‹ Organisation de la Lutte contre la SyphilisChapitre 27 sur 36 · RAT · texte numérisé non relu

RAT

autres fonctions de l'organisme, fonctions de nutrition et fonctions de relation. :

Le deuxième cycle commence avec l’enseignement de l'hygiène.

En même temps qu'on donne à l'enfant les notions élémentaires sur les maladies contagieuses ; quand on lui parle de la tuberculose, maladie sociale : de la grippe, de la scarlatine, de la variole et d'autres maladies intertieuses, on doit lui parler de la syphilis, maladie générale, de sa contagion; des dangers de se servir des instruments de toilette, des objets de table, des objets qui passent de bouche en bouche. On lui parlera des conséquences héréditaires de l'infection syphilitique, comme on doit lui parler des conséquences héréditaires de l'alcoolisme.

On ne s'occupera pas encore de la contagion génitale, on ne louchera pas au problème sexuel, mais on habituera l'enfant à considérer la syphilis comme une mala. die ordinaire. La syphilis, pour lui, ne sera plus une ma:

ladie honteuse.

Le troisième cycle commence à l'adolescence quand l'instinct sexuel s'éveille, et quand le danger réel se mani-

feste,

C'est l'enseignement des écoles primaires supérieures, des collèges et des lycées. Pour les enfants qui ne fréquentent que l'école primaire, il faudrait organiser un enseignement post-scolaire spécial obligatoire,

Des notions sur l’hérédité syphilitique, sur les mcyens de contagion chez les nourrissons, soit. qu'ils prennent

où qu'ils donnent la syphilis ; sur la façon de prévenir

cés accidents ; sur les conditions d’une union saine, etc., pourraient ètre donnés aux jeunes filles, comme un complément nécessaire à l’enseignement de puériculture.

Pour les garçons, il faudrait leur apprendre ce qui les attend, et les mettre en garde, contre les périls que la vie sexuelle peut renfermer.

Cet enseignement devra comprendre

1° des notions générales de physiologie sur la fonction de la reproduction ;

»° les règles de l'hygiène sexuelle, les avantages de la continence ;

3° les notions sur les maladies vénériennes, leurs conséquences pour l'individu, la famille, la race et la société ;

4° les notions indispensables de prophylaxie, en placant au premier rang la prophylaxie morale ;

5° les notions d'eugénique et d'eugénétique indispensables à la fondation d'une famille saine ;

6° les règles de la morale intersexuelle et de la imorak: biologique, unité de la morale des deux sexes, devoirs de l'homme envers la femme, envers l'enfant et envers la race.

L'âge auquel cet enseignement doit être donné varie selon les auteurs, mais en principe, il doit être donné à l'âge où se fait l'initiation sexuelle. Les enfants sont plus précoces qu'on ne Île croit en général ; « une enquête faite dans les écoles des Etats-Unis, montre que le plus grand nombre reçoivent leurs premières impressions sexuelles

de source malsaine avant l’âge de douze ans, entre neuf

el dix ; que bles premières expériences sexuelles ont lieu le plus souvent entre douze et quinze ans. » (1).

L'enseignement sexuel doit, par conséquent, être donné entre qualoize el quinze ans, mais pas plus tard que la quinzième année, et M. SicarD DE PLAUZOLE rappelle à ce sujet, la judicieuse observation de MoNTAIGNE. « On nous apprend à vivre, quand la vie est passée. Cent escholliers ont prins la vérole avant d'estre arrivez à leur leçon d’Aristote, de la Tempérance ». Donc, pour tirer de cet enseignement toute son utilité, il faut le faire au seuil de la vie sexuelle.

Les objections qu'on a formulées contre la dernière partie de cette éducation sexuelle : la crainte de froisser la sensibilité des jeunes, au point de révolter les familles, et les autres, tombent d'eiles-mêmes quand on examine les résultats obtenus dans les essais qu’on a tentés en cette malière.

