COMITE DE L ALGERIE
Bien que nous désirions voir l'Algérie soumise au même régime que la France européenne , ce pays a trop besoin des soins et des secours de l'Etat , pour ne pas être placé sous la surveillance d'un comité spécial.
L'Algérie sera divisée comme la France en communescantons, qui s'administreront elles-mêmes et qui auront aussi leur préfet ou commissaire central. L'administration y sera organisée civilement , mais les habitants seront enrégimentés et divisés par bans , lesquels pourront être requis en cas de besoin pour marcher contre l'ennemi. Les
anciens soldats, aprbs leurs congés, seront pourvus do terres situées surtout du côté des frontières; ils seront pourvus, à titre d'avances , des instruments nécessaires à la culture et au défrichement; ils seront groupés, autant qae possible, dans des villages fortifiés. Ces colons, animés de l'esprit militaire , seront en Afrique les pionniers de la civilisation et formeront une espèce de cordon sanitaire qui séparera la France africaine des habitants plus ou moins hostiles de l'Afrique barbare.
L'armée active sera secondée dans ses opérations par les colons des frontières, et pourra s'appuyer très-utilement sur toute la population des villes et des villages organisée en garde nationale et susceptible, au l)esoin, d'être mobilisée.
Une pareille organisation donnerait aux établissements français , en Afrique, une sécurité égale à celle dont peut jouir le continent européen lui-même. Si, avec cela, les citoyens y jouissaient des mêmes droits civils et politiques et des mômes garanties de liberté qu'en France, nous ne doutons pas que ce pays ne devînt , en très-peu de temps , aussi fertile , aussi florissant et peut-être aussi peuplé que nos provinces du midi.
Le comité de l'Algérie aura à s'occuper de tout ce qui peut être favorable à la colonisation. Enfin , il centralisera entre ses mains les rapports de l'administration nationale avec les administrations locales, et représentera les intérêts africains vis-à-vis des comités spéciaux et vis-à-vis de l'assemblée.
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COMITÉ DE l'instruction PUBLIQUE.
Voici un des comités les plus importants de notre assemblée. Ceux qui ont lu le chapitre que nous avons consacré à l'enseignement connaissent déjà ses attributions.
Il a la direction suprême de l'enseignement dans ses
diverses branches et dans toute l'étendue de la République. Mais, grâce au régime de liberté et grâce au concours actif des assemblées communales, le comité de l'instruction publique n'aura guère à exercer qu'une surveillance générale, rendue facile par la présence des préfets cantonaux.
Le comité de l'instruction publique aura à ordonnancer toutes les dépenses d'enseignement qui sont à la charge de l'Etat. Ces dépenses appartiennent toutes aux catégories qui suivent :
1" Les salaires des professeurs ;
2" Secours aux communes trop pauvres pour pourvoir aux frais d'internement de leurs enfants :
3^' Frais de voyage des professeurs examinateurs chargés de désigner les élèves dignes d'être admis dans les écoles spéciales aux frais de la République.