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Vertébrés, soit chez les Invertébrés. Je ne connais d'éléments semblables-dans aucun autre organe.
La plupart des auteurs indiquent la présence de cils vibratiles sur la surface libre de cette couche cellulaire ; ici rien de semblable, l'assise de cellules la plus externe par rapport à la lamelle offre exactement les mêmes caractères que l’assise la plus interne. Cependant on observe en certains points de longs cils vibratiles très actifs ; mais, d’après ce que j'ai pu observer, j'ai lieu de croire que c’est seulement au pourtour des orifices qui font communiquer entre elles les petites cavités rénales, et dans le voisinage de l’orifice extérieur du rein.
La cellule rénale est remarquable par sa délicatesse; je ne connais pas de liquide conservateur favorable à son étude, tous l’altèrent à un tel point qu'elle devient méconnaissable. Il est absolument nécessaire de l’étudier sur le frais. Il suffit de prendre un lambeau du rein avec des pinces fines, de le porter sous le microscope et de l'examiner avec un bon objectif à immersion, pour voir nettement tous les détails. | |
Les cellules rénales sont sphériques; placées les unes à côté des autres, elles se compriment à peine et se déforment peu ou point. De couleur jaune pâle, elles présentent un contour net, d'une très grande finesse, Dans toutes où presque toutes on distingue dans l'intérieur de petites concrétions brunâtres (pl. XVI, fig. 4) qui ne sontautres que des concrétions renfermant de l'acide urique. Certaines de ces cellules présentent dans leur intérieur (pl.XVI, fig. 4,a),comme y étant ineluse, une seconde cellule plus petite contenant une concrétion, alors que la cellule contenante n'en renferme pas; peut-être y a-t-1l là une multiplication de cellules par formation endogène, comme l'a pensé M. de Lacaze-Dnthiers. En traitant ces cellules rénales par l'acide acétique, on voit au bout d'un certain temps que les concrétions se sont dissoutes et qu'il s'est montré dans la cellule-un gros noyau qui, le plus souvent, est situé près de la paroi (pl. XVI, fig. 5). Entre les cellules rénales ou à la surface des parois des vacuoles rénales, dans l'intés rieur de ces vacuoles, on trouve des concrétions plus volumineuses et libres. Evidemment chacune d'elles a dû prendre naissance dans l'intérieur d'une cellule rénale qui, arrivée à son complet développe ment, a cessé de vivre, s’est résorbée ou s’est rompue, laissant libre sa concrétion interne qui n'est autre chose que la matière excrétée par le rein,
Cest là, du reste, je crois, le procédé par lequel se fait la sécrétion
dans l'organe de Bojanus, c'est-à-dire sous forme de petites concrétions prenant naissance dans l'intérieur des cellules rénales, puis devenant libres lorsque ces cellules atteignent un volume plus considérable et qu'elles sont arrivées à leur complet développement. Les concrétions que l’on rencontre soit dans les cellules rénales, soit libres dans le rein, sont constituées par plusieurs petites concrétions accolées les unes aux autres et formant ainsi une petite masse irrégulière de couleur jaune-brunâtre. Souvent, dans l’intérieur des cellules, on distingue de ces petites concrétions isolées à peine colorées et qui semblent avoir pris naissance depuis peu de temps.
La nature de ces concrétions est facile à reconnaître; il suffit d'en recueillir une petite quantité sur une lame de verre, de les dissoudre avec une goutte d'acide azotique, de laisser évaporer, puis d’humecter avec une trace d'ammoniaque, pour voir immédiatement apparaître la belle coloration rouge-pourpre caractéristique de l'acide urique.
La présence de l'acide urique dans ces concrétions prouve la nature rénale des cellules qui les contiennent. La couche de ces cellules qui revêt toute la surface interne de l’organe qui nous occupe ici, prouve suffisamment à elle seule que nous avons affaire à un vrai rein et non à un poumon, comme l'ont avancé un grand nombre d'auteurs.
Nous avons déjà vu au chapitre de la Circulation comment le sang arrive au rein et comment il en part. Je dois cependant donner ici plus de détails.
Le sang arrive à l'organe de Bojanus par des vaisseaux qui partent soit directement des sinus latéraux (pl. XV, fig. 2), soit des vaisseaux qui vont aux papilles branchiales. Arrivés à l'organe, iis pénètrent dans les cloisons musculaires et s’y ramifient. Puis, ces nombreuses ramifications s’anastomosent entre elles pour constituer des vais-
seaux efférents qui vont se jeter dans le vaisseau artériel branchio-
cardiaque gauche, lequel suit et contourne le rein avant de se jeter dans l'oreillette (pl. XVL, fig. 2, a). Le réseau vasculaire ainsi constitué dans l’épaisseur des lamelles rénales est formé par des capillaires de diamètre inégal, qui présentent comme des sortes de sinus, de dilatations en plusieurs points.
C'est bien là le mode habituel de circulation que l’on observe dans le rein des Mollusques Gastéropodes, c’est-à-dire une portion du sang veineux traversant le rein pour se rendre au cœur sans passer par l'organe respiratoire.
