‹ Organisation du travail (volume 3)Chapitre 17 sur 19 · S4 ORGANISATION · texte numérisé non relu

S4 ORGANISATION

i> pas la famille , en conduisant h l'abolitioD de l'h^

Il ritage'/ii

Si l'ciistence de lo famille était indissotubieinent liée au principe de l'hérédité, noiiB concevrions l'objection ; car il est certain qu'en poussant la taciété à vivre sur un capital collectif, nous rondoof un état de choses où l'abolition de l'hérédité devint, sinon nécessaire , au moins possible.

Mais s'est-on bien rendu compte des causes qui ont fait jusqu'ici regarder comme absolument coonexes la question de la famille et celle de l'ht^rédité' Que , dans l'ordre social actuel , l'hérédité iiÀ inséparable de la famille, nul doute à cela. Etk raison en est précisément dans les vices de cet urdrs social que nous combattons. Car, qu'un jeune homnit sorte de sa famille pour entrer dans le monde, s'il s'y présente sans fortune et sans autre rccommau* dation que son mérite, mille dangers l'attendent; h chaque pas il trouvera des obstacles; ga vie s'usiïi au seio d'une lutte perpétuelle et terrible, dan), laquelle il triomphera peut-(lre , mais dans laquctl<) il court grand risque de succomber. Voilà ce qUj ^ l'amour paternel est tenu de prévoir. Le père ^ famille qui ne chercherait pas k amasser nu capiUl pour SCS enfants, dans une société telle quf. la nuire, jouerait évidemment leur avenir ik la famille, dans une sociélé semblable

1 loterie. J^ l a dwicfl^l

Itmditîon nécessaire l'hérédité. Mais changez le mî- KeD où nous vivons ; faites que tout individu qui se ffësenle h la sociélù pour la servir soit cerlaiii d'j 'ouver le libre emploi de ses Faculli^'s elle isiuyel^ 'entrer en participation du capital colleclir; Ift févoyance paternelle est , dans ce cas , remplace la prévoyance sociale. Kt c'est ce qui doit élre, tour l'enfant, la protection de la famille ; la pro- ^ion de la société pour l'homme !

Oq avait dit aux Saint-Simonieiis : n Sans hé4

Sdité, pas de famille.» Ils répondirent: "Eh bien!

étruisons et la famille et l'hérédité. » Les Saint-

imoniens et leurs adversaires se trompaient é^a^

lent en sens inverse. La vérité est que la famille

an fait naturel qui , dans quelque hypothèse qm

Boit, ne saurait être détruit; tandis que l'héré-^'

é est une convention sociale que les progrès de I&

leiété peuvent faire disparaître.

Eh quoi ! il serait dans l'essence des choses

rait conforme aux lois de la nature qu'un fils pÛt

» amené à compter avec impatience les jours de

tsmme qui lui a donné la vie ! Elle serait inlié-

âte  TeRsence de la famille , une condition qui

cet abominable rapprochement : « Un ti ilrichc, il vient de perdre son père!» Non, non, DOB calomniez la nature en la rendant responsable] ^çe qui n'est qu'une nécessité des vices de votre

ne-

KM

ordre social. Vous outragez la saintetii de la ti en subordonnant d'une manière absolue son e^iiM au maintien des lois d'une civilisation corruptr corrompue.

Le pauvre qui, aujourd'hui, n'a rien à las ses enfants, le pauvre a-t-il une famille? répo S'il en a une, la famille, même dans l'j milieu où nous sommes, peut donc jusqu'à t lain point exister sans l'hérédité. S'il s'en i justiGez vos institutions, et hâtez-vous... LaE ne saurait 6tre nn privilège.

Tout est admirable et touchant dans l'exil de la famille, si on la considère uniquci point de vue de l'éducation donnée à des 6lr ne peuvent encore se suffire. Et , sons ce rai elle est le nécessaire fondement de la sociiSlé; alleu aa-delà , conduisez la fumille jusqu'à 1' dite, aussitôt vous vojeif entre l'inlértt «d , l'intérêt domestique se creuser un aUm que le principe d'hérédité donne â l'un ne l'ei t-il pas à l'autre? N'occorde-t-il pas à droit de paresse? N'arrache-t-il pas d'aw celui-là les instruments indispensables i 90B ligence et A son activité? Quand les riches Q aux nobles : <c Qu'avez-vous fait? vous TOt - dppBéia peine de naître ; » les nobles D'auraj

té^

las pu répliquer, en s'adressant aux riches par hétage ; « Et voua? «

Résumons-nous sur ce point. La famille et Vh ■édité ne sont inséparables que d'une manière rela- ;ive et dans un certain ordre social. La famille vient ieu ; l'hérédité vient des hommes. La famille imme Dieu, sainte et immortelle; l'hérédité itinéc à suivre la m6mc pente que les sociétés, i*e transforment, etqueleshommes, qui meurent. Toutefois, et jusqu'à ce que la société actuelle ia transformée , le principe de l'hérédité dans les les ne saurait être trop vivement soutenu. Sa ipression , si elle précédait la réforme de l'ordre :ial tout entier, donnerait naissance à de grands lordres et serait un grand malheur. Nous avons pliqué pourquoi ; nous n'insisterons pas là-dessus nmtage.

