AVERTISSEMENT
Le système, dont les bases viennent d'être posées, a soulevé, depuis sa publication, des objections nombreuses. Cela devait être. L'enfance a peur des fantômes ; l'ignorance a peur de l'avenir.
Toutefois, les critiques dont ce livre a été l'objet avaient présenté, jusqu'à la Révolution de Février, un remarquable caractère de modération et de convenance ; elles témoignaient même d'une vive sympatliie pour la nature et le but de mes efforts.
Après la Révolution de Février, les réfutations ont fait place aux injures et aux calomnies. Les ennemis du peuple se sont déchaînés, avec une rage qui semblait tenir de la démence, contre cet ouvrage et son auteur : preuve certaine que j'ai dit la vérité !
Parmi ces insulteurs de bas ordre, je suis obligé de ranger M. Proudhon, zoïle sans valeur, écrivain sans idées, économiste sans principes, grand diseur de riens et d'injures, grand remueur de mots, qui a épuisé la contradiction, qui , violemment épris de lui-même et admirateur du bruit qu'il fait pour attrouper les passants, croit soulever les questions quand il les embrouille, prend le tapage pour la renommée, la grossièreté pour de l'énergie, et a composé des livres qui seraient le néant s'ils n'étaient le chaos. Les objections qu'il op-
pose h V Organisation du Travail sont celles-ci : — Le Gouvernement est sans compétence pour établir une Révolution sociale ; — TEtat ne fait pas la banque ; — l'Etat n'est point assureur ; — l'Etat ne fait point le commerce d'entrepôt, etc., etc.. Comment ne pas s'incliner (levant ces triomphantes assertions, qu'on nous donne pour des arguments?... Mais M. Proudhon est de ces hommes, je l'ai dit ailleurs, qui se font une perruque avec un cheveu et se drapent dans une ficelle ! Passons.
Je ne parlerai pas de M. Louis Reybaud qui, après avoir composé pour les femmes de chambre et Messieurs les laquais une turlupinade intitulée : Jérôme Paturot, s'est avisé d'écrire sur les Réformateurs deux plats volumes qui , sous une forme grave, font rire, tandis que, sous une forme facétieuse, Jérôme Paturot fait pitié. Les niais, quand ils sont insolents, ne valent pas qu'on leur réponde, et le dire, c'est déjà leur faire trop d'honneur.
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