TH ORGANISATION
de l'hubileté de son chef se donnera-t-il de de cœur un chef inhabile? Voilà toute la qui u M. Louis Blanc admet que l'Etat, fonds » ateliers sociaux, réglera la première ann » fonctions et les bénéSces. Si une fois i! Il » et le fait bien, pourquoi le d<^'nantir de ce »lége(l)?»
De peur qu'il ne finisse par abuser de Vét pouvoir que lui conférerait le système, par^ son dernier degré de développement; et au pour que la tAche pour lui ne devienne trop lO lorsqu'il aurait h régler administratiyementi plus tel ou tel atelier, mais toutes les braocl l'industrie.
Evitons recueil contre lequel est venu él le Saint-Simonisme. Les fondateurs de cettl trine avaient bien vu que seule la main de était assez forte pour détourner la société dl min des abîmes ; mais, trop préoccupés deSi tages de l'initiative gouvernementale, ils d^ rent le but. Au lieu de confier à l'Etat le . diriger, de régulariser le mouvement indust lui imposèrent l'obligation de réglementer 1! trie dans tous ses détails : de là tout à la fois i sibilité d'action et possibilité de tyrannie. Certes, nous ne sommes pas de ceax.^
^^■1) itnHte de t'Aveyron et du Lot, oaïaùro dÉ|H
^B DU travail;
Bffie au principe d'autorité. Ce principe, dous LS eu mille fols occasion de le défendre contre attaques aussi dangereuses qu'ineptes. Nous ns que lorsque dans une société ia force orgae n'est nulle part, le despotisme est partout. Il t pas une ligne, dans ce petit livre, qui ne soit lotre part une douloureuse protestation contre Iche abandon des pauvres, abandon qu'on ose eler la liberté ! Mais si nous voulons un pouvoir tnreux et actif, nous sentons, d'un autre c6té, 1 y aurait folie à le supposer infaillible; nous lous dissimulons pas qu'un gouvernement, quel
soit le mérite de l'organisation politique qui aura donné naissance, se compose d'hommes issibles à des erreurs et à des passions dont istence de la société ne saurait dépendre. Le blême à résoudre pour nous a donc été celui-
créer au pouvoir une grande force d'initiative,
âyitant toutefois d'absorber dans la vie du pou-
' celle de la société.
( VËtat fournirait les premiers fonds. Cepen-
ant il ne parait pas qu'il soit admis à participer
m bénéfices ni à percevoir aucun intérêt. Cette
ifférence de TËtat aus autres capitalistes n'est
tas juste (1). :
£t pourquoi donc n'est-elle pas juste? Est-ce
lJ&^|AltDiâ» (Uil"' mus 1.631.
1*4 OKOAtnSATTON
que vous considérez i'Ëtat comme an flpéei est-ce qu'il a un iiitérût distinct de celui i société qu'il représente et qu'il résumer
i( Une part des biinéBces seroit consacra y> légement des crises qui pèseraient BUr d » industries, toutes les industries se derant. u secours. Très-bien ! si les autres industf! s «aient part de leurs bénéfices à l'atelier » mais cela ne (louvant être jusqu'à leoT >i organisation, il f saroit injustice. »
Aussi n'est-ce qu'entre les diverses ind tmialement organisées qwe doit avoir lien,!
notre projet, cette mutuelle assistance.
a Une antre part des bénéfices serait cfll H à fournir des inslrumenls de trarail à et I) voudraient faire partie de l'associa tion, >i drail ajouter que le prix en serait retenu » salaire; que ce serait une avance, non' » dcQu, sous peine d'injustice; car lecapitt » Tourni par l'Etat, donner gratuitement i » strumentsde travail à certains ouvriert, » fouiller le grand nombre au profit dapc > bre (1). >.
