DISPENSAIRE ANTI-SYPHILITIQUE
« Le dispensaire antisyphilitique, écrit M. le Docteur Queyrar, est la pierre angulaire de la lutte antisyphilitique, c’est dans le dispensaire que l’on apprend à dépister, à bien traiter, à guérir la syphilis ». Pour inten-
sifier la lutte contre la syphilis, il faudrait donc, multi-
plier et bien organiser ces centres. È
Le docteur Paul Favre, qui, jusqu'en 1924, fut chargé de la direction des services antivénériens, porta le nombre des dispensaires de 4o à 229. Actuellement, ce nombre s'élève à 395, dépassant de beaucoup le nombre de 300, que le docteur Queyrar estimait comme nécessaire pour toute la France, dans son rapport présenté, en 1919, au Congrès interallié d'Hygiène sociale pour les régions dévastées.
Les créations nouvelles touchent à leur fin, presque toutes les agglomérations urbaines de 10.000 habitants et plus, ont été dotées de dispensaires, de même que certains centres ruraux de moindre importance, mais qui sont, pour ainsi dire, des centres de concentration des campagnards.
Nous avons déjà signalé l’activité -manifestée par la
Et Tres
Ligue Nationale contre le péril vénérien, dans le but de créer des dispensaires, selon les directives suivantes 1° Installation aussi parfaite que possible ;
2° Médecins et chefs de laboratoires nommés au Con- Cours ;
$° Le dispensaire n’admet que les indigents et les nécessiteux ;
4° Les frais d'installation sont supportés en partie, mais en partie seulement, par PEtat. L'autre fraction des dépenses incombe aux municipalités, aux administra. tions, à certains groupements industriels, par exemiple. (1) = Au point de vue général, il y a trois sortes de dispensaires
1° Dispensaire d'hospitalisation, rattaché à un service spécialisé ;
2° Dispensaire autonome : 4) intra-hospitalier ;
b) extra-hospitalier ; 3° Dispensaire de maternité.
La première est la forme idéale, car elie permet au médecin de soigner les malades suivant les cas, à domicile ou dans son service.
Dans le cas de dispensaire autonome, la forme la plus courante est la forme intra-hospitalière. Dans l’autre forme, l’extra-hospitalière, celui qui présente le moins d'inconvénient, est le .dispensaire d'hygiène sociale polyvalent, c’est-à-dire, où le service antisyphilitique fonttionne à côté d'autres services d'hygiène sociale.
(1) Queyrar. — Rapport sur « L’action de la Ligue au point de vue des dispensaires.
Dr
Dans ce cas, il y a la possibilité pour le malade de se faire soigner, avec la discrétion nécessaire, question qui n'est pas négligeable, surtout quand il s’agit de petites localités, où règne encore le vieux préjugé de considérer la syphilis comme une maladie honteuse. Il présente, en outre, l'avantage de permettre au médecin d'adresser les malades dans les autres services, s’il considère intéressant de demander l'avis d'un spécialiste, et enfin ce système de dispensaire polyvalent, est le système le plus économique.
Ce qu'on fait très fréquemment en France, c’est d’installer le service antisyphilitique en collaboration avec le dispensaire antituberculeux.
Dans le cas de dispensaire autonome, il y a à résoudre le problème d'hospitalisation des vénériens.
À Paris, et dans un certain nombre de villes de province, il existe des services spéciaux pour l'hospitalisation des vénériens ; à l'hôpital Saint-Louis, M. le Professeur JEANSELME considère comme un devoir de recevoir les malades en état de syphilis ouverte, afin de tarir une source cerlaine de contagion, Ceux-ci sont en outre reçus dans 163 hôpitaux, dans les mêmes conditions que les autres malades. « Les frais d'hospitalisation, écrit M. GAVAILLON, sont assurés, en ce qui concerne les malades Jibres, conformément aux dispositions des lois de 1857 et 1893 ; lorsque l'assistance ne peut être accordée à titre communal où départemental, il appartient aux préfets de prononcer l'admission en accordant le domicile de secours d'État. Toutefois, lorsque les malades ne peuvent bénéficier des lois de 1851 et 1893, et en dehors des ma-
rins, ces cas sont des plus rares, les administrations hos-