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ner, car il n'existe qu’une morale pour les deux sexes.
Les abolitionnistes réclament aussi l'unité de la morale : « En faisant peser sur la femme seule les conséquences légales d'un acte commun, l'Etat propage cette idée funeste qu'il y aurait une morale différente pour chaque sexe ». Du fait de la réglementation de la prostitution, peut-on déduire que l'Etat propage l’idée qu'il y a une morale différente pour chaque sexe ? — Peut-on être partisan de l'unité morale et de la réglementation de la prostitution ? Assurément. S'il existait une prostitution masculine, non réglementée, on pourrait conclure à la consécration par l'Etat de la duplicité morale ; mais la prostitution masculine n'existe pas, ce qui existe, c'est une débauche, débauche non réglementée, comme n'est pas réglementé la débauche féminine. La réglementation ne regarde que la prostitution, c'est-à-dire, la débauche de la femme, qui « habituellement ou occasionneilement a des relations sexuellees plus où moins banales, moyennant paiement où (out autre considération merceñaire (1).
L'unité morale doit être salutaire, pour être désirable, et nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de la suppression de toute surveillance chez les prostituées.
Les premiers efforts faits en vue d'organiser la propagande anti-vénérienne remontent à l’année 1919. La Commission de prophylaxie des maladies vénériennes adopta
le programme présenté par M. Gouceror. Il proposait :
(1) Borron. — La prostitution, p. 7. Berger-Levrault, édit., 1926.
K r) L'organisation d’un office central de renseignements et de propagande
>) La publication d'affiches, de tracts, de brochures ;
3) L'organisation de conférences ».
En outre, elle adopta le programme. proposé, relatif à l'éducation des éducateurs par l'organisation des cours d'hygiène sociale, la diffusion des brochures, la publication d'articles dans les revues, et les journaux pédagogi-
ques, l'organisation de congrès, etc.. »
Mais comprenant que ce n’est pas l'élaboration d’un programme, mais son application, qui pouvait donner les résultats désirés, M GoucEeror se mettait en action dans trois séries de conférences faites en 1919 et en 1920 au Musée Pédagogique, et dans des articles de vulgarisation.
Le 8 février 1921, la Commission adopta un vœu,
pour que les principes d'hygiène sociale fussent ensei-
‘ gnés dans les Universités et les Grandes Ecoles ; et des
Conférences furent faites dans les Ecoles Militaires, par
MM. Gouceror, Marcel PrNanp et Sicarp DE PLAUZOIES.
Un cours libre, sur la lutte contre les maladies sociales et la protection de la race, fut créé à la Sorbonne et confié à M. Srcarn DE Prauzores. Il s'est ouvert le 28 janvier 1922, sous la présidence de M. le professeur Léon
Bervarp. Mais ces essaïs présentaient l'inconvénient de
la dispersion des efforts. Il fallait les coordonner.
La création, en 1924, de l'Office National d'hygiène sociale ayant pour but de « centraliser et mettre à la disposition des services publics, nationaux et locaux, du
corps médical, des hygiénistes et du public, tous les
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documents français et étrangers et tous les renseignements relatifs à l'hygiène, aux maladies sociales et à leur prophylaxie », devrait réaliser cette coordination, étant en outre chargé d'effectuer en France et aux Colonies une propagande continue et méthodique auprès du public, en vue de lui faire connaître les mesures d’hygiène et de prophylaxie nécessaires à la conservation de la santé, à la lutte des maladies sociales et à la préserva-
tion de la race (1) ».
L'Office National n'a pas cru devoir organiser une grande section de propagande, qu'aurait entreprise par ses seuls moyens une vaste compagne éducative, négli-
geant, pour ainsi dire, les organisations existantes.
Il a cru que les meilleurs moyens de réaliser la coordination des efforts, était de centraliser toutes les initiatives. C’est ainsi que, d'accord avec le Comité National de défense contre la Tuberculose, on a décidé, que le directeur de la propagande du Comité National collaborerait avec le chef du service de propagande de l'Office. pour établir un bureau de liaison et d'organisation.
« Les techniciens des autres organismes d'hygiène sociale, seront invités à venir apporter leur aide, à l'Office National, de façon à ce que, désormais aucune campagne de propagande ne se fasse isolément, mais que chacune d'elle fasse partie d’un plan d'ensemble, étudié
et réalisé en commun » (2).
(1) Rapport sur le fonctionnement et l’activité de Office national d'Hygiène sociale. Juin 1926.
(2) Rapport de l’Office national d'Hygiène sociale. Juin 1926.
