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QUESTIONS ECONOMIQUES

Assemblée du 11 juin 1934 :

« Dans le désastre du commerce universel, dans la ruine des

anciennes tribus, qui vivaient sur elles-mêmes et ne communiquaient les unes avec les autres que par le pillage, notre industrie est demeurée comme un témoin de l’époque des échanges, et comme une promesse d’un meilleur avenir. La liaison qu’elle établit par dessus les frontières, malgré la cascade des monnaies, en partageant dans tous les pays les sinistres qu’elle a charge de réparer, servira peut-être un jour à faciliter une reprise du commerce comme elle maintient, dès aujourd’hui, ces relations personnelles qui peuvent tant pour éviter les mésententes inutiles. Qu'on ne nous dise point que c’est là une conception inspirée d’on ne sait quel internationalisme, dont les uns critiqueraient le penchant et les autres les manifestations pratiques. Nous avons eu le plaisir, tout récemment, d’en retrouver l’expression dans un grand pays latin, dont nul ne peut nier l'esprit national, et où les chefs de la politique la plus autonome qui soit et ceux de l'Eglise la plus universelle du monde se sont accordés à nous dire qu’en préservant, dans notre activité professionnelle, un esprit de communauté entre les peuples, nous remplissons un rôle qui ne manque pas d’une certaine grandeur. Au risque de provoquer l'ironie des habitués de la manœuvre quotidienne, nous restons attachés à un certain idéalisme, et nous pensons que la mission de la France est de tenir son rang dans le monde plutôt que de s’enfermer dans ses frontières pour ignorer le reste des hommes. »

Assemblée du 13 mai 1935 :

« Pour vous, Messieurs, qui avez la lourde responsabilité de la conduite de vos Compagnies, vous avez certainement mesuré toutes les difficultés présentes et à venir. Vous ne vous êtes certainement pas arrêtés outre mesure au fait que les résultats de l’année écoulée sont moins mauvais qu’on aurait pu le craindre. Vous pensez certainement que les luttes excessives de tarifs, sur un marché qui se restreint chaque jour, en vue de maintenir le chiffre d’affaires à un niveau forcément artificiel, constituent une politique dangereuse, génératrice de pertes ultérieures et destructrice des réserves sagement accumulées dans le passé. Vous êtes convaincus, plus que jamais, que le maintien et l'accroissement de ces réserves est d’élémentaire prudence, pour permettre à vos Sociétés de traverser les événements incertains qui nous menacent, en attendant les temps

< meilleurs dont nous espérons tous la venue avec confiance. »

Nous avons transcrits de larges extraits de ces rapports, estimant que mieux que les explications les plus longues, ils montreraient l’activité incessante dont a fait preuve, dans tous les domaines, la Fédération Française des Sociétés d'Assurance. Ce n'est pas là le fait d’un organisme mort, dont l'existence serait fictive. Mais cette œuvre, purement privée, ne pouvait être qu’incomplète et partiellement inefficace. Elle risquait de se heurter, à l'incompréhension ou au mauvais vouloir quand elle ñne rencontrait pas l’hostilité. D’autre part, l'énergie déployée par ce groupement dans la défense des intérêts de ses membres ne tenait pas toujours suffisamment compte des nécessités du bien public. La notion de solidarité nationale échappait souvent aux représentants trop attentifs des seuls avantages des Compagnies associées. Des plaintes, souvent répétées et parfois acerbes, se joignaient à divers moyens de pression pour tenter d'échapper aux charges de plus en plus lourdes imposées par le maintien de la communauté nationale. Esprit général d’égoïsme et d’auto-défense qui régnait . alors en France, où chaque groupement d'intérêts particuliers tentait de toutes ses forces d'obtenir le maximum d'avantages en évitant dans la mesure du possible les obligations correspondantes.

Il est vrai de dire que l’industrie de l'assurance a souffert, elle aussi, des difficultés et de la crise économique des dernières années d'avant la guerre. Quoi qu’il en soit, la notion de solidarité professionnelle était manifeste et vive : nous aurons l'occasion d’en découvrir les raisons.

B. — LES GROUPEMENTS A CARACTÈRE CORPORATIF AUTRES QUE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE

Nous avons fait une place particulière à la Fédération Française en raison de son caractère représentatif et de son influence économique importante.