Vous auriez raison si le système propoe^ pas destiné a se développer de façon à co Vtioiversaltté des travailleurs. Mais c'
ïrtï tftAVÂït. Kl
ÏT*è?î ée tésûltat que bous détnchofti du Capital ►9S»5dé par l'atolier social une part qui ne doit ■e employée qu'à son agrandissement, et qui par nséqnent appartient d'ayance à tous les travailhrs sans eïceplion. Retenir sur le salaire de l'ou^ î pris des instruments qiii lui sont ni^cessaires lur vivre et pour servir la société dont il fait parr, ce serait une injustice et une cruauté, Pilt lui^ Sme l'a dit, l'Ëtat doit aux hommes du peupla
travail ou du pain.
^H^tfrgauisation du travail commencerait par ^^HlHrfrie, tandis qu'elle devrait débuter par t'in-
ffilfHe combinée avec l'agriculture (1). « Et pourquoi donc compliquer inutilement les Kcuhésî Qu'importe que la révolution commença la réforme industrielle? L'essentiel est qu'à
S réforme vienne se lier la réforme agricole. Or
If n'avons eu garde d'oublier cetta nécessaire
iliHe. (Voir page 89.)
'« La conception de M. Louis Blanc est une con- Beplion essentiellement saint-simonienne. Saint-
imon, en effet, n'a cessé de solliciter le poutoit de prendre la direction de l'induslrie, en !»éant des ateliers soumis à des Blatuts de fabripe gouvernementale, et dans lesquels le pouvoir levait attribuer à chacun sa fouction, son Têag
tàimf 1
» dans la hiérarchie industrielle, et sa part dani » les produils ou bénéfices (1). »
Nous avons déjà répondu à ce reproche ; et il eit surprenant qu'il nous soit adressé par un joarnil phalanstérien, c'est-à-dire par un journal cOQSMzi ù l'étude des diverses doctrines socialistes.
Entre le système de Saint-Simon et celui quiefi eiposé dans co livre la différence est manifeste, elle est radicale, elle est en même temps théoriqiH et pratique.
Dans la doctrine de Saint-Simon, le pouvoir ett tout, il fait tout : après avoir tiré en quelque sorti de son propre sein le droit de s'imposer à la société il la façonne à son gré; c'est lui qui classe les capacités, c'est lui qui distribue les fonctions, c'olli lui qui préside au travail de tous, c'est lui qui poH^J voit à la distribution des richesses. Dans la docirw de Saint-Simon, l'Etat, c'est le pape de l'iiiduitrie. Dans notre projet, au contraire, l'Etal ne bit que donner au travail une législation, en vertu ^ laquelle le mouvement industriel peut et doit $'»• complir en toute liberté; il ne fait que placer II société sur une pente qu'elle descend, une fM qu'elle y est placée, par la seule force des choSt* et par une suite naturelle des lois du niécaDiMM
Mili.
I Phalange, numéro du 23 Efplïmbrc 1940.
DU travail: m
Dans la doctrine saint-simonienne, la hiérarchie s'établit essentiellement par l'élection d'en haut. Dans notre projet, au contraire, la hiérai chie s'établit essenliellemeot par l'élection d'à has.
Dans ]a doctrine saint-simonienne, l'intervei (iosderEtat dans l'industrie est permanente; du notre projet, elle n'est en quelque sorte que piî nordiale.
Dans la doctrine saint-simonienne, l'action de ia société s'elTace entièrement derrière l'action du Dans notre projet, la société reçoit l'im- <n du pouvoir ; mais, son impulsion reçue, elle as soumise qu'à sa surveillance.
Dans la doctrine saint-simonienne, le problème la répartition des bénéûces est résolu par celte >e formule : à chacun suivant sa capacité; à capacité suivaitl ses œuvres. Dans notre i,rinégalité d'aptitude n'est assigi\ée pour base la flitférence de rétribution que transitoirement et i avec des restriclioas importantes. De telle sorte S qae ce qui forme le principe de la morale saintnmemenuo n'est, dans notre projet, qu'une concesBÏon nécessaire à des idées que nous regardons comme fausses et sur lesquelles nous voulons que l'éducation fasse prévaloir les notions d'une morale supérieure. ^M
OHGANISATIOK Ainsi donc, entre le système de SBÎnt-SiBwm et te ndlre il n'y a rien de commun, ni le but Gnri, ni les oioyenB, ni la morale.