IJl ne nous reste plus qu'à repousser le reproche

auquel s'expose quiconque ose s'élever contre

préjugés de son époque, u Vous êtes un uto-

nste, >i ne mauqucra-t-on pas de nous dire. Ah!

raiment ? ,

La science économique et politique est une Bcience de faits : ceci est incontcstohle. Mais quel Bst le véritable rêveur, le véritable utopiste? Est-ce celui qui, à telle époque donnée de l'histoire, |^H tient compte nue des faits qui existent, mai$ d^H

BM». -Iir U a '- : v^' ' ■"• u •••■■■'" ■ -■'■ ^É^

m» ORGANISATION

la durée est manifestement impossible, on eclaîd s'attache principalement aux faits qui n'exi pas encore, mais dont l'apparition est tnévii imminente? Toute la questioD est là. Void] uaisoa dout les nuirsse lézardent de toutes croyez-vous èlre un homme pratique parce vous TOUS obstinez à y rester, au risque d'él seveli soua ses ruines?

Ceci posé, quel^ sont les faits dont se tXH l'histoire contemporaine?

Dans l'ordre moral, lutte de toutes gcnces, ou 8ccpti<:isme j

Dana l'ordre social . lutte de tous les inlérèl concurrence ilhmitêe ;

Duns l'ordre politique, lutte de tous les podl ou anarchie.

Une société qui peut ^Ire décrite de la sorte elle durable ? IN'est-ce pas là cette maison dont lu murs de toutes parts se lézardent ?

Au reste , dans le sein mfime du parti que non» eombattoDS , il n'est fan un homme intelligent i|li ne commence à comprendre la nécessité d'une nth rt^fortne sociale ; que dis-jeî d'une réforme sociale basée sur les principes qui sont exposés dsus os livre. Dans un arlicle publié dernièrement par la Bgvuf des Deux Mondes, et sorti de la plume ^ ■Ik^ Carné, nous lisons' :

^^^^^Ênut det Deux Mondât, numiiro du 1" «epteuAlB

(( Les considéra tioDs sur lesquelles s'appaie l'a» » cole qui réclame avec une énergie sans cesse » croissante l'organisation du travail sont dignes » assurément de l'atlenlion la plus sérieuse; car » les bons esprits ne peuvent manquer d'Mre frap- M pésdes obstacles que rencontrent dans leur marche » les idées placées , voici à peine quelques années , » au-dessus de toute controverse... Qu'arrive-t-il , effet, dans la pratique? Personne ne l'ignore, .chacun en gémit , sans découvrir un remède ir des plaies que chaque année rend plus profondes.... Quoi d'étonnant si , en présence de tant de douleurs, des esprits bardis s'efforcent de régulariser ce qui leur apparaît comme un chaos î L'intervention de l'Etat entre les chefs 'fi d'atelier et les travailleurs; la limitation de la li- » berlé du travail opérée comme celle de la Idierté ^tlfiolitiqucelle-mâme, dans un haut intérêt social ; lollicitude de la puissance publique appelée à lortionner la production aux besoins et aux louchés, pour prévenir, par une intervention des déceptions et des désastres^ enfin, Iroit international réglant et limitant la conrencc des forces industrielles, comme il limite «elle des forces militaires, ce sont là des 'es qui n'ont rien d'étrange en elles-tnêxm » mais qu'il est au moins singulier de voir répai

)i en Europe par les publicistes de l'école r(5publi- 11 cainc, comme la conséquence extrême de leur ») principe. »

Noos pourrions répondre à M. de Carné qnece qu'il trouve singulier n'a rien que de fort simple; que l'école vraiment démocratique n'a jamais professé les étroites et anarcliiques doctrines du Iil>^ ralisme ; que le catéchisme du laissez-faire d'i jamais été qu'à l'usage de ceux qui possèdent aujourd'hui le pouvoir, et qui ne l'ont conquis qu'apri» avoir passé quinze ans à prôclier la religion du déf* ordre. Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Nouï ne citons l'article de M. de Carné que pour l'oploser à ceux qui seraient tentés de nous appeler

lisles. Poursuivons :

n'est pas un écrit émané des hommes "uelque valçur dans le parti radical oii cet oi » d'idées ne se produise, et dans lequel vous n'a] H ceviez des efforts visibles pour transformer l' n meut politique par l'élément industriel. La guerre! » à la concurrence est un mot d'ordre aussi accrà* » dite aujourd'hui dans les rangs du parti démo- » craliquc que la guerre aux privilèges lora do » mouvement de 89, et le bon marché est dcvcoB >i l'idée la plus antipathique à une école qui u «prévoyait pas à coup sAr, il y a dis ans ^^Muiraicnt et des déceptions nombreuses]

h pos er à d ^Hjtaloptjt ^Hll n'<

DU TRAVAIL. 16i

faits nonvcaiix dont elle s'elTorce de s'emparer pour se refaire une popularité perdue. »

