PREMIÈRE PARTIE
Avant d'aborder la description détaillée des organes qui constituent les différents appareils, il est indispensable de bien préciser la - position de l'animal, position que l’on doit toujours avoir présente à l'esprit, afin de pouvoir bien comprendre les rapports qu'affectent entre eux ces différents organes.
Toujours j'ai supposé l'animal placé dans la position que M. de Lacaze-Duthiers a adoptée dans ses nombreux travaux sur les Mollusques et qui consiste à placer l'animal la bouche en haut et le pied en avant. On a ainsi six plans : un antérieur, un postérieur, un supérieur, un inférieur, un à droite et l’autre à gauche, par rapport auxquels il est facile de décrire l'animal".
Il est à souhaiter que toutes les personnes qui s'occupent de malacologie et, en général, d'anatomie comparée adoptent pour leurs descriptions une position facile à déterminer et invariable; c’est une condition indispensable aux études de morphologie.
Pour les coupes, j'ai essayé bien des méthodes employées con-
1 Naturellement l’observateur est supposé placé dans l’animal la tête en haut et la face antérieure tournée en avant,
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stamment pour les animaux supérieurs et qui, ici, ne m'ont donné que des résultats peu satisfaisants. Ce n'est qu'après un grand nombre d'essais que je suis arrivé à un procédé que je n'ai trouvé indiqué dans aucun traité de technique microscopique et dont je n’ai qu’à me louer. C’est une variété du durcissement par la gomme. IL consiste à faire une solution de gomme, non dans l’eau douce, comme on le fait habituellement, mais dans l’eau de mer; on place l'animal bien vivant dans cette solution et on l'y laisse jusqu’à ce qu'il soit complètement mort, ce qui a lieu, en général, au bout de vingt-quatre heures; on retire alors l'animal, qu’on place dans de l'alcool de plus en plus fort jusqu’à ce qu’il soit assez résistant pour être coupé facilement. La gomme gêne bien un peu la coloration ; mais, en colorant lentement dans une solution étendue de matière colorante, on obtient, malgré cela, de très belles préparations. Le point important de cette méthode est la mort de l'animal dans une solution de gomme faite avec l’eau de mer. Les éléments des différents tissus, au lieu de se ratatiner, de s’altérer et souvent de n’être plus reconnaissables, comme cela arrive parfois dans différents procédés, conservent, au contraire, ici, leurs rapports et leur forme. J’indique ici cette méthode, qui, peut-être, pourra rendre quelques services dans l’étude d’autres animaux marins.