En résumé, nous voyons que, par sa situation, par ses rapports,
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par sa structure anatomique et histologique, et enfin par la nature de ses sécrétions, l'organe qui nous occupe est une glande en tout comparable à la glande rénale des autres Mollusques Gastéropodes et que, par conséquent, nous devons considérer dorénavant comme un rein ce qui Jusqu'ici à été pris chez l’'Oncidie pour un poumon. Nous verrons plus loin, en traitant du développement de cet organe, que là encore on trouve des preuves absolument certaines de sa nature rénale. |
Si une étude approfondie de l’organe montre d’une facon certaine sa véritable nature, il n’en est point ainsi d’une étude faite à la hâte et sans le secours du microscope. Je me suis moi-même laissé induire en erreur en examinant superficiellement les premiers individus que j'ai eus à ma disposition. La manière dont cet animal ouvre son orifice rénal lorsqu'il est hors de l’eau est bien faite pour faire penser à un véritable poumon ; mais il suffit de voir, en l’ouvrant, la couleur jaunâtre de l'organe et son aspect spongieux pour déjà douter, et bientôt un examen microscopique vient apporter la certitude sur sa véritable nature. |
On sait que chez un grand nombre de Mollusques le rein ou organe de Bojanus communique avec la cavité péricardique ; c’est un fait normal chez l'embryon et qui souvent persiste chez l'adulte. Gette communication chez l'embryon nous explique les rapports du rein et du cœur, qui, comme on le sait, sont toujours situés dans le voisinage l’un de l’autre. J'ai ici beaucoup cherché pour voir s’il n'y avait pas quelque communication entre l'extrémité du cul-de-sac droit du rein et la cäviié péricardique qui lui est adjacente ; mais Je dois dire que je n'ai pas une seule fois, soit par la dissection, soit au moyen d'injections de liquides colorés, trouvé la moindre communication. Du reste, en admettant qu'il y ait communication entre le rein et le péricarde, cela ne saurait rien prouver en faveur de l’existence d'un système aquifère, le cœur ne communiquant pas avec la cavité péricardique. Je n’ai pas davantage trouvé de communication entre le vaisseau branchio-cardiaque gauche et la cavité du rein,
Le système aquifère qu’on a décrit ne doit être accepté qu'avec beaucoup de réserves. M. de Lacaze-Duthiers est le seul auteur qui, chez le Pleurobranche, la Thétys et le Dentale, nous ait fait connaître d’une manière précise, en en fixant les rapports et les connexions, les ouvertures mettant en Con tn le système circulatoire avec le milieu extérieur,
ORGANISATION ET DÉVELOPPEMENT DE L'ONCIDIE. C5 : Nous venons de démontrer d’une facon bien évidente que l'organe que nous venons d'étudier est un rein; mais, outre sa fonction d'excrétion, j'incline à penser qu'il joue aussi un certain rôle dans la respiration ; il est, je crois, chargé de cette fonction lorsque l’animal est à l'air libre. Nous verrons plus loin, en examinant la respiration, ce que l’on doit admettre à ce sujet. -
Glande pédieuse. — La glande que je désigne sous le nom de glande pédieuse est une. glande située entre la bouche et le pied. Courte, peu développée, elle débouche, comme nous l’avons déjà vu en examinant l'extérieur de l'animal, en arrière du bord supérieur du pied par un large orifice. Ce n’est, à proprement parler, qu’une sorte de petit cul-de-sac conique libre à sa parte inférieure dans la cavité générale. Pour bien comprendre sa situation, il est nécessaire de donner quelques détails.
Les téguments de la tête de l’animal se confondent à leur limite avec ceux du pied et du manteau, excepté en un point situé sur ia ligne médiane en arrière du bord supérieur du pied et en avant de la bouche ; là, les téguments laissent un orifice ovale à grand diamètre transversal, qui ferait communiquer la cavité générale avec l'extérieur sans la présence de la glande pédieuse, qui s’insère sur tout son pourtour et qui empêche ainsi toute communication.
Le petit sac glandulaire qui, à lui seul, constitue toute la glande pédieuse, reçoit par son sommet, comme nous l'avons vu au chapitre de la Circutation artérielle, une petite artère qui lui vient de l’aorte après son passage à travers les centres nerveux. |
Sur un animal ouvert, dont on a enlevé tous les viscères, on dislingue très bien ce cul-de-sac glandulaire situé au-dessus du système nerveux (pl. XVII, fig. 2, a). Sur une coupe longitudinale, on se rend compte bien plus exactement de sa position et de ses rapports (pl. XIV, fig. 19).
La structure de cette glande est des plus simples; elle est formée par un tissu glandulaire blanchâtre composé de cellules arrondies très claires, à parois délicates, munies d’un noyau peu volumineux, mais très net, La cavité interne de la glande, qui est aussi son canal excréteur, est tapissée par un épithélium prismatique, muni de fins cils vibratiles (pl. XVI, fig. 20).
Par son aspect, le tissu de la glande pédieuse ressemble presque complètement au tissu des glandes salivaires. Si, par une légère