le €dleuï broy*"\ le malade devait eu piss^crles débris, et c'était souvent Tuii deux qui s arréUiit datis la traversée urêtlirale. De nos jours cette variété de corps étrangers est rare parce que Fun exécute la lithotritie en une seule séance; le broienierit du calcul et l'aspiraliou de ses débris se foui eu deux temps qui se succèdent immédiatement. Cependant, on peut ei.core observer un calcul urêlbral ehez un malade qui vient d'avoir une crise de coliques néphrétiques. La pierre est tombée dans la vessie, elle s'engage dans rurètlire et y demeure.

Plus souvent le corps étranger de rurètlire a été introduit accidentellement C*est un vieux prostatique peu soigneux qui se eathétérise avec une sonde altérée par Tusage ; un jour, le boni de son instrumeïit se rompt et rcijte dans le canal. Quelquefois c'est une portion de lujugie de mauvaise qualitéqni resie dans Turétlire. Le fait survient surtout (|uaud on pratique le cathétérisiik? à la suite, si Ton n'a pas pris la précaution de s'assurer que Tarmature de la bougie est solidement lixée.

A coté de cette série de corps étrangers accidentellement introduits dans

82 TRAITEMENT DES UKÉTIIKITES

C est en utilisant méthodiquement oes divers modes de traitement local et en les combinant à un traitement général bien dirigé ^ qu'on arrivera à guérir le plus grand nombre des uréthrites chroniques, même les plus rebelles en apparence.

* fie traitement général n'eslautre que l'hygiène générale du blennorragique( Voir plus haut. p. 78) combiné i\ l'administration de quelques balsamiques légers (benzoate de soude, térébenthine, goudron, ââ 5 centigrammes pour 1 pilule, 9 pilules par jour : tisane d*uua ursi sucrée avec une cuillerée à café de : sirop de tolu, 3oo grammes, et benzoate de soude, ir> grammes) ; t^ l'emploi des alcalins, si le malade est atteint de diathèse uricfuc ; au valérianate d'ammoniaque (0,40 à o,5o par jour), s'il s'agit d'un névropathe ; à l'huile de Toie de morue, s*il s'agit d'un lymphatique. Un changement d'air, une cure dans une station, suirureuse ou saline, constituent aussi, dans certains cas, un adjuvant utile du traitement général.

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