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Ces relations sont approchées, mais très suffisantes en pratique.

LVIII. — 4" Cf/clisme professionnel, — Des très nombreuses expériences, effectuées avec notre cycle ergomélrique^ nous avons tiré cet enseignement que la cadence normale des coups de pédale est de 45 à 46 par minute. Elle correspond à une allure économique de 16 kilomètres à r/ieure, n'entraînant pas de surmenage. D'après Léo Zuntz, les 1.000 mètreskilogrammes reviennent à 0,^7 calorie, la moitié de ce que coûte la marche 5 pied.

La bicycletle doit toujours convenir à la taille du cycliste, [)our la hauteur de la selle et^\la longueur du levier de la j)édale. Et il faut savoir surveiller Tattitude du corps afin d'en réduire les oscillations, et diminuer la courbure du buste.

Le parcours journalier sera déterminé aj)rès examen de l'état physiologique de la j)ersonne, qui, de toutes façons, mais spécialement si elle pratique les sports, devra s'interdire l'usage des boissons alcooliques.

Lorsque la bicyclette est chargée, ou pousse un véhicule, ce qui est le cas des livreurs, la vitesse sera diminuée en

(*) Bbnkihct et Ml'rschhauser, Energy irans formations during horizontal Walkingj public, n-231; Washinglon, 1915.

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proporlion de la charge. En supposant que les roues des deux véhicules aient même rayon, que la charge à transporter soit d'un poids P, Tallure sera :

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V étant exprimé en kilomètres à Theure et P en kilogrammes. Cette formule est déduite de la considération des forces vives du mobile et du moteur. Toutefois, le fardeau ne saurait être tel que v fût inférieur à 5 kilomètres.

LIX. — 5® Travaux agricoles. — Le cultivateur devra, désormais, dans une très large mesure, pratiquer la culture mécanique, et employer les petits moteurs. Nous en verrons Futilité à propos des blessés de la guerre. Mais nous donnerons brièvement quelques indications sur le 7neilïeur rendement des travaux de la terre :

Le pellage oupelletage exige l'emploi d'une pelle de 1^^,700, qui, chargée, ne pèsera que 10""^, 250 au plus. L'effort de poussage dans la terre est de 15 kilogrammes en moyenne.

La brouette aura une charge de 100 kilogrammes, donnant une pression aux brancards de 20 kilogrammes et une résistance au roulement de 4 kilogrammes seulement. 11 est très avantageux d'employer une brouette à deux roues.

Au point de vue agricole proprement dit, chaque plante, chaque terrain constituent un problème à données variables : nature du sol, nature et quantité des engrais, proportion et pression de l'eau d'arrosage, préparation de la terre, germination des graines, nombre de plants par unité de surface, fauchage, lutte contre les parasites et les orages, époques propices à chacune de ces opérations, outillage perfectionné ; toutes questions que nous ne pourrions détailler sans sortir de notre programme.

Nous renverrons donc, pour le développement, au livre VI du Moteur humain.

LX. — B. Éducation physique et rééducation fonctionnelle. — L'organisalion pliysiologique du travail a, dans notre pensée, un but essentiellement utilitaire. Les sports de luxe et les prouesses nous intéressent peu : un manœuvre solide et entraîné vaut infiniment mieux que l'athlète le plus en renom; les courses de chevaux, qui reviennent si cher à nos populations, ne serviront jamais au progrès de la race chevaline. La guerre a, je crois, dessillé tous les yeux à cet égard.

Cependant, comme hygiène efficace, et discipline corporelle, V éducatio?i phî/sique pos^èdo une vertu très puissante dont il faut savoir tirer parti. Elle apprend à gouverner nos attitudes, approprier nos mouvements, entraîner nos muscles ; elle donne leur plein épanouissement aux énergies de rhomme.