(f Quant aux ca{iitalistes, M.Louis Blane, ifi » veut bien que l'iiitérôt de leur argent soit garanlf » sur le budget, les exclut de toute participation » aox bénéfices réalisés par l' atelier. Nous mm M bornerons sur cette étrange exclusion aux éeta » remarques suivantes ; la première, que, c'est fort M mal entendre la couse des classes ouvrières qiiedii M ne pas intéresser directement les capitalistes i » l'amélioration de leur sort. Et en efTet, si ]tt » établissements dont il est question doivent em^ y liorer la position de ces classes, il imporie de ht n multiplier ; et le meilleur moyen d'arriver à ce rén sultat, c'est de faire qu'ils soientun bon placement « pour les capitaux : il faut donc que les capiloiR n ««nt part aux Jjénéficcs. Notre seconde retant- » que sera .celle-ci : le capital, en tant que b> » calté concourant h la production, a-t-il ou n'a-t*i n ps la It^itimiEé des autres facultés productive!! » Voilà la question. S'il est illégitime, il préled » illégitimement h une part dsnsia production , il faot H l'cxeluro, il n'a pas d'intérfit à recevoir; si a» » contraire il est légitime, il ne saurait être légB^ » mement exclu de participer h des bénéfieer' » l'accroissement desquels il a concoura {}). (i) Phalange, Dunéro du 23 uptembre, iSU.
^ DU TRAVATt,.
ÎA gestion est posée d'une manière très-c( fOse dans les lignes qui précèdent. L'écrirain a s«l \^M\S voulu nous demander si, d'après notre o| ÎA était équitable d'accorder au capitaliste, ^les bénéflces de la production, une part égale celle du travailleur.
Eh bien ! nous répondons sans hésiter que Jt là, dans une société normale, le comble :ité et de l'injustice. Comment I voici nn la qui a trouvé dans la succession paternelle million, bien ou mal acqiiis par son trisaïeul. Riche, parce qn'iïs'eif (forint la peine de naître, tomme le noble de Beaumarchais, il daigne perlettre à l'industrie de faire fructifier ce million. Du reste, il passe ses jours à la- chasse, il court les ictacleset les promenades, il emploie ses veiih jeu, il use sa vie tout entière dans des plaii Ofa des occupations qui n'ont pour but que la satii
iîon de son égoïsme. Et parce qu'il n'aura pas i fclopîdement enfoui dans la terre cette valeur d'un MlKon qui existerait sans lui, qui existait avant qu'il ignore l'art de féconder, dont il ne sait tnfin que toucher et consommer le revcnn, vous loi accorderez dons les fmits de la production une part égale à celle de l'homme intelligent et labo»lietnc par qui cette richesse est accrue, mise au siMjH g^^tot», et dont la vie n'est tpCoa sam^^^
les
perpétuel h la sociélé ! i}uelle justice distrij bon Dieu l Et que penser de ceux qui, roulai former le monde, ne voient pas dans une sem] répartition des bénéfices une brutale violatù toutes les lois de ta justice et un outrage à la j humaine?
Direz~¥ODs que le capital n'est pas, dans l'i de la production, un élément moins indispei que le travail lui-mérae? Eulendons-nous ce que le capital et le travail sont deux éléi également nécessaires à la création des ricti devons-nous conclure qu'au point do vue d( quité, le capitaliste et le travailleur sont agents également méritoires? Une telle cône serait extravagante.
Direz-vous que tous les capitalistes ne soi des oisifs? D'accord. Mais pourquoi faire si g la part de ceux qui le sont? et dans ceux ^
I le sont pas, pourquoi rétribuer l'homme richj ou autant que l'homme actif?
