‹ Organisation de l'Orientation ProfessionnelleChapitre 65 sur 98 · Jbid · texte numérisé non relu

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versités qui s'occupent d'orientation, de psychologie ou de sociologie.

A Philadelphie, par exemple, deux séries de publications paraissent régulièrement : de petites monographies de cinq ou six pages, donnant des informations résumées sur les professions, dont la description complète est gardée à l'office de placement des jeunes gens ; et des bulletins de quarante à cinquante pages, destinés spécialement aux professeurs des écoles supérieures et des écoles complémentaires. Ces publications sont préparées par des conseillers de vocation, par les élèves les plus avancés de la Wharton school of finance, par des étudiants de l’université de Pensylvanie, et par le secrétariat de la White Williams foundation, en collaboration avec le bureau d'instruction obligatoire de l'office de placement des jeunes gens.

Dans d’autres centres, notamment à Harvard, à Tulane et dans les Etats de l’Indiana et du Michigan, ce sont les professeurs d'université qui dirigent et publient les études de ce genre. Enfin, en Californie, à Chicago, à Cincinnati, et à Cleveland, leur préparation est confiée à des techniciens.

Au total, un effort considérable a été fait pour établir une documentation précise et concrète sur les différentes professions. On peut diviser ces monographies en trois catégories :

1° Publications s'adressant aux instituteurs et professeurs.

20 Publications à l’usage des conseillers de vocation.

3° Publications destinées aux jeunes gens en quête d'emploi.

. Les premières ont pour but de procurer aux institu-

ieurs et professeurs, surtout à ceux qui sont chargés des classes supérieures de l’école publique, ou enseignent dans les cours complémentaires, le moyen d'adapter leur enseignement aux nécessités de la future vie professionnelle des élèves.

Les deuxièmes doivent aider les conseillers de vocation dans leur œuvre de placement, en leur permettant d’aiguiller les jeunes gens vers les professions qui leur conviennent le mieux. Les dernières sont faites pour aider les élèves, au cours de leurs études scolaires, dans le choix d’un métier !.

Miss May Rogers Lane ? considère que « l’utilisation des monographies restera un problème difficile pour les instituteurs et les conseillers, tant qu’ils n’auront pas acquis une formation suffisante et des relations industrielles plus étendues ».

Parmi les mieux documentés, on peut citer le Memorandum for report on job analysis and working conditions, publié à Chicago. Cette étude comporte deux parties. La première traite des « occasions de formation et d'avancement professionnels et des conditions matérielles à l’atelier » ; la deuxième est une analyse des métiers, traitant des tâches, des matériaux et de l'outillage, des aptitudes, de la fatigue et des risques professionnels.

Quant aux monographies professionnelles destinées aux jeunes gens, elles ne contiennent le plus souvent que des renseignements sommaires ?, On leur attribue cependant une grande valeur pédagogique, car elles donnent

i. C’est une des manifestations de la confiance que les Américains accordent au jugement de l'adolescent.

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3. La Revue Internationale du Travail cite comme exemple une brochure

publiée à Détroit qui traite de cinquante-neuf occupations en cinquantehuit pages. |

une vue d'ensemble du champ des professions, utile à connaître avant les études plus approfondies, ou l’entrée en relation avec les conseillers de vocation.

Pour toutes ces études, les méthodes employées à la centralisation des renseignements sont identiques : le technicien, le conseiller de vocation, l’agent de placement, et l’universitaire vont faire des enquêtes sur place, dans les ateliers et les usines. La documentation livres que joue un rôle minime dans leur élaboration ; on n’a recours à elle que pour la rédaction du rapport final, car « les choses vitales que l’on a besoin de connaître n’ont pas encore été décrites dans les livres? ».

Pour certains, les monographies doivent encore être améliorées, suivant les principes suivants

« 1° Nécessité de faire prévaloir, dans les monographies, les fins éducatives sur les buts de publicité, de recrutement de main-d'œuvre, ou d’intérêt commercial ;

» 2° Nécessité de cours spéciaux réservés aux instituteurs appelés à utiliser les monographies professionnelles ;

» 3° Nécessité de cours spéciaux sur un plan commun de recherches, pour les personnes chargées\de Pélaboration desdites monographies ;

» 4° Nécessité de rechercher et de fixer les principes capables de présider à une sélection professionnelle ?. »

Jl y à un homme, en France, qui a mis en l'enfant une

1. R. I. T., janvier 1926, p. 70. Voir ci-dessous en appendice p. 192 un plan général dressé à Philadelphie, pour la publication de monographies, qui résume les conceptions américaines en cette matière; et, à la suite, ie programme d’un concours de monographies institué en France en juillet 1921. 2. Miss May Rogers Lane, citée par À. I. T., janvier 1926, p. 70. Voir aussi M. Franklyn Meine, Job analysis for employment purposes. The annals of the American Academy of political and social science, novembre 1922, p. 22 sqq.

confiance toute américaine, c’est M. Mauvezin. Comparant l’adolescent, sur le point de choisir sa vocation, à un navire environné de brouillards et cherchant sa direction. il a voulu lui donner une Rose des métiers, comme on donne au navire une Rose des vents, et il a composé un recueil de monographies professionnelles à l’usage des enfants. D'abord restreinte aux professions manuelles de la région bordelaise, la rose des métiers s’est rapidement élargie. De onze séries de métiers, on est passé à dix-sept ou dix-huit, pour englober finalement presque toutes les professions qui réclament un apprentissage deux cent cinquante métiers v font l’objet d’une monographie :.

Les métiers sont groupés d’après leurs affinités. A chaque profession une page est consacrée, où sont mentionnées les aptitudes nécessaires, aptitudes physiques. physiologiques et psychologiques, connaissances scolaires, etc. Le tableau est complété par des indications sur l’âge et la durée de l’apprentissage, et l'aptitude éventuelle des femmes.

Ces monographies ont pour complément indispensable un long questionnaire, “établi sur le même plan, qui est remis aux enfants avec la rose des métiers. Ceux-ci ouvrent leur volume et lisent à la première page

« Le futur débutant lira avec la plus grande attention, à plusieurs reprises, le questionnaire suivant, et réfléchira pendant plusieurs jours aux questions posées. Il étudiera ensuite longuement la rose des métiers, et recherchera, parmi les diverses monographies, celle cor-

respondant au métier qui semble le mieux lui corvenir.

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