Elle ne s'adresse pas exclusivement aux sujets normaux, pour les parfaire el les surélever de niveau physique ; elle étend ses effets aux constitutions débiles, en retard ou en misère physiologique ; elle vise surtout à rééduquer fonctionnellement les impotents, si nombreux aujourd'hui. Je ne sépare point l'éducation de la rééducation ; elles ont le même but, la même mélhode, le même domaine. Les mêmes principes scientifiques les dirigent toutes deux.

LXl. — L Principes d'éducation physique. — Ces principes sont ceux d'une action musculaire variant, par degrés insensibles^ son effort et sa vitesse^ pour se régler sur fétat général de V organisme.

Cet effort sera constant, car il en est ainsi dans les circonstances de la vie, et l'éducation [)hysique ne devra /a/waî.v solliciter les forces totales de l'individu, pour les faire décroître ensuite. C'est à tort que de nombreux appareils de mécanothérapie appliquent celle loi de l'effort décroissant, connue sous le nom de loi de Schwann, La loi de Schwann, formulée par son auleur en 1837, dit ceci : « L'effort absolu de contraclion, qui reste disponible dans un muscle rac-

i*ourci, diminue à mesure que le raccourcissement augmente ». Notons que la loi de Chauveau exprime le môme fait dans une formule inverse, mais plus complète : « La force déveveloppée par un muscle augmente avec son degré de raccourcissement ou de contraction, et avec la résistance qu'il doit surmonter ». 11 s*ensuil que la puissance nntsculaire se régie sur la résistance et ne se prodigue pas en vain ; elle peut s'accroître dans de larges proportions sans mettre en jeu le raccourcissement, de même qu'elle le peut grâce au seul raccourcissement. Elle ne met donc en œuvre la contraction isométrique et Idi contraction isotonique {^) que pour atteindre des valeurs très élevées. Tel n'est point le cas dans une activité normale, et telles ne sont en aucune façon les circonstances propres à entraîner physiologiquement les muscles. Quelque modalité que le mouvement doive présenter, l'exercice de l'effort aura pour but de vaincre une résistance constante, qu'il sera loisible d'augmenter de jour en jour si l'on veut 'pratiquer ledit entraînement ; mais la faire varier au cours d'un même exercice, et soumettre la tension musculaire à des changements brusques et à de véritables chocs, qui tiraillent les fibres et lacèrent les filaments nerveux, c'est la négation même de toute méthode scientifique d'éducation fonctionnelle.

Du moment qu'il ne doit pas être question, sous peine de surmenage et d'atrophie des muscles, de demander à ces derniers leur effort maximum, rien ne justifie le principe de la résistance variable, même décroissante. Les exercices n'ont de valeur physiologique et ne sont utiles que si les forces mobilisées par eux sont sous-maximales et continues. Alors ils produisent toutes leurs conséquences sur l'appareil locomoteur, assouplissant les articulations et développant la puissance des muscles. De même que, j)Oussés à l'excès, ils déterminent la contracture et une fatigue élastique des tendons, de même leur usage harmonieux provoque l'irritabilité

(ï) Isométrique, sans raccourcissement ; isotoniqtie, avec raccourcissem nt.

des fibres nerveuses, musculaires et tendineuses, stimule leur élasticile el augmente leur force: il entraîne une activité circulatoire et respiratoire plus grande qui retentit profondément sur les phénomènes de nutrition. Il en résulte ce qu'on a appelé Y hypertrophie fonctionnelle. On voit la masse des muscles s'accroître, non i)ar addition de fibres nouvelles, mais par épaississement des anciennes qui grossissent et mettent en réserve les matériaux azotés (»).

C'est donc un efTet total, une action de masse sur dos groupes musculaires définis, que réalisent l'éducation physique el la rééducation fonctionnelle. Elles font œuvre de synthèse^ d'entraînement synergique.

Vanalyse des mouvements est nécessaire dans des cas tout à fait sj)éciaux et transitoires: mais, en définitive, on se trouv(» ramené à la synergie telle que^ l'exige la nature, conformément aux jdus srtrs enseignements de la théorie et de Texpérience (-).

