EXAMEN FONCTIONNEL DU REIN
de 5 centigrammes de matière colorante, le bleu commence à apparaître . dansTurine au bout d'une demi-heure, puis la teinte vert pâle du début devient plus foncée, et atteint son maximum d'intensité vers la troisième ou quatrième ' heure. Elle reste fixe pendant quelques heures, présentant alors une coloration vert foncé très nette, puis pâlit peu à peu pour disparaître au bout de 40 à 50 heures environ après l'injection.
Quelquefois le bleu s'élimine sous forme de dérivé inpolorç appelé chromogène ; il faut le rechercher dans les urines qui ont conservé leur couleur normale en les chauffant après addition d'acide acétique ; on voit alors appa- . raitre une teinte verte.
Dans les cas pathologiques, on peut remarquer : i® du retard dans Tapparition du bleu ; ^ une élimination se prolongeant au delà des délais normaux ; 3^ une élimination dissociée, retardée pour le bleu, et normale pour le chromogène ; 4® de l'intermittence dans Télimination du bleu.
CUycosnrie phloxidzique. — Achard nous a de même appris le parti qu'on poayait tirer, au point de vue diagnostic, de Tétude de la glycosurie, qui normahmcni suit V injection sous-cutanée de phloridzine,
Lorsqu*oa injecte sous la peau i centimètre cube d'une solution de phloridzine à i p. 100» soit 5 milligrammes de phloridzine, on voit au bout d'une demi-heure à une heure apparaître du sucre dans Turine ; cette élimination du sucre dure de 2 à 4 heures ^
Cette glycosurie peut^ par le fait de lésions rénales, être modifiée dans le moment de son apparition, dans sa durée et dans sa quantité.
Gryoscopie. — La cryoscopie des urines a été pratiquée et peut aussi servir à établir la valeur fonctionnelle des reins en montrant le nombre de molécules qu'ils élaborent*.
La cryoscopie du sang a été préconisée par Kûmmel. D'après lui^ lorsque le point A du sang est inférieur à 0,60 il existe, à coup sûr, des lésions bilaté* raies déterminant l'insuffisance rénale, ce que conteste Albarran, le A sanguin pouvant s'abaisser au-dessous de 0,60 dans les cas d'insuffisance respiratoire, dans le diabète, dans la colique néphrétique et même dans certaines tumeurs abdominales gênant la circulation du rein.
Insuffisance des examens portant sur l'urine vésicale. — Ces recherches, faites sur l'urine vésicale, mélange de l'urine des deux reins, ont
^ Il faut avoir soin de ne donner en même temps au malade aucun médicament, certaines substances (salicylate de soude, antipyrine, etc.) ayant une influence sur la glycosurie phloridzique.
s Nous renvoyons pour la technique de cette cryoscopie à Vieillard, De la cryoscopie des urines^ Paris, igoo, et à Desguamps (M.)f toc, cil, •
EXAMEX CHIRUnGICAL DU REIN
semblé suffisanles h quelques chirtirgiens. Se fondant sur ce que le rein malade fonclionne d'une manière insuffisante, Israël dit que, pour savoir qu'un des deux reins est bon, il suffit de constater que les iirînes présentent une composition qui ne s'éloigne pas beaucoup de la normale. Bazy se contente de répreuve du bleu et n'hésite pas à pratiquer la néphrectomie quand le bleu est éliminé normalement, s'abstenant, au contraire, lorsque Tépreuve du bleu est défavorable.
Certes en pratique, ces constatations sont utiles ' ; mais aujourd'hui qu'il est possible de recueillir isoiémenl turme provenant de chacun des deux reins, on doit, avant de se décider à une opération, recueillir simultanément et séparément les produits d'excrétion de chacun d'eux de manière à pouvoir les analyser et les comparer. On y arrive très facilement en pratiquant la séparaiion inlra-vésicale des urines.
Sêparatîozi inira-véslcale des urines. — Quelques tentatives de séparalion inlra-vésicale des urines avaient déjà été faites par E. Lambotte, par Neumann, par Harrîs lorsque nous avons commencé dans noire service l'étude de celle question ; mais [ces tentatives étaient restées à l'état isolé, et Ton continuait, pour obtenir séparément Turine de chacun des deux reins, à recourir au cûthétérisme de Turetère, manœuvre de spécialiste, qui, de plus, est loin d'être toujours innocente^. Depuis les publications de notre assistant M, Luys, la séparation inlra-vésicale des urines est généralement acceptée.
Ai^pABEiL DE LuYs. — Lc meilleur appareil pour pratiquer cette séparation est celui qu'a construit M. Gentile sur les indications de M. Luya.
Cet appareil se compose essentiellement de deux sondes métalliques creuses percées d'orifices à leur face interne. Entre ces deux sondes se trouve une pièce intermédiaire constituée par une lige métallique, dans la concavité de laquelle se trouve une petite scie à chaîne. Les trois pièces de rinslrumenl sont réunies entre elles à leurs deux extrémités : à Tune par le manche, à l'autre par un petit capuchon métallique, creusé intérieurement d'un pas de vis. La tige et la scie à chaîne sont contenues dans un manchon de caoutchouc, en forme de doigt de gant^. En manœuvrant un volant situé dans le manche de rinstrument, on peut tendre la scie à chaînei ce qui soulève le manchon de caoutchouc et détermine, par suite, Félévation entre les deux sondes d'une
1 Pas toujours copcndanl; chez une malade présentant des signes miinifestcs de luherculose rériaîe ttroile avec augmentation de volume, etc., réliminalion du bleu se faisait normalement. On aurait pu en conclure h rintiVgrité du rein gauche, or ce rein^ atrophié h un dp(j;rê extrême, n'avait plus aucune valeur fonctionnelle (Hartmann in Travaux de ehininfie Gnatomo-cïiniqite^ Parm. i9o3, l. I, p. lafi;.
* Pour riûstorique de cette question, consulter Hartmann et Luys^, La séparation des urines, in Travaux de chirurgie anaiomo-ctinîqiief Ibidem,
3 Oue Ton fait glisser très racilemenl sur la tige et (a chaîne en poudrant celleâ-ci avec du talc-