Direz-vous que si cela est peu équitable, a du moins utile? Mais, d'abord, c'est une p philosophie, et bien usée, que celle qui sépi qui est utile de ce qui est juste. Kt puis, qo! vous prétendre? Comment la société pourrai trouver sou profit à mettre sur la même lî^
^^Uces impirsoiinels que lui rend le capil
ÏU TEAVAIL.
servîtes personnels que lui rend le travailleurî
travail meurt avec le travailleur : le capital urt-il avec le capitaliste? Il n'y a rien d'imposle dans l'eiistence d'une association vivant sur un )ilal collectif, et l'histoire nous offre plus d'un împle de ces sortes d'associations. Ainsi l'on peut icevoir une société sans capitalistes : une société is travailleurs se peut-elle concevoir? Donc, bien p le capital et le travail soient également nécesres, les capitalistes et les travailleurs ne le sont B également, L'existence des sociétés ne dépend s des premiers- d'une manière absolue, tandis 'elle dépend d'une manière absolue des seconds. U lors n'est-il pas manifeste que si les seconds sont )ins bien traités que les premiers, cela vient de ce |e toutes les notions du juste et du vrai ont été renver- Ç8, et de ce que la civilisation a fait fausse route?
Direz-vous qu'il n'en saurait Être différement ? Prenez garde î Si voua parlez de là , vous trdez le droit de parler d'équité, de morale, de ^ès ; vous perdez le droit de parler de Dieu. A Providence disparait pour faire place au plus feogle, au plus grossier fatalisme.
Itevenoas au dilemme dont nous avons reproduit B termes ; v S'il est illégitime (le capital), ilpréadÂl lÉaitimenienl à une part daiw la production, ^^Bucclure, il n'a pas d'intérêt à recevoir. »
:iples aa^
lU OR AmSAttON
Ceci n'est qu'un sophisme. Les disclpli rier savent aussi bien que nous combien est la puissance des faits existants. Bien ou nii stituée, fa société est ce que l'ont faite des fausses, de tristes préjugés, une ignorance raie, et des iniquités tradition nelles qui ont sieurs siècles de durée. II faut bien tenir coiii{l tout cela si on veut arriver à une solution pral Nous demandons que Tatelier social paye aus talistes l'inlérfit de leur argent, et un intérêt^ 1° parce qu'il importe que les établissement posés ne repoussent aucun des moyens qui { nature à favoriser leur développement; 2' que noire projet ayant pour but une rénovai!
doit finir par embrasser la société tout enli importe que les capitalistes soient sotticîléâ; vivement que possible à entrer dans l'assoC générale, de manière à ce que la concentrai toutes les forces éparses s'opère avec rapidité.
« Le meilleur woj/m d'alleindre ce i » c^est de faire que le» capitaux aient fart >i néfices. ))
Nous ne nions pas que, dans ce cbs, Ttf^ fût plus grand pour les capitalistes. Maïs Xà tion est de savoir si, pour les attirer, il ne pas de leur offrir de leur argent un intéréf ^Kb considérable que celui que l'Etat fàljc
' rentiers. Car si cela démit BafBre , 1 delà serait tnie Tolie, puisque co serait rîfier sans utilité la rigueur des principes. Or, lis disons que, les ateliers sociam une fois en bvement, les capitalistes seraient d'aatant plus ftés h y entrer, que par suite du progrès de ces ibKssennentSjles occasions de placement individuel Bïinneraient de jour en jour.