Dans l'organisation du bureau de propagande, on a prévu la formation d'un comité de liaison, que comprendrait un délégué désigné par chaque service publie ou association privée, ayant un caractère national. Ce comité a pour but de réaliser la liaison entre les différents orgunismes et créer ainsi l'unité d'action. Le comité est formé par un délégué de chacune des organisations suivantes : Ministère du Travail et de l'Hygiène ; Ministère de l'Instruction publique ; Service de santé ; Ministère de la Guerre ; Service de santé du Ministère de la Marine ; Service de santé du Ministère des Colonies ; Service de propagande du Ministère de l'Agriculture, Comité National de défense contre la Tuberculose, Ligue Nationale contre l'Alcoolisme, Ligue Nationale Française contre le péril vénérien, Comité national de l'Enfance, Ligue francoaméricaine contre le cancer, Ligue Nationale de l'Hygiène mentale, L'Union des grandes associations, Alliance d'Hygiène sociale, Ligue nationale contre le taudis, Alliance nationale pour l'accroissement de la population, Comité de propagande de la Croix Rouge Française, Fédération des habitations à bon marché.
Ce comité doit se réunir une fois par trimestre, pour étudier le plan d'ensemble de toutes les questions connexes. En outre, on a organisé un secrétariat général qui sera l'organisme d'exécution, chargé de la correspondance, de la documentation, des renseignements, etc.
Les moyens de propagande employés dans la lutte contre la syphilis, sont les plus variés : documents imprimés, films, théâtre. conférences, radio-téléphonie,
exposition, etc.
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Le service de propagande de l'Office National s’est efforcé de tenir à la disposition de tous, les documents imprimés nécessaires, comme les modèles de conférences, les tracts et les affiches de la Ligue Nationale, et de
la Société de prophylaxie Sanitaire et morale.
Il a réuni un échantillonnage aussi complet que possible, des documents existants, afin de satisfaire immé-
diatement aux demandes de spécimens.
En ce qui concerne directement la lutte antivénérien-
ne, nous pouvons mentionner
1) deux tracts publiés par la Ligue Nationale, l’un sur la syphilis et la blennorragie, l'autre sur la syphilis
héréditaire
2) les brochures reproduisant les conférences faites par les médecins dans les milieux scolaires : « Vénus et ses Dangers », conférence de prophylaxie sanitaire et morale faite aux élèves du Lycée Condorcet par le docteur LAIGNEL-LAVASTINE ; « La vie sexuelle et ses dangers », par le docteur JULIEN, médecin principal de l’armée ; « À la jeunesse, pour l'avenir de la race française » par le docteur A. Pinarn : « L'éducation sexuel-
le », par le professeur CarMETTr.
3) Des plans de conférences, et enfin, des affiches destinées à divulguer les dangers, que pour l'individu et
pour la race représentent ces maladies.
Nous devons aussi signaler, parmi les publications de cette année, une brochure illustrée « Les Maladies Vénériennes » et un supplêment de la « Vie Saine », « L’Ef-
fort de la France contre le Péril Vénérien ».
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Le cinématographe est aussi, un moyen de propagande anti-vénérienne.
L'Office Nationak n'a pas cru devoir constituer dans ses services, une Cinémathèque, son budget ne lui. permettant pas d'entreprendre une œuvre aussi dispendieuse, et considérant «que ce serait faire double emploi avec les collections de films, réunis par certaines organisations d'hygiène sociale ».
En effet, le bureau de propagande du comité de défense contre la tuberculose, a constitué une collection importante de films français et étrangers consacré à l’hygiène sociale, qui sont d'excellents instruments d'éducation couramment employés par les conférenciers. Ces films sont de trois ordres, descriptifs, éducatifs, et dramatiques ou comiques.
Le service de prophylaxie des maladies vénériennes possède aussi un certain nombre de films qui ont été mis à la disposition du Comité National de propagande, pour constituer une cinémathèque qui grouperait tous les films destinés à l'hygiène sociale, ce qui permet de les faire circuler gratuitement dans toute la France.
Parmi ces films. nous pouvons mentionner : « La Syphilis, fléau social », du docteur LerEenne ; « Causes et effets de la Syphilis » et « l'Hygiène sociale chez la Femme ». En outre, la cinémathèque centrale possèdera bientôt d’autres films déjà existants ou en préparation. Pour la création de ceux-ci l'Office envisage la constitution d’une cominission d'études, qui comprendrait Îles chefs de propagande, et les éditeurs qui se sont consa-
crés à l’enseignement populaire.
