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FiG. 51. — finergie produite en vingt-quatre heures.
L'hygiène est donc à la base de l'éducation physique. Il faut qu'elle rende les sports sains et agréables, qu'elle les ordonne et en fixe l'intensité et la durée, pour les approprier à l'âge et à la constitution.
Elle tiendra comi)te aussi du principe d'hégémonie fonctionnelle^ en vertu duquel le maximum de vie se porte dans les organes actifs au détriment d(*s autres. Il s'ensuit qu'une bonne hygiène interdira de se livrera un fort travail aussitôt après les repas, c'est-à-dire en pleine dig(*slion, et elle n'autorisera pas qu'un travail intellectuel intense succède à la fatigue des muscles.
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La nature de V alimentation, nous l'avons déjà dit, est elle-même un facteur d'entraînement (voir § 40). On observera (*), entre le début d'un travail quelconque et la fin du repas, un intervalle d'une demi-heure quand le régime est riche en hydrocarbonés. Un régime mixte ou albuminoïde nécessite un intervalle double ou triple. Ainsi, les féculents et aliments sucrés favorisent la durée des exercices ; ils assurent à l'énergie humaine une économie de 5 0/0 environ, et préservent des troubles organiques. La valeur des exercices et des rations dépend assez étroitement des saisons. Le lecteur en a vu plus haut la démonstration (Climats, § 47.)
LXIIL — Rééducation fonctionnelle. — Lois générales.
Quant aux impotences, qui affectent généralement l'appareil locomoteur, et diffèrent d'aspect et de gravité, elles ressorlissent à la rééducation fonctionnelle proprement dite.
Les personnes que nous soumettons à la rééducation fonctionnelle se trouvent dans cette période, assez mal définie, (jui précède la guérison absolue, période dite de consolidation. A ce moment la vitalité cellulaire est en plein travail; les tissus se régénèrent et augmentent de résistance, tandis (pie les fonctions se rétablissent. Toutefois, cette restauration anatomique et j)hysiologique se ressentira, au point de vue dynamique, des déformations, soudures, déplacements, ankylosesei atrophies des organes. Les consolidations vicieuses ne sont pas rares, dont l'origine remonte souvent aux mauvais procédés d immobilisation des mejnbres fracturés, et parfois aux exercices d'une mécanothérapie irrationnelle,.. Le but réel de la rééducation fonctionnelle consiste à rétablir, ou tout au moins à améliorer Y état moteur de l'homme, en se guidant sur les formes du mouvement et la puissance moyenne des muscles (\m les produisent; enfin à stimuler les processus réparateurs des tissus.
Les mouvements naturels se ramènent à trois tyi)es :
(«} J. Amab, Journal de Physiologie, p. 298, 1912.
OnOA^ISATIOX PHYSIOLOGIQUE DU TKAVAIL. 10
Le mouvement de trandation^ dans lequel le membre se déplace sans tourner^ restant parallèle à lui-même. Il en est ainsi quand le membre actionne un rabot, une varlope, une scie, une lime, et dans plusieurs exercices de gymnastique;
Le mouvement de rotation, dans lequel certains points demeurent fixes et constituent Taxe horizontal ou vertical autour duquel s'efTectue la rotation. Celle-ci est, en général, partielle^ et se limite à un jeu de charnière, comme celui d'une porte tournant sur ses gonds; ce peut être aussi une simple oscillation ;
Le mouvement hélicoïdal ou à vis combine les deux précédents ; c'est une translation avec rotation. Tel est le cas de la main agissant sur un tourne-vis, ou de tout le membre supérieur actionnant une grosse clef. Il est digne de remarque que la vis s'enroulant de gauche à droite [hélice dextrorsum) soit plus fréquente (pie l'autre, et (|ue d'elle procèdent les vis, les tire-bouchons, etc. Cela doit tenir à ce que les « droitiers » sont la majorité, et que Y hélice dextrorsum réalise un mouvement économique pour le bras droit, comme Vhéiice sinistrorsum le fait [)our le bras gauche.