'Kous dematidercz-vous quelle raison nous porte, itsorption des eapilani individuels étant rendue I on tard inévitable par notre projet, à ménager si ft les capitalistes, et h leur adoucir à ce point une ■te qu'il ne leur serait pas possible de ne pas icendrc î La raison qui nous porte à ces ménagehrts, ce n'est pas seulenient le désir de transiger fec des répugnances trop nombreuses et des prêtés trop profondément enracinés; c'est plus et lenx que cela. Réformer la société, sans la boulener; donner aux intérêts une direction plus ïéhde et plus tntélaire, sans ébranler avec une im- Kience sauvage les existences fondées mfimc sur ï Hblis qu'on cherche à détruire; préparer l'aver> en an mot, sans rompre violemment avec tout [jnsaé... est-ce un calcul seulement? Non; c'est \ dÊVoir.
mque à la critique de M. Louis Blanc une lllsentielte , et sans laquelle elle est en
lu ORGANISATION
M quelque sorte priv(5e d'appui ; nous vouloili
» de ladétcrminatioQ des faits auxquels on
» porter la concurrence ; car cette cond
)i auarchiqne, si justement condamnée par Si
» Blanc pour les déplorables conséquences
» engendre, est d'abord un effet avant d'
» cause, Or, n'est-ii pas de toute nécessité
}i veut arriver à des conclusions rigoureui
>i déterminer l'ordre de faits auquel la coniS
» doit Cire rapportée ? Eli bien ! c'est
» M. Louis Blanc a complètement oubliée
y> Nous lisons bien cette phrase au miliei
» article; De l'individualisme , ai-je dil^
» coiicurrence. Mais nous avons vainement
» dans tout le cours de l'article un passa
» lement où M. Louis Blanc eût pris la [i
I » faire la théorie de la génération de la conC
r » par l'individualisme. IVous sommes enu
^M trouver. — D'ailleurs qu'cntend-il ici pa
^fe vidualisme ? On ne saurait entendre pa^
H}t le morcellement des industries, l'isolen
» familles constituant autant de groupes il»
» séparés, insolidaires et forcés de se faire I4
i> c'est-à-dire d'exercer la concurrence ej
» anarcUique. De ce morcellement industl
n cet isolement des familles, M. Louis Q
^Kdit pas un mot. Voilà pourtant la grand
DU TRAVAIL. ISS
de la concurrence qu'il déplore, la grande source de toutes les misères industrielles et morales sur lesquelles il appelle l'attention des publicistes et du pouvoir. N'est-ce pas une chose vraiment biea ^étrange qu'un pareil oubli? Quoi! vous venez nous proposer un remède pour certaines plaies I sociales , vous prétendez que ce remède est lo- I giqne , rationnel ; vous voulez que notre raisoD en juge, et vous oubliez de nous parler des causes qui engendrent ces plaies ! (1) »
Le rédacteur de la Revue de l'Aveyron et du Lot indu d'avance , et pour nous , à cette objecrédacleurs de la Phalange. Nous repro»
^S cette réponse , qui est victorieuse :
<t Pour guérir les maux de la concurrence , a^ t<in dit à M. Louis Blanc { la Phalange , n" du leptembre 1840), il aurait àii remonter jusla cause même de cotte concurrence , qui morcellement industriel, l'isolement des faet attaquer le mal dans sa source, ce qu'il
int fait Ce reproche me semble injuste.
concurrence, dans son sens vrai {cam-curcourir ensemble) , est la prétention simulde divers individus au même produit ,t) prétention qui entraîne la lulte. Cette préteotioi OD fait primitif, découlant de la nature ha-
ou TRAVAlTv.
^ qnetqnes sauvages. Dans toutes nos sociétés , les f famitlei sont depuis loog-temps sorties i& cet lisolement, et dans l'œuvre de !a production I elles ae sont constamment associées entre elles, ' d'une manière imparfaite , il est vrai , et non io* itégrale, par l'échange mutuel, le prêt on h) I louage des instruments, des talents, des braS. ' Le morcellement absola qui correspondrait à cet < isolement absolu n'est pas moin» chtmériqnâ. ' Ainsi, ni l'un ni l'antre ne peuvent être les I eeuses génératrices de la concurrence. La Con- I currence , je le répète , et le morcellement , sont » des faits priraitiFs de deux ordres parallèles , et 'se fortifient mutuellement. Attaquez la concur- ' renée, du même coup vous frappez le morcelle- ' ment ; détruisez le morcellement , vous atteigne^ I h concurrence. L'isolement familial , qui tient K I la fois do morcellement par les instrnmenis iê k tmreil et de la concurrence par les agents, snU \ Tra nécessairement le sort de l'un et de l'autre.f » Ainsi , M. Louis Blanc aborde le problème de' ^ l'organisation du travail h sa hauteur conrenablej I eo visant droit à la concurrence (1). n
Le Constitidionnel a consacré à l'exposition Se lOtre projet un article plein de biErnreitlance pou^ sa** M alheureusement nos*idées y sont exposées, ^^^^■k di PÂVtyron et 4u lot, numéro du IS février 1641. .