Nous ne citerons, comme exemple, que le succès obtenu par la causerie faite par le docteur JuLreN, médecin principal de l'Armée, aux élèves d'un collège de l'Etat au moment où ils allaient quitter l'enseignement secondaire. « Or il advint ceci, écrit à ce sujet le docteur CarLe, qu'elle fut entendue avec la plus sérieuse attenion par ces enfants, dont les questions démontrèrent par la suite qu'ils en avaient saisi toute l'importance. Et non seulement les parents ne furent pas effarouchés, non

seulement pas un élève ne quitta le petit collège, mais

(1) Sicarb pr Prauzorrs. — L'éducation sexuelle de la jeunesse,

encore l’année suivante ces parents furent les premiers à solliciter une nouvelle audition. »

Le programme proposé au Congrès international de propagande d'hygiène sociale et d'éducation prophylactique comprend :

1°) La nécessité d'une éducation biologique, sexuelle et prophylactique,

2°) Etude d'un programme d'éducation sexuelle

a) les devoirs de l'homme en fait d'hygiène (moralité physique, devoirs biologiques) ;

b) hygiène morale, éducation de la volonté, formation du caractère ;

c) la fonction sexuelle, devoirs et responsabilité des procréateurs ; l'hérédité morbide ; l'Eugénétique ;

d) la fonction maternelle ; droit naturel des enfants ;

e) l’enseignement pratique de la puériculture. L'éducation des mères.

3°) Education des éducateurs.

Programme aussi complet que possible ! L'éducation sexuelle envisagée de cette façon, ne pourra plus être considérée comme un « grave danger moral ouvrant les voies aux appétits déchaînés. »

L'éducation sexuelle est un problème très vaste ; pour le mener à bien, il ne s'agit pas seulement de préparer des éducateurs, il ne s’agit pas de faire des maîtres d'éducation sexuelle ; pour la faire, toutes les personnes qui touchent de près l'enfant doivent prêter leur concours. Il faut associer et faire collaborer, « toutes les forces morales éducatives, écrit M. Sicarb pe PLAauzoLes, celle de

la Famille, celle de la religion et celle de la philosophie rationnelle ; toutes ces forces concourant au même but, doivent se prêter un mutuel appui ; mais le plus qu'on puisse espérer actuellement des familles, c'est que l'enseignement reçu à l'école ne soit pas détruit par des propos imprudents et des exemples démoralisants » (x). Les parents ne sont pas actuellemnt préparés pour faire l'éducation sexuelle de leurs enfants, mais en instituant dans les écoles cet enseignement, on fera un grand progrès, car c'est la seule manière d'apprendre aux jeu-

nes, à faire plus tard l'éducation de leurs enfants.

Un point sur lequel il faudra particulièrement insister, est sur la nécessité d'une morale unique, mais non pas une morale ayant pour base les théories exposées dans le livre de Camille MaucLair (2) sur l'amour physique, qui nous mènerait à la débauche la plus complète, mais sur une morale salutaire, moins matérialiste, qui aurait pour but quelque chose de plus grand, de plus noble, de plus élevé, que n'est la satisfaction brutale d'un désir physique.

Il faut faire disparaître la duplicité de la morale, mais réaliser son unité, en améliorant et non pas en détruisant ce qu'il nous reste.

Le congrès féministe qui s’est tenu à Paris, en 1926,

(1) Srcarp pm Prauzours. — « L'éducation sexuelle de la Jeunesse », p. 18, Union Française, édit.

(2) Camille Maucrair. — De l'Amour physique. Albin Michel, édit, Paris.

En +

PORT dus étudia, entre d'autres problèmes, celui de la duplicité morale et de la siluation créée à la femme par cette mème duplicité. |

Pourquoi, s'est-on demandé, l'homme se permet-il la satisfaction de tous ses désirs, tandis que la femme est soumise à une morale bien plus sévère ?

Ce sont les lois sociales, ou plutôt les coutumes qui ont établi ces principes, se basant on ne sait trop sur quoi, car, au point de vue physique, des exigences ou de la force des désirs, on ne peut trouver aucune différence entre la nature de l'homme et celle de la femme.

Quelques religions plus logiques ont établi, en principe, au moins, l'unité morale, condamnant les excès de l’un, aussi bien que de l'autre sexe.

La théorie sur l'amour physique vrai, si on la considère au point de vue exclusivement physique, est absurde au point de vue social, car elle nous mènerait à la destruction du foyer, et à la disparition de la famille. On ne peut concevoir ce que deviendrait la famille dans une société où l'homme et la femme auraient la même liberté ; la liberté qu'a l'homme dans la société actuelle.

C'est le contraire qu'il faut poursuivre ; restreindre la liberté de homme ; prêcher la continence, le respect mutuel des deux sexes, les droits et les devoirs qu'ils ont l’un vis à vis de l’autre. Il faut faire disparaître ce vieux préjugé, qui fait de l'homme un émancipé sexuel ; il faut que les jeunes gens grandissent en sachant que la femme à des devoirs envers eux ; mais qu'eux aussi Ont des devoirs envers la femme ; qu'ils n'auront le droit de

lui demander que ce qu'ils auront la force de lui don-

Page 1