‹ Organisation communale et centrale de la républiqueChapitre 86 sur 106 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Budget.

Dès le début de cet ouvrage, nous avions conçu la pensée tle dresser un budget complet et régulier de l'organisation communale et centrale de la République. Un tableau succinct des services, une récapitulation des fonctions et des traitements ne peuvent manquer de jeter une vive lumière sur notre plan, et de supj)léer aux détails et aux divers développements que nous avons omis. D'ailleurs, nous accompagnerons ce budget de nombreuses notes explicatives.

Mais là n'est point la seule raison qui nous détermine.

îSous croyons sincèrement que beaucoup de nos lecteurs auront été frappés du caractère démocratique pratique de notre projet , mais aussi de son immensité. A'ous ne serons pas traités d'utopistes, mais on nous dira : « Les ressources de la Ré|)ublique ne pourront de longtemps suffire à la réalisation de votre plan, ou bien vous serez obligé de vous appuyer sur cet axiome qui a cours en bon lieu, mais (|ui n'est pas du goût du peuple : Vn budget nesC jamais trop gros quand les dépenses fonl Lien dirigées^ ou sur celuici qui est plus fort : Si le budget comprenait la totalité des recettes et des dépenses des citoyens, et s'il était avec cela bien ordonné ce serait la meilleure organisation des finances. »

Cette manière de voir est opposée aux principesque nous

nvons posf^s. Nous croyons qu'il existe et qu'il doit exister un ordre de dépenses communes et un ordre de dépenses privées. Les dépenses communes sont destinées à subvenir aux frais de l'administration des choses sociales; les autres regardent les citoyens, et plus ces dernières seront étendues, pourvu que les besoins publics n'en souffrent pas, plus la nation sera riche.

Maintenant il est très-vrai que nous avons étendu le ressort des choses sociales ; nous avons créé des administrations qui n'existent pas aujourd'hui ; nous avons institué deux mille assemblées communales dont les membres reçoivent une indemnité , établi deux mille préfets , six mille juges communaux, sans parler des autres et nous avons voulu que nos jurés fussent indemnisés. Nous avons fondé l'administration de la publicité et celle de la statistique, et donné à chaque commune une banque et un bureau d'assurances j nous avons mis l'instruction à la ])ortée de tous sans exception; nous avons reconnu le droit au travail et à l'assistance publique , ce qui pratiquement se traduit par une dépense énorme , et , pour en finir nous avons institué une sorte d'école militaire comprenant la totalité de la jeunesse française. 11 nest pas un service utile aujourd'hui que nous n'ayons conservé , pas une dépense nécessaire qu'on puisse nous reprocher d'avoir supprimée. Eh bien, le budget complet que nous présentons opère une réduction énorme sur le budget de la monarchie conservé par la Républi(iue de 1848. Nous réservions cet étonnement à nos lecteurs.

L'étonnement sera grand surtout pour ceux qui, prenant comme donnée l'administration actuelle, ont essayé de mettre son liudget au régime des réductions, et ne sont parvenus qu'à d'insignifiantes économies. Mais nous, nous avons tout jeté bas, tout reconstruit. Le monument grandiose par lequel nous remplaçons l'édifice déjà vermoulu de radministration impériale, nous coûte moins que ne coûte la conservation de cette ruine encore trop vénérée. L'unique lixplicalion de ce i-ésullat est celle-ci : il n'y a que le vrai , que le bon , qui' 1»' naturel en toutes choses cpii soicnl économiijues.

Afin qu'on puisse jugej^ notre œuvre sans quitter ces pages, nous allons produire, en regard de notre budget , le budget actuel religieusement reproduit. Puis nous comparerons.

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