LXII. — Facteurs d'éducation physique. — État organique. — AUmentation. — Saisons. — Toutefois, il n'y a pas, dans l'éducation physique, qu'un réglage de l'act'^ion musculaire. L'esprit du géomètre n'y suffit pas. On doit être attentif à V état des organes, à la puissance cardio-vasculaire, a la soujilesse des respirations, et à Vdge des sujets. Venfant est naturellement porté à gaspiller ses forces ; l'éducateur, tout en laissant cette activité s'épanouir, y mettra la discipline nécessaire, qui préservera du surmenage et des déformations corporelles ; il a donc besoin de posséder des notions claires et suffisantes de physiologie humaine. — L'adolescent est plutôt exposé à surmener son cerveau dans la fièvre des diplômes, pour la carrière entrevue et les joies du succès. Il faut l'amènera reposer ce genre d'activité dans les occupations d'un exercice physique modéré, dans les

(>) MoRPUHOo, Arch. ital. bioL, t. XXIX, p. 63 ; 1898

Jni'l^""'" '7 '* «-fé^lucation fonctionnelle et professionnelle un Mémoire de Jules Amar dans : Journal de Physiologie, p. 821-87! ; 1913.

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jeux et la gymnastique, qui rélablironl, s'il ny a pas excès, réquilibre de ses énergies.

Jusqu'à l'âge de 45 ans environ, les sports dépourvus de violence constituent un puissant facteur d'entraînement pour le système névro-musculaire, et accroissent la résistance organique. A mesure qu'on avance en Age, la fonction des muscles cède le premier rang à la fonction du cerveau ; l'homme s'élève pour ainsi dire en dignité; il est plus occupé aux choses de la pensée; il est plus homme... « Toute notre dignité consiste en la pensée », disait avec raison Pascal.

L'éducation physique manquerait son but si elle n'avait le souci de l'intelligence humaine. Toutes les fois qu'elle désignera les exercices propres à délasser les personnes qui travaillent de l'esprit, elle les choisira parmi les plus simples et les plus automatiques. Autrement, ce serait brûler la chandelle par les deux bouts. Au vieillard, dont les mouvements ont perdu la vitesse et la vigueur, dont les organes cardio-vasculaires sont moins résistants et moins élastiques, conviennent les efTorts modérés et les allures lentes, tels que ceux des promenades à pied. Les jeux et spectacles, pourvu qu'ils ne provoquent pas de vives émotions, sontpour lui des reconstituants des centres nerveux. Il faut bien se pénétrer de cette idée que la vie augmente rapidement d'intensité, puis celle-ci demeure constante, et, dans une longue et dernière période, s'affaiblit peu à peu. La courbe de ténergie finit en pente douce [fiq, 51). Et, de même que cette période correspond à un travail nutritif délicat et modéré, de même la dépense d'énergie active doit se limiter au strict nécessaire; sans quoi, l'organisnie serait hors d'état de compenser les prodigalités.

On voit à quel point l'éducation physique est gouvernée par les principes de la physiologie, et pourquoi sans eux elle irait à la dérive. Ils sont sa raison d'être, et ce qui lui a permis de s'édifier. De toute antiquité, on savait, en effet, que le mouvement des muscles entretient la santé, et les jeux naquirent de cette pensée utilitaire. Cyrus, roi des

Perses, interdit de manger avant de s'être fatigué par quelque exercice. Lycurgue établit bains et gymnases, et en éliminant cruellement les sujets débiles, fut, à sa manière, Fancétre des Eugénisles, (Irecs et Romains organisèrent admirablement les sports athlétiques, Hippocrale et Galien dissertèrent à leur endroit, souvent judicieusement. Jusqu'au fond de l'Asie, ce fut aussi la préoccupation des classes dirigeantes. En Fan 23 avant Jésus-Christ, lalutie avait Tattrait d'un très noble sport dans Tempire des Mikados... De la gymnastique on en vint à la « gymnastique médicinale » ou hygiène.

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