LES FONXTIONS ORGANIQUES DE L*HOMME
mcllenl en rapport de contiguïté par leurs terminaisons, forment une cliaîne dite arc réflexe^ depuis celui qui subit l'impression jusqu'à celui qui réagit par un ordre de mouvement. Soit le cas d'une personne touchant à Timproviste un corps brûlant; les filaments sensitifs S [fig, 12), irrités par la brûlure de la peau, transmettent une vibration spéciale au neurone moteur M, lequel met le muscle en étal de contraction.
Ainsi, par une véri- couch.
table réflexion de la sensation sur une cel- Iule nerveuse, le mouvement succède à cette sensation, d'autant plus rapidement que celle-ci est plus vive et l'arc plus court. En général, la vibration nerveuse j>arcourt Si) à 80 mètres par secondCy suivant (|u'elle est motrice ou sensitive. On sait, en outre, qu'elle suit de préférence les voies accoutumées, parce qu'elles
lui opposent le minimum de résistance . Suivons la marche de l'excitation nerveuse i)ar brûlure, afin de nous rendre compte à la fois de la diversité des mécanismes en jeu, et de l'admirable réglage de leur fonctionnement. De la peau irritée, le neurone sensitif apporte un ébranlement spécial, dolorifique, dans la corne postérieure (dorsale) de la moelle, et là, entrent en relation d'énergie les filaments de ce neurone et ceux du neurone moteur de la corne antérieure [ventrale). Sur la figure, la moelle est supposée coupée horizontalement
J>oau
Fio. 12. — Connexions et voies nerveuses.
en A, pour monlrer la région cellulaire, grise, où la sensation devient, on ne sait comment, l'ordre d'agir sur le muscle. Il nous paraît admissible que tous les neurones vibrent de la même façon, ayant la même nature histologique et chimique, et que, suivant les organes où ils aboutissent, leurs relations sont variées, ici sensitives, là motrices.
XVII. — Mais nous voulions surtout noter que cet arc réflexe médullaire est le plus court possible. Ce n'est pas le seul ; car l'ébranlement suit une fibre de la moelle montant vers le cerveau et qui, parvenue au bulbe, trouve l'occasion de rapports nombreux ; elle peut agir sur un second neurone qui va droit jusqu'au cerveau, après une étape importante dans la couche optique. La surface cérébrale, Yécorce comme on l'appelle, contient des cellules motrices à forme pyramidale . L'une d'elles recueille l'ébranlement et le communique à ses semblables. Après une série de transmissions, il aboutit à un centre : le corps strié^ d'où il revient au bulbe et à la moelle.
La réflexion de la sensation a donc eu lieu sur Yécorce cérébrale, qui est une zone sensitive et motrice, et où siège le gouvernement général de tous les territoires de l'organisme. La longueur du réflexe accroît sa durée. L'acte volontaire, conscient, est ainsi en retard, nécessairement, sur l'acte involontaire, inconscient, du retrait de la main aussitôt brûlée. Ce dernier se produit et écarte le danger, l'autre suit; mais il n'y a pas lieu de répéter le mouvement de la main : l'ordre moteur est alors arrêté, inhibé par un neurone cérébral inhibiteur qui l'intercepte jusque dans le bulbe (en pointillé). Le phénomène de conscience, la volonté apparaissent donc comme un travail de synthèse des sensations, qui rectifie, ordonne et adapte. Ils sont liés à la vie même du tissu nerveux, où le sang afflue régulièrement, apportant l'oxygène indispensable.
Les manifestations intellectuelles sont rudimentaires à la naissance, faute de sensations. L'adresse des mouvements
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est médiocre chez Tenfanl, parce que l'écorce cérébrale n'a pas encore réuni en elle, par ses neurones cT association ^ les éléments de synthèse suflisanls desquels procède V éducation. il faut y adjoindre le cervelet, qui coordonne les attitudes du corps et assure Yéquilibre. Les cellules corticales du cervelet [cellules de Purkinje) ont la même importance que les pyramidales du cerveau ; elles reçoivent les sensations tactiles, auditives et visuelles, et réagissent sur Tappareil musculaire par les voies bulbo-méduUaires et môme cérébrales.
Ainsi, le système nerveux réunit la surface du corps à un axe central que termine la masse du cerveau. On a bien souvent comparé ces connexions de neurones à celles des fils télégraphiques qui, émanant de divers points, transmettent les événements, par des relais successifs, à un bureau central. La comparaison est bonne, si Ton ajoute que, dans ce bureau, les faits recueillis laissent une trace à peu près indélébile, car la matière nerveuse, plus que toute autre substance vivante, conserve une disposition à reproduire sa vie passée, à réagir identiquement sous la môme excitation, à prolonger dans le temps ses états vibratoires. Cette mémoire organique est la condition de la mémoire intellectuelle, dont Shakespeare disait qu'elle est « la sentinelle du cerveau ». Qu'importe, après cela, que nous soyons exactement renseignés sur l'espèce de mouvement des sensations, sur la nature de Vénergie nerveuse, sur la part qui revient à tel ou tel nerf dans le cvcle sensitivo-moteur? — Il suffit de savoir que ce monde intérieur des forces dites psychiques reproduit le monde extérieur avec lequel il communique par les sens, et retentit à ses appels par des échos multipliés. Cette correspondance va nous expliquer queUpies-uns des faits de \di psycho-physiologie humaine (*).
(*) Consulter sur les rapports du cerveau et de l'àme : E. Bêcher, (iehhm und See/e, Heidelberg, 1911.