‹ Organisation de la Lutte contre la SyphilisChapitre 29 sur 36 · A ARE · texte numérisé non relu

A ARE

| Gouceor. ge: Rapport présenté à l'Assemblée générale de la

L. N.F. C. P. V., 8 décembre 1926. ne (2) Dans cinquante pour cent de ces conférences, on à eue sujet

« Tuberculose et syphilis », les autres étant surtont antivénériennes,

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À ‘« Grâce à tous ces efforts, écrit M. le docteur CavaiLk, __ LON, On peul maintenant partout en Frande, pronon- 4 cer le:mot syphilis ; elle cominence à ne plus être une he maladie honteuse et le fait de pouvoir parler librement + du fléau, est certainement une garantie du succès. Mais #2 | que d’eflorts restent encore à faire ! presque rien n'a encore été accompli en ce qui concerne les mesures Ex spéciales de prophylaxie chez les coiffeurs, la manucure,

d le pédicure, au restaurant, dans les débits de boissons» ‘1°. Us j

res D'autre part, on vient à peine de décider la propaà gande dans leurs langues chez les étrangers, résidant en no France ; on commence à peine à réprimer le charlatab« | nisme, etile certificat prénuptial, malgré les efforts de la

Société d'eugénique et du professeur Pixarp, n'existe

pas encore.

(1) Cavartrox. — L'état actuel de la lutte contre les maladies vénériennes, Annales des Maladies vénériennes, n° 12, décembre 1926.

LE CERTIFICAT PRENUPTIAL

Nous touchons ici, un des points les plus délicats du problème social de la syphilis.

A cette époque de crise morale que nous traversons, il y aurait peut-être besoin, de protéger par des lois, ce qui devrait être sauvegardé simplement, par des principes de moralité, par la conscience individuelle, par le respect d'autrui et par la connaissance des devoirs envers la Société. ;

Il est nécesaire que l'Etat s'intéresse à la formation des familles saines, non minées par les maladies héréditaires, car comme chacun le sait, la famille est la base fondamentale de la nation, En défendant le mariage au syphilitique on tend à limiter la liberté de se marier, et on regardera ceci comme une nouvelle atteinte à la liberté individuelle.

La liberté individuelle, est-il besoin de le dire, doit être respectée toutes les fois qu'elle n'est pas la cause d'un préjudice pour la communauté. Mais on ne doit pas hésiter à la sacrifier du moment où il ÿ a en cause des intérêts supérieurs ; du moment où l'enjeu est l’avenir de la Nation, du moment où pour la respecter, on cause un grave préjudice à la Société. Et, n'est-ce pas un

OU

grave préjudice que celui qu'on cause, quand, permet- Lant le mariage à un syphilitique, on ne fera que propager la maladie, et au lieu d'avoir des enfants sains qui seraient plus tard dans le corps social des membres utiles, il y aurait des enfants chétifs ou dégénérés qui encombreraient les hospices, et seraient une charge pour la Société ? Dans ce cas, la liberté individuelle doit s’effacer devant l'intérêt général.

La nécessité du certificat prénuptial, apparaît plus évidente dans le cas des maladies vénérienries, que quand il s’agit des autres maladies sociales, car elles sont compatibles avec une santé en apparence parfaite ne se manifestant quelquefois, qu'au moment où les lois de l'hérédité entrent en fonction.

Sans entrer dans la discussion des avantages et des inconvénients qu'aurail l'intervention de l'Etat, dans une question si délicate, passons à étudier l’état actuel du problème au point de vue médical, pour savoir quelle est la conduile à tenir en présence d'un malade qui va, en toute loyauté consulter le médecin à ce sujet.

Le problème qui se pose à celui-ci quand un client arrive à son cabinet et lui dit : « Docteur, il y a tant d'années que jai eu la syphilis, on m'a soigné de telle ou telle façon, actuellement je voudrais me marier, mais avant d'engager ma parole, j'ai eru devoir vous consuiter pour savoir, sil n'y aura aucun danger de contamination pour ma femme ou mes enfants », est certainement un des problèmes les plus graves qui peuvent se poser au praticien ; étant donné la responsabilité qu'il

renferme.

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C'ést pour cela que le médecin doit tâcher de se rapprocher le plus possible de la vérité, en se servant de tous les moyens d'investigation que la clinique et le laboratoire mettent à sa portée, et les interroger tous, car il y a des cas où une seule réaction donne un résultat contraire à tous les autres, et capable à lui seul de faire changer les conclusions.

Le professeur FOURNIER avait posé des règles en rap: port avec les connaissances de son temps, ces règles restent vraies pour la plupart... Il avait posé une règle générale qui devra appliquer toujours, et c'est, que le médecin doit examiner chaque cas, ne se basant pour tirer ses conclusions que sur le résultat de son examen, sans tenir compte des arguments d'ordre sentimental, financier, où d'un caractère quelconque étranger à la médecine. C'est un cas pathologique qui'se présente, el comme tel, il faut le considérer. La responsabilité d'un médecin serait très grave, si, se laissant influencer par des circonstances étrangères à sa profession, il autorisait le mariage de quelqu'un qui, pathologiquement, pourrait être considéré comme dangereux pour son conjoint, et pour sa descendance.

- Irdoit, d'ailleurs, se mettre en garde contre les malades de mauvaise foi, contre ceux qui cherchent à obtenir un certificat, se servant de tous les artifices qui sont à leur portée pour tromper le médecin dans le seul but de dégager leur responsabilité, et faire tomber les conséquences de leur mariage, sur lé médecin, qui aurait signé le certi-

ficat.

Quel est l’état actuel de ce problème ?

Il y a un point de première importance à considérer, c'est l'âge de la syphilis. On ne peut considérer de la même façon un syphilitique récent, et un ancien syphilitique, étant donné la différence qui existe dans la manière dont se fait la contamination dans l’un et dans l’autre cas.

En effet, un syphilique récent, qui ne s'est pas soigné, ou qui sest mal soigné, contagionne obligatoirement son conjoint, qui présentera des accidents primitifs et secondaires caractéristiques. Ün ancien syphilitique peut contaminer sa femme, mais non d’une manière évidente, comme dans le cas précédent. La contamination se manifestera, soit par une sérologie positive, soit par des accidents tertiaires cutanés ou viscéraux, soit par l'atteinte de la descendance. La contamination se fait possiblement par le sperme qui s'est montré virulent (x).

Si cest la femme qui présente la syphilis, le mari peut rester indemne.

Quelques auteurs considèrent comme possible, la syphilis conceptionnelle, « Une femme indemne, non contaminée par son conjoint, ancien spécifique, et fécondée par lui, serait infectée par l'œuf syphilique qui se développerait dans son utérus ». Cette femme, en apparence indemne, pourra, selon la loi de CoLLe, allaiter son enfant sans danger de contracter la syphilis. L’explication de ce fait, est « qu’elle est infectée tout de même :

sx sérologie est devenue quelquefois positive, mais pas

(1) Marcel Pixar. — Syphilis et mariage. Bruxelles Médical, 3 oct. 1924, p. 1.396.

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