Toutes les formes du mouvement se ramènent aux trois types qui précèdent; il suffit de reproduire ces derniers dans les plans ou ils ont lieu normalement, avec la force et l'étendue ([ui les caractérisent chez l'homme sain, pour être assuré de donner au système musculaire Venfrainemeni physiologique réel, en dehors duquel il n'y aurait qu'empirisme et péril. (Ju'il s'agisse de personnes tout à fait normales ou d'impotents, toujours cet entraînement sera gradué comme effort^ vitesse et durée totale. On n'oubliera pas que la contraction des muscles produit un mouvement néc(*ssairement alternatif, oscillatoire, au lieu d'une rotation continue, laissant à la réparation le temps de s'effectuer à l'intérieur des cellules. La vie de relation apparaît donc comme une série périodique d'actions et de repos.
LXIV. — Force et amplitude. — La force et l'amplitude des mouvements des membres doivent être déterminées sur la personne à rééduquer, et comparées à celles du sujet normal. En pratique, on compare le membre blessé au membre sain. J'ajoute que les mêmes observations seront faites utilement sur les divers segments et les moignons des amputés.
Mais il arrive qu'une articulation étant raidie^ celle du genou, par exemple, la plus voisine la supplée^ ici l'articulation de la hanche; les conditions du mouvement, de la marche, sont changées et favorisent un nouveau mode de synergie musculaire. Il faut, alors, chercher les dispositions mécaniques pouvant empêcher l'atrophie du quadriceps, et imprimer de petits mouvements aux os ankijlosés, tout le temps que leur revêtement fibreux et tendineux gardera quehjue souplesse, ou que la radiographie n'a point révélo une soudure osseuse irrémédiable.
Tous les actes de la locomotion seront ainsi traités, avec la double préoccupation, ou de rétablir dans le membre atrophié sa fonction normale, ou de lutter, par la rééducation, contre l'impotence plus ou moins compliquée, afin que de simples raideurs ne dégénèrent pas en ankyloses, et que les atrophies soient au moins enrayées. Seuls les cas définitifs seront compensés grAce aux suppléances articulaires et musculaires du segment de membre voisin, stimulées par un exercice de véritable entraînement. C'est seulement au cours de cette activité de renfort qu'une suppléance rationnelle, économique, peut s'établir, guidée par l'instinct du « moindre effort», ou du « minimum de contrainte ». Les /misons que la blessure a fait naître se rehlchent peu à peu et laissent plus d'amplitude au mouvement des surfaces articulaires, l'élasticité des ligaments augmente, et les pièces du squelette se polissent dans un frottement renouvelé, détruisant les aspérités qui subsistent après la consolidation des fractures.
On n'oubliera pas, non plus, que la contraction d'un muscle peut modifier celle de muscles plus éloignés :
c'esl ainsi, par exemple, que la force des fléchisseurs des doigts diminue si l*articulation du poignet est le siège d'une raideur qui le maintient fléchi, ou d'une dégénération nerveuse qui relûche les extenseurs...
Il ne faut jamais tenter de rééduquer une articulation capable encore de suppurer, un membre douloureux au toucher ou mal consolidé, cl il ne faut jamais brusquer rentrainement physiologique.
De classification des rééducables fonctionnellement ^ il n'y en a pas, il ne peut pas y en avoir, car la diversité des cas de blessures — vu leur gravité, leur localisation, Tâge du blessé — est innombrable. Ce qu'il faut classifier, ce sont les mouvements que la blessure a compromis, et leur importance dans le cycle locomoteur, dans la vie active des personnes traitées. On fera une place à part aux amputés, chez qui on développera la force des muscles du moignon et la mobilité de l'articulation maîtresse. Cette préoccupation se justifie par les nécessités qu'impose le port d'un appareil prothétique brachial ou jambier, souvent trop lourd pour le moignon. Nous nous réservons de revenir sur ce sujet quand nous traiterons du travail des mutilés et de la prothèse.
