TOME II
Enfin, comme dans la plupart des colonies où le service de l’enseignement est organisé, un jury d’examen a été institué pour l’obtention des brevets élémentaire et supérieur et du certificat d’aptitude pédagogique.
Des écoles publiques laïques fonctionnent aujourd’hui à Papeete et dans les piûncipaux centres ; plusieurs sont diiàgées par des instituteurs européens, les autres par des indigènes.
Quant aux écoles libres, les unes sont dirigées par des maîtres laïques, les autres par des congréganistes.
Dans les archipels dépendant des établissements français de l’Océanie, aux Marquises, aux Tuamotu, aux Gambier, aux Tubuai et aux îles sous le Vent, l’enseignement primaire est donné dans des écoles analogues à celles qui ont été établies à Tahiti ; la plupart sont dirigées pax^ des indigènes.
Les dépenses de l’enseignement public en Océanie atteignent 100,000 fr.
Indo-Chine. — Cochinchine . — L’enseignement primaire s’est progi*essivement développé en Cochinchine depuis l’occupation française ; dès 1861 et 1864, des écoles françaises ont été établies et on y apprit à la fois aux enfants à parler notre langue et à écrire la langue annamite en caractères français, c’est-à-dire en quoc-ngu.
Aujourd’hui, les enfants européens, métis et annamites peuvent recevoir l’instruction dans les écoles publiques laïques et dans les écoles congréganistes, soit à Saigon, soit dans les arrondissements.
Les écoles se divisent en établissements de trois degrés ; les écoles primaires du premier degré sont établies dans les arrondissements et dirigées par des maîtres européens et indigènes ; certains villages possèdent des écoles rurales organisées de la même manière ; ces établissements reçoivent près de vingt-cinq mille élèves. On y apprend la lecture de l’annamite, les éléments de la langue française, l’écriture et le calcul. Au sortir de ces écoles et après examen les élèves peuvent obtenir un certificat d’études primaires et passer au collège de second de-
gré, le collège Ghasseloup-Laubat à Saigon. Ce collège comprend trois sections. Dans la division française les enfants européens et métis reçoivent un enseignement primaire basé sur les programmes suivis dans la métropole. La deuxième division est réservée aux jeunes annamites provenant des écoles d’arrondissement. Les élèves y restent trois ans et subissent après ce temps l’examen pour le brevet élémentaire, qui leur permet de prétendre au grade d’instituteur de 4® classe et à certains emplois, en même temps qu’il leur ouvre l’accès aux cours spéciaux du 3® degré, qui durent également trois ans et dont le couronnement après examen est un brevet supérieur. Des avantages particuliers sont attachés à la possession de ce brevet qui ouvre l’accès de certaines carrières administratives. La troisième division, qui a été instituée en 1892 en remplacement de l’ancien collège d’Adran, et une section d’enseignement professionnel, donnent d’excellents résultats.
Les écoles françaises à Saigon et dans les arrondissements sont au nombre de vingt et une pour les garçons et de sept pour les filles; les auti’es écoles, divisées en écoles laïques d’arrondissement, cantonales et de caractères et en écoles congréganistes sont au nombre de 684. Les écoles d’arrondissement sont à la charge de la colonie, les écoles cantonales sont entretenues par les budgets régionaux et les autres'vivent avec leurs propres ressources ou grâce aux subsides des villages et des particuliers.
Le personnel de l’instruction publique comprend un directeur de l’enseignement, un directeur de collège, des instituteurs européens qui portent tous le titre de professeurs, des institutrices européennes et des professeurs et instituteurs annamites et chinois.
Les principales écoles libres de la colonie sont les écoles municipales de filles et de garçons de Saigon et de Gholon.
Les règles du fonctionnement de l’instruction primaire en Gochin chine ont été fixées par un ari'êtê du gouverneur du 17 mars 1879, portant que l’instruction publique est en principe gratuite et facultative dans les écoles du goiivernement de la colonie,
ORGANISATION DKS COLONIES.
fixant les conditions d’admission dans ces écoles et établissant les brevets de capacité et examens, ainsi qu’une commission supéiûeure de l’instruction publique. Cet arrêté a été complété et modifié par d’autres actes de même nature, en date du 14 juin 1880, ordonnant l’ouverture des écoles de caractères français dans les cantons; du 31 janvier 1881, instituant des conférences pédagogiques; du 12 aoxlt 1885, concernant le personnel, et du 14 avril 1886 établissant dans les collèges et écoles primaires de la colonie des pensionnats et demi-pensionnats payants.
Les dépenses inscrites au budget de la Gochinchine pour l’enseignement sont d’un million de francs environ.
Cambodge. — Le service de l’instruction publique ne fonctionne pas encore d’une façon régulière au Cambodge. Il y a une école municipale à Pnom- Penh, mais ce sont surtout les religieux de la Mission du Cambodge et les sœurs de Saint-Paul de Chartres qui donnent l’enseignement. Ils possèdent 26 écoles de garçons avec 900 élèves et 24 écoles de filles avec 800 élèves. L’école de Pnom-Penh reçoit environ deux cents élèves, pour les neuf dixièmes Cambodgiens, le reste métis cambodgiens et Chinois. Deux instituteurs européens diiâgent l’école; ils sont assistés de trois instituteurs indigènes et d’un pi'ofesseur de caractères khmers. Dans la résidence de Kampôt un instituteur cambodgien enseigne à soixante-dix élèves.
Par rapport au chiffre de la population le nombre des enfants qui suivent les écoles est presque insignifiant.
Annam. — En Annam, les Missions de Cochinchine ont envoyé des représentants qui ont ouvert des écoles où ils instruisent plus de douze cents élèves ; des sœurs de Saint-Paul de Chartres ont également fondé des classes et des orphelinats auprès de Hué. Une école française laïque a aussi été établie à Tourane par l’Alliance française.
Tonkin. — Au Tonkin, les Missions étrangères et les sœurs de Saint-Paul de Chartres ont depuis longtemps fondé de nombreuses écoles et des orphelinats ; aux missionnaires sont adjoints
des instituteurs indigènes ; le nombre des élèves de ces écoles dépasse sept mille.
D’autre part, depuis l’établissement du protectorat, le service de l’enseignement public a été créé et comprend dans chacune des villes d’Hanoi et d’Haïphong une école française de garçons et une école française de Allés; elles comptent quatre-vingts élèves. Douze écoles franco-annamites réparties dans tout le Tonkin reçoivent un millier de jeunes garçons ; deux écoles de même nature, instituées pour les Ailes à Hanoï et à Nam-Dinh ont cinquante élèves.
Le personnel de l’enseignement au Tonkin comprend un chef de service, un professeur directeur du collège des interprètes, neuf instituteurs et huit institutrices.
En Annam et au Tonkin, à côté de l’enseignement européen, l’enseignement local, particulier aux indigènes, a continué à subsister.