AUS
toujours. Elle à reçu en quelque sorte une syphilis atténuée » (1). Mais quoique la syphilis conceptionnelle soit théoriquement possible, puisqu'il y a des formes courtes de trépomène qui pourraient être contenues dans la tête des spermatozoïdes, comme il est aussi possible l’accolement du tréponème au spermatozoïde, elle a été très combattue et actuellement on considère comme certaine l’héridité syphilitique d’origine maternelle, la syphilis paternelle, se transmettant toujours aux enfants d’une façon
indirecte, en contaminant d’abord la mère (2).
Voyons maintenant comment le médecin doit analyser
chaque cas.
Dans les cas de syphilis récente, la solution du problème et la réponse à donner sont bien faciles : Pas de
mariage.
Dans les cas de syphilis ancienne, la question se complique, car il ne peut pas y avoir qu’une seule formule. TI
faut étudier chaque cas pour donner une réponse.
L'attention que doit porter le médecin à l'examen du malade, se justifie par les difficultés qu'il peut rencon-
trer et les erreurs qu'on a plusieurs fois commises.
Le docteur Mrrran traitant récemment ce sujet dans
La Revue Française de Dermatologie et Vénéréologie rap-
(1) Marcel PiNarD. — Syphilis et mariage. Bruxelles Médical, 3 oct. 1924. page 1.396. + |
(2) JrANSELME et SEZARY. — Précis de syphiligraphie et des maladies vénériennes. Jean-Baptiste Baillière, édit., p. 260. Paris, 1926.
portait une série de cas parmi lesquels nous lui emprunterons le suivant qui nous paraît le plus intéressant, car
il montre toute la complexité du problème social.
«IT y a également plusieurs années, écrit-il, je fus appelé dans une famille dans les circonstances suivantes : il s'agissait d’un avocat qui me fit venir en consultation avec son médecin habituel. pour sa petite fille, âgee de 6 mois et qui présentait des boutons à l'anus. Il s’agissait en réalité de plaques muqueuses, Interrogé, le père
de l'enfant me dit que les lésions s'étaient développées
depuis quelque temps et que son médecin les avait qualifiées syphilitiques. Or, dit cet avocat, ] le
‘ai bien peine à croire, bien qu'ayant eu la syphilis 8 ans auparavant, car j'ai été très bien soigné par le professeur FOURNIER, qui m'a donné l'autorisation de
ans après le début de la syphilis.
me marier à I y avait un fait capital dans cette histoire : l'autorisation de mariage (8 ans après le début de la syphilis, 5 ans de traitement) donnée par un syphiligraphe éminent, dans des conditions où aucune contagion ne paraissait plus possible, Or, ce mariage fut un cataclysme car, non seulement l'enfant élait contaminé, mais la mère portait au milieu du dos des syphilides papulo tuberculeuses. Chose terrible, cet avocat avait eu l’imprudence de confier l'enfant à une nourrice mercenaire, qui vivait dans la famille, et que je vis ce même jour, atteinte d’un chancre syphilitique au sein, Chose épouvantable, je n'ai pas pu arriver à décider le mari à expliquer à cette nourrice mercenaire ce qu'elle avait, il a conservé cette femme chez lui, pendant
un an, en la soignant il est vrai, mais sans lui dire ‘à
vérité. Or cette femme était mariée ; de retour au pays, elle a pu non seulement contaminer son mari, mais encore sa nouvelle descendance®{r) Voilà tout le pro-
blème social.
La syphilis apportée dans une famille par le mari syphilitique : contamination de la femme, contamination de l'enfant, contamination de la nourrice mercenaire qui l’apportera dans son foyer comme un accident du travail, contamination du mari et des enfants. Com-
bien de cas pour un seul mariage !
Problème difficile que celui du mariage des syphilitiques, problème difficile dans des cas comme celui-ci, ou l’on se croit à l'abri de la contagion et où les faits se chargent de nous prouver le contraire.
Il serait plus simple d'appliquer une formule rigide défendant le mariage à tout syphilitique, mais on arriverait ainsi à défendre le mariage à des gens qui pourraient très bien se marier et donner des enfants à la patrie. Défendre le mariage à ceux qui ne doivent pas le contracter, c'est très bien, mais il faut encourager Île mariage de ceux qui sont capables de fonder des familles non tarées, car c’est un moyen de lutter contre la débauche, et par conséquent, contre la propagation de la syphilis.
Le professeur Fournier, autorisait le mariage sous les
conditions suivantes
a) Absence d'accidents actuels.
(1) Mrrrax. -—— Le mariage des syphilitiques. Revue française de dermatologie et de vénéréologie, n° 12. Décembre 1926,