L'ALLEMAGNE DISCIPLINÉE ET HIERARCHISÉE
Deux principes dominent la vie politique et économique allemande, tels que la définissent les axiomes du III Reich: la notion de responsabilité personnelle, qui a comme corollaire celle d'autorité du chef, le «Führerprinzip » et, d’autre part, l’ordre hiérarchique et pyramidal dans lequel s’intégrent, dans une harmonie parfaite, toutes les forces de l'Etat.
Ces deux idéaux ne sont d’ailleurs nullement contradictoires mais, au contraire, se prêtent, semble-t-il, un mutuel soutien. Il n’est pas de responsabilité personnelle qui puisse être absolue, car l’autorité qu’elle confère ne tarderait pas à devenir tyrannique et anarchique. Mais à l'inverse, aucune hiérarchie, aucune discipline, ne sauraient avoir de prise sur une multitude d’irresponsables. Elles ne peuvent s'exercer qu’en déléguant à chaque échelon une parcelle d'autorité.
La crise allemande d’après la grande guerre s’est révélée principalement une crise de responsabilité et d'autorité. Mouvement jeune et révolutionnaire, le nazisme a compris cette faiblesse et inscrit en lettres de feu la nécessité de l’ordre et la puissance active du responsable.
Toute l’organisation allemande tient dans ces deux axiomes, dont il a été fait un usage constant et répété, dans toutes les branches de l’activité nationale, politique, économique, sociale: et culturelle. |
En même temps que se restaurait la puissance militaire, l’'économie s’organisait pour vivre sur elle-même, grâce à une discipline stricte des ressources nationales et des débouchés épaulés par une politique systématique des produits de remplacement et la constitution de stocks nationaux. Au point de vue social, un grand effort est consacré particulièrement à l'aménagement des conditions de travail autour de la cellule première : l’entreprise, et sous l’autorité de son chef responsable.
Sur le plan politique, le pouvoir est aux mains d’un seul, le Führer, le chef, lui aussi responsable et seul responsable, qui
s'appuie sur le parti National Socialiste, organe de discipline et d'ordre hiérarchique dont l'influence s'étend à toutes les manifestations de la vie nationale. En Italie, le parti fasciste est représenté, en tant que personnalité, au sein de toutes les organisations de Droit Public. En Allemagne, ces mêmes organismes s'intégrent dans le parti national socialiste singulièrement dans son couronnement social, culturel et économique : «Le Front du Travail >» - « Arbeitsfront ».
L’emblème du parti est devenu le drapeau renal Il ne s’agit plus de Nation «intégralement réalisée dans l'Etat fasciste », comme le précise l’article 1° de la Charte du Travail italienne. Le parti national socialiste c’est l'Etat. Son chef est la seule puissance suprême de l'Etat et les leviers de commande sont entre les seules mains des principaux membres du parti. Cet aspect, appuyé sur les deux principes énoncés plus haut, commande toute l’organisation économique de la nouvelle Allemagne.