Il y a dix ans, l'école démocratique se formait peine, el tout ce que M. de Carné a dit des préindues doctrines de la démocratie d'il y a dix ans 'est applicable qu'à l'école libérale, laquelle est [■ajourd'hui aux alîaires, et à qui, certes, or lorait faire honneur d'une conversion née ieeplions nombreuses et de faits nouveaux; «Me école-là vit encore sur ses vieilles erreurs, et 'est avec d'incroyables pauvretés qu'elle aflîchc la ition de gouverner le monde. Notons bien de Carné reconnaît à nos idées la puissance ir h ceux qui les soutiennent une grande dsrité ! Après avoir cité la déGnition que noi donnée du bon marcLé (voir h la page 41 L de Carné ajoute :

H Ce passage résume d'une manière assez compte la théorie économique dont les esprit* relia ne peuvent manquer de suivre les dévelopmts avec une curieuse attention. Des disci- 'fles de Say pourraient sans doute objecter à M. Louis Blanc que le système de la concurrence et de la liberté commerciale ne saurait fïtro jugé ,» si vite , et qu'il est impossible de le condamner en dernier ressort sur des applications incomplètes et au milieu des résutances que lui

de

* posent encore la plupart des goliretnëinëîjfi |^|

»i péens. Il ^^

Si des disciples de Say noHs objectaient ce i]ut]

M- de Carné leur met dans la bouche, nous I»

ferions observer que les maux de la concurri^f

s'aggravent et se multiplient en raison mélu^H

l'extension qu'elle prend ; que ceci est un Fa^H

contestable ; qu'on ne saurait par consénpiertt^H

guer, en faveur de la concurrence, des apttlîCa^H

prétendues incompli^tes qu'on en fait. N6til^|

prierions en outre de remarquer qu'ils cotifdn^H

mal à propos la concurrence et la liberti^ coml^H

ciale ; que ce sont deux choses fort distinctes;^|

la cause de la concurrence et celle de la lilj^|

commerciale ne sont pas te moins du motive ^H

l'une à l'autre; que, tout au contraire, la toi^H

1 rencc existant. In liberté commerciale est ïifq^|

[ sible. Mois lu polémique nous entraîne, H Î^H

! oublions dans quel but nouH avons citd rurti^Af

la ttemie des Deux Mondes. M. de Carné exjHiftI

rapidement notre système , celui qui est développai

dans l'excellent ouvrafje de M. Adolphe Boyer(l),|

et celui qui est indiqué dans le livre intéressant ^i

^J^^uret sur la misère des classes labortruift m

^^^■ice et en Angleterre, Puis, rappelant que h

be VÈtat de»

Kon du TtwoH,

I propagande cléniocrati(|ae se poursait en France ;S plasieurs formes, et arriTant h la catégorie dans Liaqueile il range les trois livres qn'on vient de citer.

Bk r.ouvaaxEMEHT pbévotakt et éclai

Ïkacubba aux hommes qne peut effarer

«(QDtation d'en abuser les idées mêmes qui font

H LEUR FDBCÊ AU SEIN TES MASSES; il prendr»

rf,rûiitialive de certaines mesures que lui eenl peut

appliquer avec discerDement et sans péril. Lors-

I» que, l'année dernière, des milliers d'ouvriers par-

■ couraient dans un calme menaçant les rues de la

9 capitale ; lorsque, dans des jours de paii et de

a prospérité commerciale, ils interrompaient le

b.eours do leurs travaux pour débattre, Rousl'ar-

ft. dente excitation des partis, les questions les plus

HXOmpleses, le premier devoir du gouvernement

» fut de dissiper par la force une émeute d'autant

[lias dangereuse qu'elle s'ignorait elle-même;

pais à ce devoir accompli a àù en succéder un

. Il faut que le pouvoir pose ù son tour les

Alèmes posés par les factions. Il doit se dc-

r jusqu'à quel point il peut intervenir dans

iule forme de l'activité nationale, livrée sans

e comme sans contrAle à toutes les cliances

I éTénemcnts et de la fortune. Pourrait-il eifl

i salutaire médiation entre l'ouvrier e^|

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