PREMIÈRE PARTIE
Les expériences étrangères
Nous avons vu que le débat ouvert entre les différents théoriciens du corporatisme portait principalement sur le rôle et l’autorité de l'Etat dans les relations professionnelles. Pour les uns, le Corporatisme ne peut être que l’organisation des métiers voulue et dirigée par leurs propres membres et due à leur initiative. L’organisation corporative est une création spontanée exprimant la volonté des travailleurs : c’est « le corporatisme d'association ». Pour d’autres, toute autorité ne venant que d’en haut, l'Etat a seul le droit de créer les corporations et en conserve seul la direction ou tout au moins le contrôle : c’est « le corporatisme d'Etat ». D'un précepte à l’autre, les nations qui se sont donné une législation corporative, plus ou moins complète, s’échelonnent selon leur évolution et les poussées de leur génie. Après avoir, en quelques mots, effleuré le statut des Pays Anglo-Saxons, réfractaires à tout système corporatif, nous indiquerons certaines tendances de la Confédération Helvétique. Nous serons plus précis en ce qui concerne l’Autriche de 1934, dont la constitution n’a d’ailleurs pas vécu. Mais nous insisterons d’une façon toute particulière sur trois pays qui représentent, réalisé dans les faits, un aspect différent de ce problème : le Portugal, le moins autoritaire dans son esprit, l'Italie, plus évoluée et plus stricte, et l’Allemagne, disciplinée et hiérarchisée.