partie, pour ne pas dire tout, pénètre dans les sinus pédieux, d’où
elle ne peut que ressortir dans la cavité générale, en suivant un trajet inverse. Il n’en est pas ainsi pour les sinus latéraux. La plus grande partie du sang qui pénètre dans leur intérieur est distribuée par les vaisseaux efférents de ces sinus à tout le manteau et, finalement, au lacis vasculaire superficiel. Là il se vivifie, s'oxygène et passe dans les vaisseaux afférents aux troncs veineux branchio-cardiaques. Une portion du sang contenu dans leur intérieur est distribuée au rein ou organe de Bojanus ; puis, reprise par les vaisseaux efférents de cet organe, elle est versée dans le tronc branchio-cardiaque gauche.
Le sang peut donc arriver dans les vaisseaux branchio-cardiaques par deux voies différentes, en passant par l'organe de la respiration et en traversant celui de la dépuration ou organe de Bojanus.
Des vaisseaux branchio-cardiaques, le sang passe dans le cœur, pour être de nouveau lancé dans le système artériel, et ainsi de suite,
Cuvier', dans son mémoire sur l’Oncidie de Péron {Onchidium
1 Cuvier, Mémoire sur l’Onchidie, genre de Moliusques nuds voisins des Limaces, et Sur Une espèce nouvelle, Onchidium Peronii (Ann, du Muséum, vol, V),
Peronii), donne du système artériel une description succincte et en grande partie concordant exactement avec ce que j'ai observé chez l'espèce étudiée ici. Il n’en est plus ainsi du système veineux. Considérant l'organe de Bojanus comme un poumon, il dit: « Le sang vient dans le poumon par deux grands vaisseaux situés sur les deux côtés du corps, absolument comme dans l’Aplysie, c’est-à-dire qu'ils sont creusés dans l'épaisseur des chairs et enveloppés par des rubans musculaires qui se continuent et se perdent dans les autres muscles du pied. Ils sont revêtus par dedans d’une membrane fine que je n'ai pu apercevoir dans l’Aplysie et qui les empêche de communiquer aussi directement avec la cavité du ventre. » Et un peu plus loin, il ajoute : « Ces petits vaisseaux, outre les petites veines qui leur arrivent de l'épaisseur des chaïirs, en recoivent beaucoup d’autres des viscères ; j'en ai représenté une partie de celles qui viennent du foie et de l'intestin (fig. 4). Ces petites veines passent entre les rubans musculaires pour aboutir à chaque grosse veine latérale. »
Evidemment, ce que Cuvier désigne par l'expression de « deux gros vaisseaux situés sur les deux côtés du corps... » ne peut être que les sinus latéraux, et les vaisseaux qui en partent ont été pris par lui pour des vaisseaux afférents. Ce qu'il indique comme étant des veines se rendant des viscères dans les sinus latéraux ne peut être expliqué qu'en admettant qu’il a pris des tractus celluleux pour des vaisseaux. Dans le reste de sa description, il n’est nulle part question de ce que j'ai désigné sous les noms de : sinus médian, sinus pédieux, vaisseaux branchio-cardiaques, etc. De la circulation veineuse, il n'avait entrevu que les sinus latéraux; aussi, la description qu'il en a donnée est complètement inexacte.
Les auteurs qui, depuis Cuvier, se sont occupés de l'anatomie des Oncidies, ont admis comme exacte sa description du système veineux et ne nous ont donné rien de nouveau sur ce sujet. C’est ainsi que M. le professeur Vaillant’, qui consacre seulement quelques lignes à cette partie importante de l'appareil de la circulation, dit: « Le sang revient au cœur, en grande partie au moins, par des vaisseaux veineux situés dans les parois dorso-latérales, vaisseaux qui débouchent dans deux grands sinus latéraux (veines de Cuvier). Ces sinus se rendent eux-mêmes dans les vaisseaux pulmonaires. »
1 VAILLANT, Remarques anatomo=300logiques sur l’'Oncidium cellicum(Comptes ren dus de l'Acad, des se., vol, LXXIIT, 1871).
00 J. JOYEUX-LAFFUIE.
Enfin, MM. Crosse et Fischer !, dans leur anatomie du genre Oncidiella, donnent une description succincte du système artériel, mais n'indiquent même pas la présence d’un système veineux.
Ces données incomplètes et inexactes sur la circulation vemeuse n'étaient pas de nature à montrer l'organe de la respiration et ont, au contraire, porté les auteurs à considérer l’organe de Bojanus comme étant un véritable poumon.
J'aiici décrit la circulation avant la respiration, contrairement à ce que font plusieurs auteurs dans leurs descriptions d'animaux; cela était nécessaire. La circulation connue, il devient beaucoup plus facile de comprendre la respiration.