RÉSUMÉ
En résumé, et pour faire mieux comprendre encore les avantages de notre système, établissons que le budget du nouveau régime, celui de V organisation communale et centrale comprend 1° le budget de l'Etat proprement dit, 2" celui des départements, 3o celui des communes, et dispense en trës-grande partie, du budget que nous appelons indirect, et qui est, ainsi que nous l'avons dit , acquitté par la production^ par le im»;aj7 national , au profit de certains intermédiaires, de certains privilégiés.
Conformément aux détails déjà donnés, les trois budgets réunis de VEtat, des départements et des communes «'élèvent actuellement à la somme de. . 2,085, lis, 9i0 35
Budget des dépenses indirectes. . 2,000,000,000 »
Sur cette somme, nous diminuerons encore la fraction de 85,148,940 35
Et nous nous en tiendrons à la somme ronde de 4,000,000,000
Or, cette somme de 4 milliards rei»résente, pour la population de la France, évaluée à 36 millions d'âmes, une capitation annuelle et personnelle de 111 ir. 11 c.
D'une autre part , si l'on accepte l'évaluation généralement admise de la production agricole et industrielle de la France pour 8 milliards, on aura, par chaque tête d'habitant, un revenu de 222 fr. 22 c.
Si les revenus de la France représentent, pour chacun de ses habitants, 222 fr. 22 c., et que les frais généraux de la
société nationale s'élëvent à 111 fr. 11 c, il sera vrai de dire qu'en considérant tous les habitants de la France comme producteurs, chacun d'eux ne peut consommer que la moitié de ce qu'il produit. Il est vrai qu'il y en a d'autres qui consomment pour eux.
Le système que nous proposons a surtout pour objet de diminuer les frais généraux de la société. Il aura aussi pour résultat plus ou moins prochain d'augmenter la production nationale. Mais pour nous en tenir à la question d'économie, contentons-nous de mettre en présence du chiffre de k milliards celui de 999,169,971 fr., soit, en
nombre rond 1,000,000,000 »
auquel nous ajouterons la dette publique, telle quelle figure au budget rectifié de 184-9, moins l'amortissement, soit environ ^^00,000,000 »
Ajoutons à cette somme, pour dépenses du budget indirect, qui survivront à l'ancien système , parce ([u'elles sont encore dans les mœurs, telles que le casuel du clergé et autres articles 400,000,000 »
Nous arrivons à un total de. . . 1,800,000,000 » pour les frais généraux de la société française, c'est-à-dire à une dépense de 50 fr. par tête et par année. La production étant suppposée la même, il reste, pour la consommation de chacun, 172 fr. 22 c, ou 61 fr. 11 c. de plus que sous le régime actuel.
Si le ])euple, jusqu'ici gouverné, jugé, pressuré, exploité de raille manières, tenu dans l'ignorance, la misère et la sujétion, autant du moins qu'il a dépendu des oligarchies successivement régnantes, si le peuple trouve dans le sentiment profond qu'il a de la justice, dans son indélébile instinct de la vérité et de l'avenir, la volonté, l'énergie nécessaires [)ous user enfin d'une liberté successivement conquise par trois révolutions, nous avons exposé comment il
pouvait lui être donné de se diriger lui-même , de s'instruire, de s'administrer, de se juger, de s'enrichir et de se rendre irrésistiblement fort. Si, au contraire, il lui plaît encore d'avoir confiance dans ceux qui ne savent que copier l'ancien monde, alors qu'il retourne à ses maîtres : il a mérité le sort qui l'attend.
Nous conseillons au peuple d'user de la liberté qu'il a conquise. Est-ce à dire qu'il l'ait conservée et qu'il puisse en user effectivement? peut-être, car de toutes les entraves qui gênent ses mouvements, une seule est la cause ou l'occasion de toutes les autres : l'ignorance. Quand le peuple saura être libre, il suffira qu'il tem7/e, et tout obstacle disparaîtra de soi-même. Savoir être libre, c'est connaître les conditions de la liberté , c'est ne point incarner les principes dans des hommes, c'est se tenir prêt à créer des institutions, non des gouvernements. Si le peuple ne se trouve pas un jour dans ces dispositions , les révolutions, quelles qu'elles soient, ne porteront pour lui que des fruits amers, et le despotisme politique et religieux, un moment abattu, se relèvera plus fort que jamais.
Mais non , ce n'est pas sans raison que depuis trois siècles , et surtout depuis soixante années, qui ont été le résumé de cette ère d'efforts et de découvertes, l'humanité est entrée dans les voies d'une révolution (jui n'a poinl d'égale dans le passé. Nulle force au monde n'enchaînera l'impérissable démocratie; elle accomplira ses destinées!