non discutées. L'auteur se borne à nous reprocher en termes vagues l'exagération de nos prémisses et le tour absolu de nos conclusions. Qu'est-ce à dire? Les faits sur lesquels nous nous sommes appuyé, ce sont pour la plupart des chiffres extraits dt rapports ofCciels. Quant au\ conclusions que nou CD avons tirées, le lecteur est en état de juger codh bien d'efforts nous avons faits pour en plier la logique à la nécessité de ménager les transitions.
f( L'atmosphère des inlér/!ts , dit l'auteur da M l'article dont il s'agit, a peut-Être besoin , coninH )i le nûtrc , d'orages qui l'épurent , et il est certftîi y> que , quelle qu'en soit la violence, l'équilibre » n rétablit à la longue (1). »
Mais le mal que nous avons décrit est-il iont un mal accidentel? Ces milliers d'ouvriers que 11 misère prend au berceau pour les conduire jiH' qu'à la tombe ne souffrent-ils pas d'une manièn permanente et continue? iN'est-elle pas de tous Is jours , de tous les instants , cette aUreusc lutte <]V engendre les vices les plus hideux , châtiés par Id plus cruels désastres? Les crises industrielles, ù c'est là ce que vous entendez par ce mut oragts, les crises industrielles sont une aggravation mo* meotanée du mal ; mais sont-elles tout le malf Bl
^^LCotu(i{H(lonn«f, numéro du Vi df'xmbio 18^0.
w^^ÊH les jugez-vous propres à imputer l'atmopptère des intérêts?
|i La société se trouve-t-elle en meilleure voie Ï6 jeDdemain de ces sam^e qui peut de l'industrie où )ums voyons des ateliers qui se Ferment , des capi- ■nxqui se c»client ou sont anéantis, des Faillites ■DÎ enfantent des faillites, des fortunes qui se renlersent les unes sur les autres , et la pile multitude les prolétaires sans travail qui cherche son paiâ nlre l'insurrection et l'aumône? L'équilibre se ré- JMilit à la longue? Hélas ! ne comprenez-vous pas Vue vous transportez dans l'histoire de l'industrie Kpaot fameux qu'il faudrait laisser aux sanglantes les de la politique : L'ordre règne à Varsovie ï t une chose vraiment étrange que l'obstiné que nous mettons, dans ce prétendu siècle îes lumières, à nous entourer de ténèbres pour ne Innt apercevoir les plaies qui nous rongent ! Nier M'Hessures est-ce les fermer? Que nous ressem- Ifons bien à ce philosophe de l'antiquité qui, eu Toie aux plus vives souffrances , s'écriait : (f Gf- • douleur! tu ne me forceras pas à avouer que ta » sois an mal! n Orgueil puéril! Occupons-nout
t chasser la maladie : nous n'aurons pas besoiif nous mentir à nous-mêmes pour la braver.