Mais elle n’est pas le seul groupement organisé dans le cadre de la profession. Ils sont nombreux, représentant toutes les tendances et intéressant toutes les catégories d'employeurs et de travailleurs de l’assurance. Les uns, fondés sur une notion de progrès technique ou de développement des moyens d'assurance, ont été, à ce titre, absorbés par:.des sections correspondantes de la Fédé-

ration Française. e

D’autres intéressent les Compagnies étrangères exerçant en — France, ou les Compagnies françaises opérant à l'étranger ou dans la province lyonnaise.

Tellés sont les organisations de caractère patronal ou économique.

Les agents, inspecteurs et employés d'assurance, possèdent également leurs associations réalisées, soit dans le cadre de l’activité de certaines Compagnies importantes, soit pour l’ensemble de la profession. Les courtiers ont leurs Comités. .

Nous citons ici, à titre purement indicatif et sous les réserves précédemment formulées, les grandes Confédérations d'employés et d'ouvriers dont les adhérents comprenaient, parmi toutes les

‘autres professions, des ressortissants de l'assurance : C.G.T., CE TC S,P:F"

Il existé enfin des organismes à but confessionnel, artistique, sportif où social. Nous insisterons, pour terminer cette énumération, sur « l’Association Générale des Sociétés d’Assurances contre les Accidents », dont l’organisation particulière et le rôle important retiennent l'attention.

a) Groupements économiques ou techniques intégrés dans les diverses branches de la Fédération

— « L'Union Syndicale des Sociétés Anonymes d'Assurance à prime fixe » a donné naissance au « Groupement des Sociétés par Actions ».

— De l’« Assemblée plénière des Compagnies d’Assurances contre l’Incendie » est né le « Groupement Technique Incendie » de la Fédération.

— L’« Association Générale des Sociétés d’Assurances contre jes Accidents » a formé, avec la « Réunion des Assurances contre les Accidents du Travail », le Groupement « Accident » de la Fédération.

— « La Réunion des Compagnies d’Assurances sur la Vie » et le « Groupement des Sociétés de Capitalisation », « le Comité des Assureurs Maritimes » et « le Syndicat des Compagnies Françaises de Réassurances » sont à l’origine des « Groupements Techniques Vie, Capitalisation, Assurances Maritimes et Transports, Réassurances », au sein de la Fédération.

— De la « Réunion des Sociétés d’Assurances à forme Mutuelle

de France » est issu, de même, le groupement « Sociétés à forme Mutuelle » créé au sein de la Fédération.

I1 paraît superflu de s'étendre sur le but de ces associations et des nouveaux groupements qu’ils ont formés. Leur titre suffit à les désigner. }

Le travail accompli à la fin de 1936, lors de l’organisation corporative de la Fédération, a consisté principalement à grouper sous la seule autorité de la Fédération, dans un organisme unifié, hiérarchisé, des activités éparses dont les efforts pouvaient se contrarier ou créer d’inutiles répétitions. La multiplicité se trouvait ainsi coordonnée. Mais l’œuvre n’a pas su ou pu être complète et ce que les tentatives de 1936 n’ont pas entrepris, la législation nouvelle saura certainement le réaliser.

b) Il subsiste donc des groupements à caractère économique qui ne sont pas intégrés dans la Fédération : ce sont particulièrement ceux qui intéressent l'exercice de l’Assurance en France par les Sociétés étrangères : « Syndicat des Compagnies Etrangères d’Assurances contre les Accidents et les Risques divers », « Syndicat des Compagnies étrangères d'assurances et de réassurances contre l’'Incendie opérant en France », « Syndicat des Compagnies étrangères d'assurances sur la Vie », et, à l'inverse, les groupements d'assurances françaises opérant à l'étranger et aux Colonies « Syndicat des Compagnies françaises d’Assurances contre l’Incendie réalisant à l'étranger des opérations d’Assurances et de Réassurances », « Syndicat des Compagnies Françaises d’Assurances pratiquant à l'étranger et dans les colonies des opérations d'assurances contre les Accidents », dans la mesure où ce dernier groupement ne participe pas aux opérations de la Section étrangère du Groupement technique « Accident » de la Fédération, « L'Union Syndicale des Compagnies étrangères d'assurance opérant en France » étudie l’ensemble des questions pouvant intéresser les trois groupements précédemment mentionnés.

I1 existe enfin « un Syndicat Lyonnais des Assurances » dont le but est l’étude des questions techniques intéressant les membres et leur représentation, soit auprès des Pouvoirs publics, soit devant les Tribunaux.

c) Groupements divers d'employés

Les principales Compagnies d'assurances sont le cadre des « Amicales » groupant les unes les agents généraux, les autres les ins-

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