En ce qui concerne le théâtre, nous ne pouvons passer sous silence la pièce dramatique de M. Lorc-Le-Gou- RIADEC, « Le Mortel Baiser ». Cette pièce a reçu le patronage de la Ligue Nationale Belge contre le péril vénérien, de même que, ceux de l'Union internationale et de la Ligue Nationale Française.
« Le Mortel Baiser », a été joué avec un grand succès à Paris, dans la banlieue et dans grand nombre de villes de province. Toutefois, elle n’a pas toujours trouvé un bon accueil auprès des maires « qui ne comprennent pas la valeur éducative de cette œuvre dramatique, et qui redoutent d'encourir la désapprobation de de leurs administrés, en autorisant la représentation de celte pièce » (r).
La Ligue Nationale contre le péril Vénérien et l’Association de puériculture dites : « Sauvons les Mères et les Bébés » ont organisé une tournée théâtrale pour jouer avec une Saynette sur la protection de l'enfance, la pièce de M. Lorc-Le-Gourtapec.
Une campagne de presse à aussi été organisée, non seulement dans les journaux professionnels, mais dans tous les journaux de ja grande presse où le mot syphilis peut maintenant être employé de façon courante grâce aux efforts de M. Louis Foresr.
Le service de propagande prépare une série d'articles de propagande pour être insérés dans les journaux de Paris et de province. Il y. aura, en outre, un service de
presse chargé de la publication d’un bulletin d’informa-
(1) JEANSELME. — Discours prononcé à l’Assemblée générale de la Ligue nationale française contre le péril vénérien. 10 déc. 1924.
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tions destinés aux journaux et aux revues, ce bulletin sera établi en collaboration avec le comité national de défense contre la fuberculose, et à l’aide des documents fournis par les organisations ou les services ministériels.
Des couries causeries radio-téléphoniques ont déjà été faites. Le plan général consiste à faire émettre régulièrement cinq conférences par mois, sur des sujets concernant l'hygiène sociale.
Nous devons signaler le succès qu'a eu la conférence faite par M. Quyerar, en 1924, à la demande de |’ « Union des grandes associations françaises pour l'essor National », et la causerie faite par M. Micra, le »8 août 1926 au poste de la Tour Eiffel.
Nous arrivons maintenant au moyen de propagande le plus couramment employé : les conférences,
Dans les campagnes faites par les conférenciers, on peu distinguer deux types ; la campagne polyvalente, organisée en association avec d’autres organisations ; et la campagne spécialisée faite contre une maladie sociale, à l'exclusion de toutes les autres.
Comme titre de la première, nous pouvons citer la campagne entreprise dans l'Hérault. Cette campagne, placée sous les auspices de MM. les Ministres du Travail et de l'Hygiène, a été organisée sous l'égide de l'Office National d'Hygiène sociale, avec la collaboration du Comité National de Défense contre la Tuberculose et le concours de la Ligue Nationale Française contre le Péril Vénérien.
D'autres campagnes sont en cours ou en préparation.
*I] nous faut signaler, en outre, les réunions destinées aux
éducateurs, et traitant de la tuberculose et du péril vénérien qui ont été organisées dans l'Eure, l'Orne, l'Oise
et l’Eure-et-Loir.
Dans d’autres cas, la campagne antivénérienne est organisée en collaboration avec les organismes de pro-
tection maternelle et infantile.
Une grande attention doit être portée en ce qui concerne la nomination des conférenciers, et la valeur médico-sociale de ceux-ci. L'Office National se préoccupe de la formation d'une équipe de conférenciers bien prépa- rés. Pour le moment, en dehors des conférenciers du Comité National de défense contre la tuberculose, de concert avec lui, et avec le Comité national de l'Enfance on à fait appel à M. le professeur José Ray, qui s’est spé-
cialisé dans la campagne polyvalente.
En ce qui concerne exclusivement la lutte contre la syphilis, nous sommes heureux de signaler les efforts
fait à ce sujet par les dirigeants de la Ligue Nationale
contre le Péril Vénérien.
Dans l’année 1924, la principale œuvre de propagande fut Ta conférence faite par M. le professeur Couveramme.
dans les salons de Madame André, sur la défense de la famille contre l’hérédo-syphilis.
De nombreuses conférences ont été aussi faites au Musée social, à l'Union des Femmes Françaises, à l'Union Chrétienne des Jeunes Gens, à l'Asile National pour l’accroissement de la population française, par MM. les doc-
teurs LEREDDE, QueyraT, Clément Simon.
