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XLIX. — Distractions. — Spectacles. — Repos

(>) A. Javal, C. R. Ac. Se, 22 novembre 1913.

(2) SoLOVTSOv, iiousski Iralch, t. XIII, p. 511, 616; 1914.

i2i ORGANISATION PHYSIOLOGIQUE DU TRAVAIL

Nombreux les fadeurs externes que je ne puis mentionner dans cet aj)ei\'u, et qui favorisent ou contrarient Tactivité humaine. Mais je voudrais dire un mot des distractions et spectacles ; ils sont utiles; ils sont même nécessaires; dans Texistence uniformément dure de Touvrier, ce sont de véritables reconstituants nerveux ; les excitations qu'ils apportent aux sens déterminent un renforcement des réactions motrices musculaires. Si, comme on s'en est assuré expérimentalement, ces excitations sont parfois désagréables, inhibitoires, l'ouvrier les fuit. Par conséquent, tout spectacle recherché, et qui n'est pas malsain, constitue un facteur de travail. Une salle de récréations^ tout près des ateliers et des usines, est vite payée par l'augmentation de la production qui résulte du contentement des travailleurs.

Les moments de repos de la journée trouveront là un excellent emploi. Et j'imagine qu'une partie du repos hebdomadaire, l'ouvrier s'habituera à la consacrer aux promenades instructives et récréatives, ou simplement aux spectacles ; le reste étant destiné à la vie domestique, aux affaires de sa famille, à son « home ». S'il régie son existence, s'il a un peu de méthode, ces dernières occu[)ations seront aisées et passagères; le repos hebdomadaire sera donc ce (ju'il doit être humainement, physiologiquement, le rej)OS qui répare l'organisme, une véritable trêve dans la fatigue. Combien dhonïmes le comprennent ainsi ? — 11 ne serait pas difficile de les compter.

L. — Outillage et travail. — Je noterai, en terminant, que les conditions mêmes du travail musculaire, réglées quant à l'effort, la vitesse, le temps d'emploi, sont aussi des facteurs proprement externes — et les principaux. Nous les avons, d'ailleurs, dévelo[)pés en tête de ce chapitre. Reste la question de Voiitillage. C'est l'évidence même que chaque personne se compose un outillage adéquat à son genre de travail, et choisisse les meilleurs instruments, et adopte l'attitude qui diminue le plus sa fatigue. Il en est ainsi pour

lire el écrire, coudre ou broder, observer et expérimenter. 11 doit surtout en être ainsi pour Touvrier, et tout particulièrement pour le blessé, le mutilé (pi'on rééduque ou réadapte, — Trois conditions demandent à être réalisées :

Disposer l'atelier pour qu'il n'y ait pas de temps ni de forces perdus ;

Rechercher la forme, les qualités, Tallure pouvant assurer le rendement maximum des outils et favoriser l'usage des machines ;

Remplir, dans râtelier, les conditions de température, d'éclairage et d'aération compatibles avec une activité normale.

J'illustrerai ces principes par un exem])le tiré de VArt du maçon, spécialement étudié par Gilbreth {}).

1° Le maçon est-il gaucher? — On changera de place briques et mortier pour rendre les mouvements plus commodes ;

2'' Les paquets de briques auront de 27 à 40 kilogrammes suivant la force des sujets, et on aura un marteau de l''«,800 pour casser, de l'*^,950 pour creuser, une pelle de O'^^jToO pour remuer les matériaux, et deux truelles différentes pour briques ordinaires et briques agglomérées ;

3*^ Briques et mortier seront disposés par un aide à portée de la main du maçon, afin (ju'il saisisse la brique d'un mouvement naturel, par l'effet de la pesanteur, et non par un geste contraint; et surtout qu'il n'ait pas à se baisser, à se déplacer, à imprimer à son corps de grandes oscillations ;

4** On ne ramassera pas le mortier tombé pendant le travail ; on n'ouvrira pas une poche de ciment en déchirant les papiers et séparant les morceaux; mais d'un couj) de j)elle on fendra le papier à la base du sac et on le videra en tirant par un bout. Enfin, il coûte moins de combler avec du bon ciment un intervalle inférieur à une demi-brique que

(1) Frank Gilbreth, Motion Sludtj, 1911,

d'en broyer une ou d'en chercher un morceau qui comble cet intervalle (').

A ces mesures qui luUenl et simplifient le travail, ajoutons i-elles qui économisent TefTort de l'homme, qu'il s'agisse d'un outil nouveau, permettant de faire l'ouvrage sans fatigue, ou des machines perfectionnées dont la commande <^st un jeu i)our l'ouvrier. Quand on songe au grand nombre de mutilés et d'impotents qui trouvent, dans cette transformation de l'outillage, le moyen de se faire valoir et d'assurer leur existence, on doit souhaiter que de tels progrès se poursuivent dans nos industries, trop lentes, malheureusement, à secouer le joug de la routine.

Ces simples indications ])ermettent d'apprécier l'importance de l'organisation rationnelle de l'outillage et de la main-d'œuvre, l'économie qu'elle procure et les enseignements dont elle est maîtresse incomparable. Sans elle, Vart de travailler n'existerait pas, art qui est la source de toute prospérité.

{}) Voir les délails dans Le Moteur humain^ p. 575 à 583.

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