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BUREAU DE L ASSEMBLEE

Le système que nous venons d'indiquer pour la division du travail ne serait pas complet si nous n'y ajoutions un organe propre à unir cl à centraliser les efforts de nos

divers comités. Cet organe, ce sera le bureau de rassemblée.

Le bureau de l'assemblée composé du président, des vice-présidents, des scrutateurs et des secrétaires, ces derniers au nombre de douze au moins, sera chargé de recevoir les communications des comités pour l'assemblée et réciproquement ;

Il transmettra soit aux comités, soit au dehors les décisions de l'assemblée nationale;

Il aura dans son ressort la direction du Moniteur universel et celle de la télégrapliio ;

Il est seul chargé de la promulgation des lois et de la publication des décrets de l'assemblé»! nationale. "Vj<, Le iîureau de l'assemblée sera renouvch' Ions les mois

par vote général et au scrutin secret.

Les membres du binx-au sont constanimont réel lui blés.

On le voit, dans notre système, l'administration centrale de la France est tout entière dans soji assemblée nationale.

En appliquant à celte assemblée le pi'iucipe do la division du travail , nous utiUsons au profit du i)ays tout entier les connaissances spéciales, les talents, les facultés des députés du peuple.

Aujourd'hui , au contraire , à quoi servent la science et le talent de vos représentants? A quoi vous servent les savants, les artistes, les industriels, les agronomes, les administrateurs que vous avez dans votre assendjlée?

Les Ibnctions de vos représentants sont telles qu'une seule science leur est utile, celle de l'intrigue, un seul talent leur est nécessaire , celui de l'avocat, celui du sophiste et du rhéteur, l'art oratoire. ])ris dans le plus mauvais sens du mot.

Quant à ceux qui sont inhabiles à manier la parole, qui (raignentla tribune on ipii ne savent j)as se tliire écouter.

ils se traînent inutiles et désœuvrés, ennuyés d'eux-mêmes et de leur mandai , de leurs bureaux à leurs bancs et de leurs bancs à leurs bureaux , et ne trouvent à sortir de leur torpeur et de leur inaction qu'en se mêlant aux roueries des coulisses parlementaires , aux agitations des partis et en épousant les passions plus ou moins légitimes des coteries politiques qui divisent le paj-s et l'assemblée.

Mais si l'on se représente une assemblée nationale qui ne soit plus , comme par le passé , occupée uniquement à légiférer et à gouverner, mais tenue d'administrer le pays, la question va changer complètement d'aspect.

Il faut dès-lors accepter la division de cette assemblée en comités et en sous-comités correspondant aux divers besoins de l'activité nationale.

Grâce à cette division , multiple comme les facultés humaines , toutes les spécialités trouvent leur emploi, toutes les supériorités prennent la place qui leur est due.

Les militaires peupleront le comité de la force publique, les marins celui de la marine , les industriels celui du commerce, les agronomes , les cultivateurs celui de l'agriculture, tandis que les économistes et les comptalMcs, utiles partout , se porteront plus particulièrement dans les comités des finances, des assurances , de la statistique et de la comptabilité générale. Les ingénieurs, les métallurgistes rempliront le comité des travaux publics et celui des mines; les diplomates rechercheront la conduite des affaires extérieures; enfin, les jurisconsuUes et les avocats eux-mêmes trouveront dans les deux comités de législation et de justice l'emploi de leur savoir et de leurs facultés. Ainsi , il n'y aura dans le sein de l'assemblée aucune capacité qui ne puisse l'cndre des services au pays dans la mesure de ses forces , aucun instrument qui ne puisse faire sa jiarlic dans le concert et concourir utilement à rhaniionie générale.

Une organisation semblable doit être aussi avantageuse au i)euple qu'agréable à ses représentants. Ceux-ci seront ainsi mis à même de gagner l'argent qu on leur donne et le peuple pourra enfin en connaissance de cause juger ses

adminisfrntours et rendre réelle la responsabilité qui lie le mandataire au mandant.

Nous arrêterons ici notre discussion sur l'organisation de l'Etat. Les articles du projet suppléeront peut-être aux obscurités et aux nombreuses lacunes qu'on a pu y remarquer et que l'étroitessede notre cadre ne nous a pas permis de combler. Ce que nous avons dit doit suffire cependant pour permettre d'embrasser d'un coup-d'œil l'ensemble du système. Ce système peut se résumer ainsi :

A la base comme principe : Souveraimté individuelle et

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