LXV. — H. Technique d'éducation et de rééducation physiques. — L'éducation physique et la rééducation fonctionnelle n'auront guère à emprunter, pour réussir dans le sens que nous venons de préciser, aux techniques souvent malheureuses de la mécanothérapie et de la culture physique. Elles ont à substituer une méthode rationnelle à l'empirisme des vieux procédés.
Il faut, disions-nous, entraîner l'activité des membres supérieurs et inférieurs^ graduellement, et sans aboutir au surmenage. L'organisme se ressentira de cette progression dans un exercice synergique. On obtient ce résultat au moyen du cycle ergométrique et du chirographe, déjà signalés plus haut, et de la poire dynamographique . On le vérifie grâce à
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Varthrodynamomètre. Nous allons décrire les détails el l'emploi de ces inslrumeiils.
1° Cycle erg orné trique. — Le cycle er^oinélriquc se compose d'un volant V de 36 kilogrammes environ, formant la roue arrière d'un bicycle dont on n'a conservé que le cadre et les pédales; le tout est calculé pour les tailles moyennes; on pourrait, d'ailleurs, agir sur la hauteur de la selle, s'il en était besoin. Dans la gorge du volant passe un ruban d'acier R faisant frein; il porte, d'un côté, un plateau P où
Fie. 52. — Srhf'ma <lu cycle ergomélrique.
l'on placera des poids, et de l'autre, il s'altaclie à un dynamomètre à Irariion I) muni |d'un cadran, et que l'on peut rendre enregistreur [fig. 52).
Vient-on à agir sur les pédales L? |Le ruban produira un frottement F qui uiodifiora l'elTort marqué au cadran. Le parcours virtuel de la roue-volant sera donc multiplié par celte force de frottement F, el donnera la jnc-sure An travail des jambes. Chaque couji de pédale correspond à un développement de fi mètres, soit trois tours de roue, celle-ci ayant un périmètre de 2 mi'-lres. Dans ces conditions, le buste demeurant parfaitement au repos, les jambes si'ules travailleront, sur une résistance réglée Èi volonté par le poids
(le freinage, et à une allure que le sujet choisira lui-môme; la masse du volant empochera les écarts de vitesse.
D'autre part, la roue dentée du pédalier L transmet son mouvement à une roue semblable qui reçoit une manivelle M, de sorte qu'en agissant sur cette dernière, les bras feront un travail qui se mesure comme précédemment. La position la plus élevée de celte manivelle développe les bras dans un plan horizontal (cas des tailles moyennes). Le sujet peut être assis devant ;la manivelle, à hauteur convenable, sur un tabouret à vis ; s'il se tient debout, le mouvement de ses bras utilisera les articulations du poignet, du coude et de l'épaule, de même que tout à l'heure on avait celles du pied, du genou et de la hanche.
En outre, en s'écartanl assez du i)lan vertical de la manivelle, il sollicitera davantage les muscles de l'épaule et d'une partie du tronc, tandis que le coude réduira son effet, et réciproquement.
Dans cet exposé, relativement bref, je ne saurais discuter les conditions de la marche graduelle de l'entraînement physiologique, au moyen du cycle ergométrique. Je me contenterai de dire que, pour les adultes, on emploiera les poids frénaleurs suivants, dans l'ordre croissant : 300, 500, 700, 1.000, 1.200, 1.500, 2.000, 2.500 grammes et 3 kilogrammes.
Avant noté au chronomètre la vitesse tolontairement clioisie jiar le patient, on Faugmenlera de 10 tours de roue par minute tous les deux jours, les séances durant de 10 à 15 minules. La cadence sera donnée par un viétronome, marquant de 30 à 300 battements.
On peut estimer satisfaisante Taclivité qui surmonte un j)oids frénateur de 3 kilogrammes à l'allure de 200 tours par minute, et pendant un quart d'heure sans arrêt.
C'est à ce moment qu'il sera bon d'évaluer la dépense d'énergie et de noter le degré de fatigue, conformément aux indications fournies plus haut.
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