TOME II
Ionie ; ce décret reproduit les dispositions générales du décret du 11 mai 1881, relatives à la prophylaxie de la lèpre à la Guyane.
Il a été question d’établir une léproserie aux îles Marquises, où le fléau sévit avec plus d’intensité que partout ailleurs, affectant les formes les plus hideuses. Nous souhaitons fort la réalisation de ce projet qui n’a pas encore été mis à exécution ; les plateaux de Tovii, à Nuka- Hiwa, que nous avons visités, paraissent plus particulièrement lU'opres à la création d’un établissement hospitalier de ce genre. Presque toutes nos colonies ont besoin de léproseries ; ce sont là des institutions indispensables, et l’État, qui a le devoir de protéger les populations indigènes quand les services locaux ne peuvent le faire, donnera la preuve d’une excellente initiative quand il s’occupera de les multiplier; la situation sanitaire des établissements français d’Océanie mérite d’attirer spécialement l’attention du ministre des colonies.
Dans quelques années, si on n’apporte pas de remèdes à leurs maux, les derniers habitants des îles Marquises et des Gambier auront disparu, emportés, comme sous le coup d’une étrange fatalité, par ces maladies qui ont amené la dégénérescence de leur race, si belle et si vaillante avant l’arrivée des Européens en Polynésie. v
En Indo-Chine, les services bospitaliers sont surtout aux mains des officiers du corps de santé militaire des colonies chargés des hôpitaux du Tonkin et de l’Annam, lesquels forment deux hôpitaux centraux (Hanoï et Quang-Yen), cinq hôpitaux secondaires (Haïphong, Lang-Son, Thuan-An, Tourane, Ti-Gau) et 16 infirmeries-ambulances, soit en tout 1,833 lits. Au Cambodge, l’hôpital mixte de Phnom-Penh est dirigé par un médecin de 1''® classe des colonies ; les hôpitaux indigènes de Culao-Gieng, de Phnom-Penh et de Foc-Trang sont confiés par la mission aux sœurs de l’ordre de la Providence de Portieux , qui dirigent également des orphelinats de garçons et de filles.
En Gochinchine, outre les hôpitaux militaires, il existe un
ASSISTANCE l’UBLIQUE, ETC.
hôpital civil dépendant de la municipalité à Gholon, un hôpital indigène à Choquan dans lequel le service médical est assuré par le corps de santé militaire des colonies; des hôpitaux indigènes à Thi-nghe, à Vinhlong, à Myiho et à Bienhoa, ainsi que des orphelinats où sont uniquement employées des sœurs de Saint- Paul de Chartres.