I Mais il y a des gens qui font à Dieu cet outrage raffirmer que le mal est immortel ! Voici ce que
ISO ORGANISATION
le Globe opposait derni^rcmeut à notre Bystèmo i « Qui niera los plaies de l'ordre social actuelî j) Ce De sera certes pas nous. iNous avoas vu l'Afri- M cain que l'on nomme esclave, et l'Européen qnf » l'on nomme citoyen; nous les avons suivis todi » deux dans les diverses phases de lour esiglaaat y. de prolétaire ; et, certes, nous savons do quel tbi » est la plus forte somme de misères. Mais ces is- )) fortunes matérielles sur lesquelles on rovient n» Il vent, et qui servent de pâture quotidiennoen M publications du parti radical , révôlent-elle» n n état aussi anormal qu'on veut bien le dire, '} état dont il faille sortir à tout prix '/ Me sonl » pas, au contraire, à quelques modiGcationfi >' (bienfaits d'uue législation plus ou moiBl u faite], fatalcmentinliérenlesiiil'esisteiicedel M les sociétés bumaincs'? Je ne vous pas i| M d'autre argument à la démonstration de cet( " rite que celui que vous me fournirez vous » Le riche . dites-vous , succombe lentement ii » mystérieuses blessures , et fléchit peu à peu : ') sein d'un bonheur apparent sous le poids da » commune souffrance. Avez-rous songé, en étxr >i vant ces lignes, k la déduction philosopjiiqi >> en découlait si naturellement? vous ue sa' ^. Urei que celliï'ci : C'est la misère du psw ^^Bb. la douleur du ricbe. Ëtrangi»
m TRAVAIl, I5i
ige philosophie matérialiste qui se heurte aux rites et les change en erreurs ! Non ! ce p'est s la misère du pauvre qui l'ait la douleur du he ; l'une est, si l'on peut dire, le commeure providentiel de l'autre. Ces mystérieuses essores, comme vous les appelez si bien , sou» Kjuelles succorohe lentement l'opulence , ne Qi revèleut-elles pas qu'il ne saurait Être donné aucuns organisation humaine de rivaliser le nheur matériel , de le réaliser par des moyens irement humains ( 1 ) ? »
pensez-vous? Mais avec de pareilles doctrines allez droit à la négation de tout piogrès. Car ftel droit affirmerieï-vous que c'est seulement Ms, le quart, le cinquième du mal qu'il est ^éh l'homme de détruire'.' Où fiser , sur la edu progrès, la limite qu'il est permis d'at-' }re et qu'il n'est point permis de dépasser?
rttyez-vous au progrès , oui ou non ? Dans le IM^r cas , je vous déûe d'en assigner les bor* pans le second , je n'ai plus à discuter avec
Ip accuse de presque tous nos maus la corrup- ,^» la nature humaine : il faudrait en accuser
É institutions sociales. liegardoï autour ne d'aptitudes déplacées et par consé- , IKOVS 1841.
■ra ORGAïaSATION ^^
quent dépravées ! Que d'activités devennes tn lentes, faute d'avoir trouvé leur but légitim naturel 1 On force nos passions à traverser un lieu impur; elles s'y altèrent : qu'y o-t-il de' prenant à cela? Qu'on place un homme saini une atmosphère empestée, il y respirera la nu
(f Notre nature, a dit M. Guizot, porte en i » m6me un mal qui échappe à tout effort han n Le désordre est en nous, La souffrance , inéj » ment répartie , est dans les lois providentielU n notre destinée (1), » '
Voilà donc leur philosophie ! philosophie i pérante s'il en fat , mais du reste bien appro h un régime qui consacre les angoisses de la (
Eh bien ! voici le problème à résoadre pareil régime : comment persuader à cette immense qu'on dit destinée à soufirir, à rà BBDS consolation , à souffrir sans espoir, i m en vertu des lois de la Providence ; commei persuader qu'elle doit croire , en eflFel , et se gner à la fatalité de son destin ? Comment coD son désespoir? Quelle barrière opposer à l'ffl des désirs inassouvis qui s'élèvent de son
Dans les sociétés antiques , ceux qui Bout sans espoir, c'étaient des esclaves.
L'esclavage détruit, que St le catholicÎHw:
^^B Bévue /'ranfaiis, nutnéio de man 1B39.