La Ligue a de nouveau accordé son patronage au
Cours libre d'hygiène sociale, que M. SicarD DE PLAUZO- LES professe à la Sorbonne. | En 1925, la propagande s'intensifie, et parmi les nombreuses œuvres auxquelles la Ligue a accordé son patronage, nous ne pouvons que mentionner les suivantes :
Une conférence sur la Syphilis,le 3ÿ maf$r925,faite par M. le docteur QUEYRAT.
Une conférence faite par le même auteur, à l'Association des Infirmières de la Croix-Rouge française, le Ô mai 1925.
Une conférence sur la Syphilis le 19 mai 1925, faite par M. Sicarn be PLAUZOLES, dans une salle du cinéma de la rue des Pyrénées.
Deux conférences du même auteur, sur la lutte contre la syphilis, faites à l'école de Puériculture de la Faculté de Médecine.
On s’est préoccupé, en même temps de la propagande dans les milieux féminins. 37 conférences ont été organisées par M* Moxrneurr-STraus. Ces conférences ont porté sur la fonction de la maternité, et sur les maladies vénériennes.
Huit conférences publiques ont été faites à Paris, à
Soissons, à Rouen, à Nancy et à Lille ; vingt-neuf confé-
rences privées d'éducation prématernelle et de prophylaxié anti-vénérienne ont eu lieu à Paris ou en province. Ces conférences privées ont été faites : a) dans les écoles
normales d'institutrices de : Laon, Nancy, Douai ; b) dans
jes œuvres ou Institutions suivantes : à Paris : à la Bourse
du Travail, à la Pouponnière du Camouflage, à l'Union
‘Chrétienne de jeunes filles, au Foyer International des
Etudiantes, à l'Ecole de Surintendantes, au Foyer de l'Ouvrière, à l'OŒEuvre du Bastion 42.
Pour l’année 1926, nous ne ferons que signaler :
Le Cours libre d'hygiène sociale fait pour la cinquième fois à la Sorbonne, par M. Sicarp ne PLauzoLes. Six leçons de ce cours ont été consacrées aux maladies vénériennes. Ces leçons ont été accompagnées de la projection du film de M. Lereppe « La Syphilis, fléau social », et des vues de la collection de M. le docteur GoucEror : en même temps on a distribué des tracts et des brochures, notamment les brochures du professeur FouRMER. intitulées « Danger social de la Syphilis » et « Pour nos
fils quand ils auront dix-huit ans ».
Sept leçons faites par le docteur Sicarb DE PLAUZOLES
au collège libre des Sciences Sociales, sur l'histoire socia-
le des Maladies vénériennes, leurs causes et leurs consé-
quences el les moyens de lutte qu'on peut leur opposer. Une conférence faite à la Bourse du travail par M. le
docteur QueyraTr, à été suivie du film « Misère Humai-
ne », que la Ligue doit à M. le docteur Levaprrt.
Une conférence faite par M. le docteur GoucErot, à la Société des Amis de l'Université, sur le certificat de mariage,
Une conférence faite par M. le docteur Queyrar, à Rennes, le 4 juillet 1926.
Comme l'année précédente, on a organisé des conférences dans les milieux féminins. Le 3 juin, M. Queyrar a fait à l’école du Service Social une conférence sur « Ce que les infirmières doivent savoir de la syphilis », et
M" le docteur MoNTREUIL-STRAUS, présidente du Comité
d'éducation féminine de la Société française de prophylaxie sanitaire et morale, a poursuivi « son inlassable | apostolat, avec un succès sans cesse accru, elle a vaincu .:
les préjugés qui empèchaient de parler dans les milieux féminins des questions sexuelles et des maladies vénériennes ; grâce à elle, une révolution va s’accomplir dans l'éducation des femmes pour le plus grand bien de la santé publique et de la sauvegarde de la famille (x).
Pour donner une idée exacte de l'activité déployée nous ne pourrons mieux faire que d'enregistrer le bulletin suivant :
« Résumé de l'activité de propagande anti-vénérienne de la commission générale de propagande de l'Office National d'hygiène sociale et du comité de propagande du comité national de défense contre la Tuberculose, avec le concours de la Ligue Nationale Française contre le Péril Vénérien du 1° janvier au 15 novembre 1926.
Nombre de départements visités : 22.
Nombre de conférences organisées : 192 (2) dans 115 villes.
Nombre d'auditeurs réunis : 104.888.
Nombre de tracts vulgarisés : 56.699.
Expositions : à Reims, à Lyon, à Gray et à Enghein.
Nombre d'émissions radio-téléphoniques : 12.
Nombre de films projetés : 69.