‹ Organisation de la Lutte contre la SyphilisChapitre 8 sur 36 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

L'organisation de la lutte contre les maladies vénériennes en général, et contre la syphilis en particulier, requiert la collaboration de trois éléments principaux : les pouvoirs publics, le corps médical et le public en général.

C'est aux pouvoirs publics qu'incombe la tâche d’organiser l'hygiène dans un pays, car ce sont eux qui ont la charge de veiller pour le bien-être des habitants, et par conséquent :

1° éviter la maladie (prophylaxie) ;

>° donner au corps et à l'esprit le maximum de développement normal, et procurer à l'organisme humain le « maximum de rendement ».

Mais dans l'hygiène générale, il faut considérer avec une particulière attention, certaines branches qui présentent plus d'intérêt, et une de celles-ci, pour les raisons que nous avons signalées, est celle qui se rapporte aux maladies vénériennes. L'attention des pouvoirs publics doit se porter particulièrement sur cette question. Sans leur appui, la lutte deviendrait très difficile et ne donnerait pas les résultats qu'on poursuit.

Les pouvoirs publics doivent dicter les mesures néces-

saires à la bonne organisation de cette lutte ; les sanc-

tionner par des décrets et des lois : veiller à l'application

des dispositions prises ; et surtout, donner l'argent néces-

saire pour couvrir, en partie au moins, les dépenses, le restant devant être fourni par l'initiative privée. « En ces temps de pénurie, écrit le professeur JEANSELME, l'Etat français.ne peut faire face à de telles dépenses, et alors même qu'il le pourrait, il ne serait pas souhaitable que toute initiative privée fut annihilée, car les œuvres particulières gérées avec soin jaloux, par des hommes qui se sont voués à cette tâche, constituent un stimulant qui incite l’administration à marcher dans la voie du progrès » (x).

En général, les sommes destinées à cette branche de F l'hygiène ont été jusqu'ici insuffisantes, ce qui constitue ;

une erreur, si on le fait dans l'esprit de réaliser des éco-

NL MDEUEE"

nomies, Car à mesure qua la lutte s'intensifierait, on verrait diminuer le nombre de malades qu'à cause de la syphilis encombrent les hospices, les asiles et les hôpitaux, ce qui permettrait de réaliser des économies, véritables celle fois, et qui seraient considérables, si l’on tient compte des avantages que pour un pays représente le fait d'avoir des hommes sains, capables de fournir un travail utile, au lieu de garder des fous ou de soigner des idiots, sourds-muets ou aveugles qui doivent leur infirmité à la syphilis.

Le corps médical est l'élément principal de la lutte antivénérienne, c’est lui qui doit proposer et mettre en prati-

(1) Jraxseime. — Prophylaxie individuelle et sociale des maladies vénériennes, — « L’Effort de la France contre le péril vénérien, »

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