DTT TRAVAIL. 133
^r le peuple, qu'il ne voulait pas émanciper, à tODtenter de son sort, il remplaça le fatalisme (que par le dogme fameux de la souffrance mrf— |»>e; il cria aux malheureux : Souffrez sans yoqs pidre , car la soufTrancti est sainte ; souffrez avec I, car Dieu garde à vos douleurs de célestes et fiables dédommagements.
lais ce dogme n'a plus de puissance sur les :îts. On a compris que ce n'était qu'un so- {Bie propre à empêcher la légitime insurrection bpprimés contre les oppresseurs ; et ce sophisme le est tombé avec toutes les tyrannies auxquelles Bit si long-temps servi de base, bmment donc l'allez-vous résoudre, ce formi- B problème de la résignation , philosophes et Seus du régime actuel? Par quel frein moral jpdreZ'Vous dans leur misère tous ces hommes [votre philosophie condamne à des souffrances lendemain î Ne voyei-vous pas que les révops qui ont passé sur nos tètes ont donné à ce le la conscience de sa force? Ne savez-vous pas d'un bout à l'autre de la société, ce cri matt i' égalité a retenti , qu'il a pénétré dans toutes mes, et qu'il a éveillé des désirs jusqu'ici inus? Voilà un fait dont il vous est commandé kiir compte. Heureux ou funeste , approuvé ou Us
ORGANISATION M. Guizot sentait bien toute l'importsa cette question , lorsqu'il s'écriait à la tribaE
TRAVAIL EST 0N FRBIM !
J'entends : cequ'étaitle fatalisme pour lesn des sociétés antiques, ce qu'était le dogme résignation pour les serfs du moyen hge, faim le soit pour les pauvres des sociétés foi\^on8 le peuple à truvailler pour vivre, de| commencement du jour jusqu'à son déclin; qi existence, entièrement cmploj'ée h d'abruti travBui, ne lui laisse pas le loisir de peflHI est homme : la sécurité des heureui. du mOE pourra pliia être troublée.
Râverii! et folie que tout cela I Le mof serait pas seulement burbure : dans le réglD tuel, il serait absurde.
Pour que le travail (ûi un frein, au moilt drait-il que le travail ne fit jamais défaut i, qu'il doit contenir. Or, nous avons pi concurrence illimitée avait pour réstdl da laisser xm grand nombre de trsi 6 et affamés.
g jour, la seconde ville du rajaoms Til lers d'ouvriers sortir de leurs ateliers ï (lent et le fiisd k la main ; un drapeau fut
É place publique , et sur ce drapeau ou m trmaillani ou mourir en çotniati
ptM^'lÂ, les otivrierg lyonnais avaient naDqné pro*> lablenieot du frein moral do M. Guizol lU p Trouver un frein moral dans un système qui I» md absolument nécessaire, voilà donc une dm inpossibilitt^s du régime actuel ; voilâ un des pro» Oèmes qu'il faut absolument résoudre, el que nom Imons dans riB(ér6t du riche comme du pauvr») lu fort comme du faible , de ceux qui jouissont bnnte de ceux qui soaiïrent. Car, nous ne sautons assez le répéter, plaider la cause des mnihe* fettt, c'est plaider la cause do la société tout eni«re.
If 11 est un écuell contre lequel M. Louis BloïK- ^ s'est pas suffisamment prémuni : une vit»
^compassion pour les maux des travailleurs l'en» ' traîne à prononcer un arrêt rigoureus contre la l'Jirincipe môme de notre organisation du travail } •H impute à un vice inhérent au système les ni^ptômes inséparables d'une mise en œuvre ré- 'sente et incomplète (1). »
il résttllerait de là, selon le rédacteur du Siècle, ne la concurrence est un système nouveau, qui ^ pas encora fait son temps et qui veut être pe^ lettonne. Mais, pour peu qu'on lise altentivemfidt l'Orilique que nous avons faite de ce système , oB ►■■tMW Încra que c'est â son principe même que ^^^mhle, Duméro du 23 aoùl 1840.