R. I. T., janvier 1926, p
tude de prudence qu’exprime le vœu du congrès de Toulouse à ce sujet :
« 3° … Le congrès, après avoir étudié l’importante question des tests, émet le vœu qu'il est hautement désirable de voir l'étude et expérimentation des tests poursuivie dans les laboratoires de psychologie expérimen: tale, sous la direction et le contrôle des savants qui dirigent ces laboratoires !.
» Mais il est convaincu que, dans l’état actuel, et les possibilités indéfinies du progrès scientifique étant réservées, le transfert des tests dans la pratique de l’orientation professionnelle ne saurait être recommandé, comme pouvant offrir des méthodes d’investigations psychologiques usuelles, et exige, en toute hypothèse, même lorsqu'on ne fait usage des tests qu’à titre auxiliaire et de contrôle, un maniement très compétent et très circonspect, qui ne peut appartenir qu’à des spécialistes particulièrement avertis ;
» Le congrès estime que ces observations s'appliquent un degré tout particulier aux tests d'aptitude, et aux tests psychologiques, destinés à déceler la valeur des fonctions mentales et le caractère, une distinction pouvant être admise «entre les tests de cet ordre, et les tests plus faciles à interpréter, s'appliquant aux organes sensoriels et aux fonctions motrices ?. »
Ce vœu est complété par la résolution suivante du même congrès : … « 3. Les services d'orientation devront
1. On peut rapprocher de ce vœu, celui de la conférence de Baréelone : « La conférence émet le vœu que les pouvoirs publics subventionnent des laboratoires en vue de la standardisation des tests d'aptitude professionnelle,et que les résultats des recherches des laboratoires des différents pays soient réunis et confrontés par les soins de la conférence ». R, 7, T., janvier 122 0 12%
2, Compte rendu du congrès de Toulouse, p. 104.
se tenir au courant &es études théoriques qui se poursuivent sur la difficile question de l'orientation, et ils devront adopter tous les perfectionnements qui seront apportés aux méthodes techniques actueïles. »
On a reproché aux examens psychotechniques de mesurer surtout l'intelligence générale, le niveau des sujets, qui intéresse beaucoup moins l'orientation que les aptitudes particulières. « Les niveaux d'intelligence des différentes occupations présentent de telles analogies, et peuvent osciller avec une telle amplitude dans chaque profession, qu'il est impossible de faire de l'intelligence le critère de la réussite dans un emploi donné. Tout ce que nous pouvons dire sur un individu, c'est que son intelligence le qualifie pour un grand nombre d’occupations, qui peuvent aller de celle du savetier à celle de l’ingénieur-mécanicien. Mais nous ne pouvons pas dire que l'intelligence générale d’un homme le qualifie pour telle occupation spéciale’. » Dans le même sens, M. Arthur S. Otis ayant examiné quatre cents ouvriers de lPindustrie textile, déclare n'avoir pu établir chez eux aucune corrélation entre l'intelligence et le succès professionnel ?.
D'ailleurs, la plupart des tests ont été établis en vue de la connaissance de l'enfant en général, surtout pour étudier les phases de son développement, par des chercheurs qui ne songeaient pas à leur application possible à l'orientation professionnelle. C’est pourquoi « il n'existe presque pas de tests qui se soient révélés utiles
1. Henry C. Link, Psychological tests in industry. The annals of American Academy of political and social science, novembre 1923, p. 32. 2. Arthur S. Otis, The selection of Mill workers by mental tests. Journal of
applied psychology, décembre 1920, p, 339-341.
Ro
à l’orientation professionnelle ». Au surplus, il n’y a pas d'informations suffisantes et précises sur les exigences psychologiques des différentes professions ?.
Ces jugements pessimistes paraissent avoir été inspirés aux Américains par quelques désillusions succédant à un grand enthousiasme. L'office de placement des jeunes gens à Pittsburg, par exemple, qui avait inauguré en 1920 Pemploi des tests psychologiques, dut « constater, après quelques mois, que malgré des résultats satisfaisants, le temps qui leur avait été consacré dépassait les possibilités du personnel de l'Office », et que « les méthodes employées dans l’application des tests collectifs n'étaient pas pratiques * ».
On estima aux Etats-Unis que le test psychologique, pour être un bon moyen d'orientation professionnelle, doit résulter d’une collaboration étroite entre des gens de métier, ayant l'intelligence pratique de ce que signifie une épreuve de ce genre, et des techniciens de la psychologie possédant une connaissance approfondie des méthodes qu’elle utilise “.
En Allemagne aussi, on avait cru que la méthode des tests résoudrait le problème de l’orientation. Cependant « l’optimisme qu’ils provoquèrent pendant un certain temps s’est atténué avec les résultats de l’expérience, laquelle ne leur a pas enlevé d’ailleurs Ia valeur limitée mais réelle qu’ils possèdent * ». Les partisans du système
1. Kornhauser and Kingsbury, Psychological tests in business, p. 156. 2. Ibid. Ces auteurs concluent qu’un goût sérieux est « probablement le guide professionnel] le plus utile, car le goût et l’habileté vont ordinairement éMDAITD CODEC ED. 107
3. R. I. T., janvier 1926, p. 66. A la suite de cette constatation, on inaugura, avec le concours de la division des recherches des écoles publiques et du département de l’Institut technologique Carnegie, un test d'évaluation plus rapide.