XIV PRÉFACE
dépendance de l'homme envers son Créateur qiren établissant une classification bien nette des charges inhérentes à l'existence humaine.
Je m'estimerai fort heureux si jai pu, dans le cours de cet ouvrage, contribuer en quelque chose à démontrer combien il est absurde d'ajouter des restrictions artificielles aux contraintes inévitables que la nature nous impose. Car, tandis que les nécessités que comporte la nature de notre être deviennent, puisqu'on peut y satisfaire ou les alléger, la source d'émotions agréables, ces restrictions artificielles que les hommes font peser sur leurs semblables n'engendrent qu'obstacles à toutes nos joies, entraves à toute utilité.
La somme des richesses (dans le sens le plus étendu de ce mot qui s'applique à la fois à la masse des jouissances intellectuelles et physiques) qui, par le vœu de la nature, peut être mise à la disposition de l'homme, n'a pu encore être déterminée dans toute son amplitude; ce que nous pouvons en savoir aujourd'hui, c'est que les efforts du progrès se dirigent vers les moyens d'arriver le plus rapidement possible à un affranchissement suffisant des nécessités matérielles pour qu'il soit permis à la pensée humaine de s'élancer en toute sécurité vers les champs immenses des perfectionnements intellectuels; jusqu'à ce que le temps arrive où les progrès immatériels puissent seuls être jugés dignes d'attention.
Pendant longtemps, l'élude des principes qui seuls donnent la clef des spéculations politiques et commerciales rationnelles a été négligée également parles deux classes de la société (jui pourtant avaient le plus d'intérêt à s'y livrer. I>e|iuis (pic la première édition de ce livre a paru, le monde [)olitique anglais est arrivé à reconnaître (jue les notions normales de la science écono-