TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE PROSTATIQUE
bistouri, dont la pointe^ cachée dans une boulette de cire, est en outre limitée par quelques tours d'une bandelette de diachylon qui ne laisse libre qu'un centimètre et demi au voisinage de la pointe. Il Tinsinue le long de la face palmaire de l'index gauche qui déprime la demi-circonférence postérieure de l'anus jusqu'à ce que la pointe soit au contact de l'abcès. Relevant alors le manche du bistouri, que la pulpe de l'index gauche pousse et dirige, il ouvre l'abcès. On termine la petite opération par une irrigation rectale, sans chercher à explorer la cavité abcédée.
Les petits abcès, développés sur la face uréthrale de la glande, s'ouvrent en général d'eux-mêmes ou sont ouverts pendant le cathétérisme que nécessite la rétention d'urine, constante en pareil cas.
Lorsque la fièvre continue sans qu'on sente au toucher rectal un petit abcès limité ou lorsqu'il existe de la périprostatite, il ne faut pas hésiter à aller à la recherche de l'abcès par la périnéotomîe transversale ^.
Traitement de la prostatite chronique. — Le prostatite chronique, dont on a beaucoup exagéré l'importance, lui attribuant des symptômes qui souvent relevaient d*un état général neurasthénique, est justiciable du traitement de Turéthrite postérieure qui raccompagne et du massage de la glande fait ou non sur un béniqué. Quelques urologistes y adjoignent des séances d'électrisation faradique de la prostate *,
Avec le professeur Guyon, nous pensons que l'état nerveux prime tout chez un bon nombre de malades souffrant de prostatite chronique ou soidisant telle. Aussi les promenades au grand air, le séjour à la campagne, une vie régulière, une sorte de traitement moral seront des adjuvants considérables chez ces malades, qui, à une lésion locale sans grande importance, ajoutent l'expression bruyante de leur état névropathique.
§ 3. — Traitement de la tuberculose prostatique.
La tuberculose prostatique n'a encore été l'objet que d'un petit nombre de tentatives opératoires. Généralement associée, lorsqu'on est appelé à en constater l'existence à d'autres tuberculoses génitales ou urinaires, ne donnant lieu par elle-même qu'à peu ou pas de symptômes, clic n'est le plus souvent justiciable que du traitement général de la tuberculose. Si cependant il se développe à son niveau des abcès véritables, on est autorisé à en pfatiquer l'ouverture et le curetlage par la périnéotomie transversale.
* Voir plus haut, p. 182.
* Celle-ci se pratique avec un appareil spécial, qu'on applique contre la prostate par le rectum. On se sert de courants interrompus et Ton élcctrise successivement chacun des lobes. Le point important serait de réveiller la musculature de la prostate, les malades atteints de prostatite chronique n'en souffrant que si la musculature est insuffisante. (Porosz, Die Prostatitis und ihre Behandlung. Monalsber, f. Urologie, Berlin, 1908, p. 66.)